Les eurodéputés Eric Andrieu et Louis-Joseph Manscour s’inquiètent des conséquences des accords de libre-échange de l’UE sur l’économie des DOM et demandent à mieux prendre en compte les spécificités agricoles des régions ultrapériphériques (RUP) dans les accords commerciaux actuellement négociés par la Commission européenne.

Pour Eric Andrieu, Vice-président de la Commission Agriculture du Parlement européen : « La dérèglementation du secteur du sucrier – avec la fin des quotas sucriers en octobre 2017 – combinée aux négociations d’accords de libre-échange actuellement menées par la Commission européenne sont une bombe à retardement pour les petits producteurs et l’économie locale ».

« Dans les DOM, ce sont plus de 30 000 emplois qui dépendent de la filière canne à sucre. A la Réunion, la filière canne à sucre représente l’activité principale de l’île et 14% des emplois du secteur privé », rappelle pour sa part l’eurodéputé martiniquais Louis-Joseph Manscour, membre de la Commission du développement régional.

Les deux eurodéputés socialistes s’inquiètent en particulier des négociations en cours entre l’UE et différents pays à commencer par le Vietnam, le Mexique, les États-Unis ou encore la Thaïlande.  « Nous demandons à ce que les sucres spéciaux [ndlr : de canne, vanille, sirops...] soient directement exclus des accords de libre-échange actuellement en cours de négociation entre l’UE et différents pays tiers » soulignent-ils. En pratique cela reviendrait à préciser dans les accords bilatéraux les codes douaniers sur lesquels l’importation des sucres spéciaux ne serait pas permise, comme cela a été fait pour l’accord avec l’Afrique du Sud.

Pour Louis-Joseph Manscour et Eric Andrieu, il est donc fondamental que les DOM puissent bénéficier d’une garantie d’écoulement de leurs sucres spéciaux sur le marché européen sans subir davantage de concurrence des pays tiers. « Le marché européen malgré son étroitesse constitue un débouché essentiel pour les sucres spéciaux des DOM. Il est fondamental qu’il le reste », concluent les deux députés européens.