Tribune – Francis Carole -  »Les sondeurs devraient se sonder entre eux pour voir ce qui n’a pas marché » : c’est ainsi que le maire conservateur de Londres résumait les incroyables errements des instituts de sondage à l’occasion des élections générales du Royaume-Uni de ce jeudi 7 mai 2015.

En effet, jusqu’à la veille du scrutin, les instituts les plus prestigieux, de manière quasi-unanime, prévoyaient un résultat très serré entre conservateurs et travaillistes. Les deux partis étaient à égalité, pronostiquaient-ils.

Déjouant ces belles certitudes de sondeurs, le vote réel des électeurs du Royaume-Uni a donné une large victoire aux conservateurs qui, avec 326 sièges sur 650, pourront constituer, à eux seuls, une majorité confortable.

Certes, comparaison n’est pas raison, mais le récent sondage réalisé en avril 2015 par l’institut Qualistat sur la prochaine élection à la Collectivité Territoriale de Martinique devrait appeler à la plus grande prudence, pour ne pas dire à la plus grande méfiance.

D’abord, on l’a vu dans l’exemple précédent, les instituts de sondage-même les meilleurs ! – se trompent.  Les méthodes de sondage mises en œuvre, par nature, ne permettent pas de délivrer avec certitude la vérité du vote populaire.

Un échantillon d’électeurs -en l’occurrence 600 personnes pour Qualistat- ne représente pas les électrices et les électeurs martiniquais.

D’autre part, une campagne électorale n’est pas une photographie figée de l’opinion mais un processus dynamique qui ne trouve son aboutissement qu’à l’heure de la proclamation de résultats. Et il faut encore ouvrir les yeux !

L’affrontement Chirac-Balladur pour la présidentielle de 1995 en France peut, à cet égard, être considéré comme emblématique.

Ainsi, dans un sondage de mars 1994, Édouard  Balladur recueillait 33% des intentions de vote des français contre 14% à Jacques Chirac. En février 1995, le rapport entre les deux hommes ne changeait pas vraiment : 28% à Balladur et 17,5% à Chirac. L’avance de Balladur se réduisait mais restait très large.

Or, à peine deux mois plus tard, le 23 avril 1995, au premier tour, c’est finalement Chirac qui sortait devant Balladur avec 20,84% des suffrages exprimés contre 18,58% à Balladur… Le reste, on le connaît.

Nous pourrions multiplier de tels exemples sur les prévisions des instituts de sondage qui se sont vues contredites par le vote du peuple.

En réalité, les pronostics des sondeurs sont aussi incertains que les prédictions des gadèdzafè.

Par contre, ils constituent, et c’est le cas pour le récent sondage de Qualistat, un instrument de propagande qui, puissamment relayé par des médias, est utilisé pour  jeter le doute dans l’opinion publique et tenter de faire croire que la messe est dite pour les territoriales de décembre 2015.

Après la la mise sous tutelle de plusieurs médias désormais aux ordres, après le détournement de l’argent public pour la pitoyable campagne intitulée « la Martinique avance », l’opération manipulation passe donc à une autre étape.

Mais à qui fera-t-on sérieusement croire que l’homme de tous les échecs et du népotisme serait devenu le porteur de l’espérance martiniquaise ?

Les électrices et électeurs de Martinique sont lucides et sauront, le moment venu, signifier aux manipulateurs qu’ils ne se laisseront pas tromper.