Alfred Marie-Jeanne veut forcer le destin. Il sait la volonté de Nicolas Sarkozy d’aller vite en besogne, il tente de mettre ce dernier dans l’embarras par sa demande commune avec les élus de la Guyane. Ainsi, il n’hésite pas à imposer sa stratégie aux Guyanais comme si ce qui est bon pour la Martinique était nécessairement bon pour la Guyane. En réalité, ce mariage de la carpe et du lapin sert à instrumentaliser les Guyanais. Sur RFO Guyane le président de la région de la Guyane déclare exprimer, dans le calme et la sérénité, un simple vœu de modification des dates d’échéances prévues. En revanche, le président martiniquais a adressé un véritable défi au président de la république.

Quatre signatures, donc, qui, en bas d’un même document, ne signifient pas la même chose. Cela prouve, une fois de plus, que les écrits réussissent rarement à exprimer les vraies intentions : le 74 guyanais n’a rien à voir avec le 74 martiniquais. Les deux DFA n’ont pas le même objectif. L’un veut mettre en place une méthode de gestion en vue du développement économique de la Guyane tandis que l’autre veut inscrire la Martinique dans une dynamique de rupture considérée par certains comme l’amorce d’une véritable sécession.

Yves-Léopold Monthieux

Tribune reçue le 9 septembre 2009