Tribune – Serge Letchimy – Nous avons beaucoup travaillé, Il reste beaucoup à faire. Ensemble poursuivons – La Martinique ne pouvait se résigner à la docile posture d’un pays qui attend  ce que la France offre, autorise, ou accorde. Elle avait le devoir de s’approprier l’imagination, l’initiative et l’action, pour répondre de manière au mieux  aux difficultés qui minent le quotidien de trop nombreux Martiniquais, mais aussi pour répondre aux défis à venir du développement.

Aucun pays, aucune ville, aucune communauté, ne peut être tenue indéfiniment en haleine du progrès dans un contexte permanent de perfusion sociale.

Nul pays, nulle ville, nulle communauté ne peut garder sa stabilité, son identité, sa personnalité en l’absence de  perspectives.

Les Martiniquais étaient en droit d’attendre de cette mandature, du concret, une conception nouvelle, des idées et des projets nouveaux qui rendent l’ensemble du Pays et de ses acteurs collectivement responsables.

Pour cela, de nouveaux dispositifs  institutionnels, législatifs et financiers étaient nécessaires, notamment dans  les domaines qui concernent à la fois le modèle de développement, le quotidien de chacun d’entre nous, les relations avec nos voisins de la caraïbe, la relation avec la France, la relation avec notre environnement et la nature.

Une ère nouvelle s’est ouverte à la Martinique.

Une ère où nous avons fait des choix très difficiles pour :

-    résister aux épreuves économiques,

-    combattre l’aliénation,

-    rester nous même sans nous enfermer,

-    gagner sur le terrain du progrès dans la dignité,

-    lutter contre les exclusions,

-    nous épanouir dans le respect et dans la tolérance,

-    combattre la xénophobie, le racisme,

-    ne pas être indifférent aux sorts des peuples et des pays exploités, dont tant de peuples voisins de la Caraïbe.

Pour atteindre de tels objectifs, il fallait de l’imagination, de l’audace, de la détermination pour faire reculer l’impossible et défier l’indifférence…..

Aujourd’hui en 2015 la Martinique c’est :

-    386.803 habitants qui se partagent un territoire grand de 1.075 km2.

-    Plus de 131.000 personnes en situation d’emploi, dont 73.842 sont salariés du secteur privé.

-    Le taux de chômage le plus bas de l’outremer (19,4 %), y compris chez les moins de 25 ans qui ont quitté le système éducatif (51 %).

-    8,7 milliards d’euros de Produit Intérieur Brut, le plus élevé par habitant de tout l’outremer (22.400 euros).

-    3 milliards d’euros d’importations et 600 millions d’euros d’exportations par an.

-    Le plus grand nombre de foyers fiscaux imposables des Antilles-Guyane (79.000) et le revenu fiscal net moyen le plus élevé de l’outremer (17.400 euros/an).

-    Les taux de scolarisation / formation (57%) et de diplômés les plus élevés de l’outremer chez les jeunes de moins de 25 ans.

-    L’espérance de vie la plus longue à la naissance (79 ans pour les hommes, 85 ans pour les femmes) de tout l’outremer.

-    Un seuil de pauvreté (20,7 %) élevé mais inférieur à celui des autres outremers.

Une mandature marquée par un investissement public jamais réalisé.

Depuis bientôt cinq ans, la région a injecté près de 1,5 milliards d’euros dans l’économie.

Avec 400 millions d’euros de budget par an, dont plus de 200 millions d’euros d’investissement, la Région Martinique représente 21,01 % du budget total des collectivités locales contre la moitié il y a 6 ans.

Un budget qui lui permet de réaliser à elle seule 41 % des investissements publics des collectivités locales or elle ne perçoit que 16,24 % du total des impôts locaux collectés par l’ensemble des collectivités locales de Martinique

La Région Martinique a renforcé son niveau d’investissement pour sortir d’une stratégie de thésaurisation qui nourrissait une logique de guichet au détriment d’une logique de projets.

Une mandature marquée du sceau de l’intégration de la martinique dans son bassin géographique

Nous avons réussi des actes majeurs dans nos relations avec les pays voisins et frères,  l’adhésion à l’OECS (Organisation des Etats de la Caraïbe Orientale) à la CEPALC (Commission Economique Pour l’Amérique Latine et la Caraïbe), nous continuons les négociations avec la CARICOM (Communauté des Caraïbes) et l’AEC (l’Association des Etats de la Caraïbe) et la mise en place d’un réseau de chargé de coopération au sein de la zone caribéenne.

Cette intégration de la Martinique dans son espace naturel caribéen, n’est plus un désir frustré, mais désormais une réalité. Ces adhésions répondent à des évidences humaines, géographiques, culturelles et économiques. Elles scellent notre appartenance au bassin caribéen. Nous abordons cette fin de mandature avec le sentiment de la mission accomplie.

Une mandature marquée par le souci permanent de la projection dans l’avenir

Il nous faudra maintenant oser aborder le grand chantier de la mutation de la société martiniquaise avec lucidité, courage, sans tabous,  au milieu d’un sens retrouvé de l’intérêt général qui décide résolument d’affronter,  sans nostalgie une nouvelle bataille qui s’impose à nous.

L’arbre de la confiance, de la responsabilité et de la solidarité, proclame un futur qui est en nous. Un futur qu’il nous suffit de décider.

Ce futur, nous devons trouver moyen de le planter au sol, de bien l’ouvrir en nous, et de le projeter, en toute confiance et en toute solidarité, bien au-dessus de nous !

Cela ne sera pas facile.

Mais il n’a jamais été facile à un petit arbre de devenir un immense Courbaril. 

Serge Letchimy

 

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