Tribune – Pierre-Alex Marie-Anne - Les résultats des élections à la CTM ont donné lieu à des commentaires dithyrambiques sur la popularité hors du commun  du leader  victorieux du Gran Sanblé et sur ces talents manœuvriers exceptionnels lui valant même d’être qualifié par certains de «plus grand tacticien politique de ce pays ».

Le côté fascinant du come back du leader charismatique  du MIM ne doit pas altérer le jugement de l’observateur impartial qui doit s’en tenir à ce que révèle crûment la vérité des chiffres : AMJ fait d’une élection ″Régionale‟ à l’autre du SURPLACE, il ne progresse pas d’un iota.

L’analyse des résultats définitifs obtenus par Serge LETCHIMY et Alfred MARIE-JEANNE à l’occasion des élections, en 2010 à la Région et en  2015 , à la CTM  le démontre sans discussion possible.

La comparaison des  scores respectifs de ces  deux finalistes montre en effet que ,malgré l’augmentation de plus de dix mille  électeurs inscrits sur les listes  électorales cette année, les voix gagnés en propre par le leader du MIM ne dépassent pas les 66 000 environ.

La différence de l’ordre  de 12 000 voix entre ces deux concurrents qui a permis la victoire de  l’un en 2010 (S.L) ) et de l’autre en 2015 (AMJ) reste inférieure, en tout état de cause, aux voix obtenus par les représentants de la Droite  -LESUEUR et MONPLAISIR -lors de ces deux scrutins (respectivement  17173 et 17272).

La conclusion qui ressort  à l’évidence de ces constatations irréfutables est que c’est bien la fusion des listes indépendantistes  et de la Droite qui a permis , en rendant plausible  la perspective souhaitée par le plus grand nombre  d’un changement de mode de gouvernance à la Région  , le succès du leader du MIM et non son  unique coefficient personnel , comme on se plait à le dire.

Sans cette fusion, il était irrémédiablement battu, comme en 2010, et ceci en dépit du recul de quelques 8 000 voix du représentant de EPMN.

On est donc en doit  de se demander si le leader de ‟ Ba-Péyi-a An  Chans″ a bien su négocier les termes de  son contrat d’association ; il était en position de force et  pouvait obtenir  beaucoup plus que  ce qui lui a été concédé et qui le laisse, en définitive,   dans une position de grande vulnérabilité.

Le Gran Sanblé  a pris bien soin  en effet , dans l’attribution des places éligibles sur la liste commune  aux deux formations  de se garantir, en toute  hypothèse, la majorité absolue à l’Assemblée ; il  pourra en cas de nécessité se passer du concours  de la Droite qui n’aura même pas la possibilité, vu sa faiblesse numérique, de constituer une majorité de rechange avec l’opposition.

Tels sont, pour reprendre l’expression imagée de PREVERT, «les pépins  de la réalité», tout le reste n’est que pure propagande, illusion d’optique  et manipulation de la Com’.