Récemment élu délégué au conseil national des « les Républicains », Marc Sefil, ancien président du mouvement en Martinique, était à Paris à l’occasion justement du conseil national de son mouvement. Soutien local d’Alain juppé, le martiniquais a dit sa méfiance vis à vis de « l’assimilation », et prôné un nouveau regard sur la « Fraternité » du slogan de la République. Une manière à la fois de prendre en compte les identités multiples des territoires français (en particulier d’outre-mer) et les difficultés de synthèse d’une France multi-ethnique et multi-culturelle.

L’intervention de Marc Sefil

M. le Président,
M. le Président du Conseil national,
Chers collègues Conseiller nationaux,

Dans la réflexion qui sera menée pour le projet que nous présenterons à tous les Français, je souhaiterai vous mettre en garde sur l’utilisation d’un terme et en définitive d’un concept. Il s’agit du concept d’assimilation.

En Guadeloupe, Guyane, Réunion et Martinique, l’assimilation nous connaissons puisque nous en sommes de purs produits ! Je vous rappelle que cette année, le 19 mars, nous célébrerons les 70 ans de la départementalisation, application juridique de l’assimilation qui trouva à cette date sa consécration, au nom de l’égalité, après que 150 ans plus tôt, Boissy d’Anglais le thermidorien, en inventât le concept pour son projet de Constitution de 1795.

Or, il ne vous a pas échappé, qu’il existe bel et bien une culture et une identité Guadeloupéennes, une culture et une identité Guyanaises, une culture et une identité Réunionnaises et une culture et une identité Martiniquaises ; et je dis cela sans vouloir verser dans un communautarisme exacerbé ou outrancier. Mais c’est bien la preuve que les politiques d’assimilation trouvent leurs limites.

Il me semble que dans notre triptyque républicain, il existe un principe qui répondrait de manière plus satisfaisante aux problèmes du vivre-ensemble des communautés que rencontre la France aujourd’hui. Il s’agit, sans tomber dans un angélisme stérile, de la Fraternité qui n’a pas, contrairement aux deux autres principes de Liberté et d’Egalité, fait l’objet de politiques publiques concrètes, claires, résolues et sérieuses. Et s’y atteler, ce ne serait pas renier la France.

 

Photo : Marc Sefil et Karine Mousseau (Photo Claude Copel)