Tribune – Marc Sefil - Depuis quelques semaines il s’entend ça et là que les mouvements de la droite locale, et l’UMP Martinique en particulier, sont muets sur le grand projet qu’ils proposent aux Martiniquais. C’est être bien sourd aux termes du débat politique local que d’affirmer cela. Mais ne dit-on pas qu’il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ?

En ce qui concerne l’UMP Martinique, la réflexion de tous ses militants et sympathisants, menée et entretenue depuis 2011, a forgé le projet qu’ils proposent aux Martiniquais et énoncent comme proposition dans le cadre de l’union de la droite et du centre et dans la perspective de l’élection pour la Collectivité Territoriale. Ce projet, dont les lignes de force sont ici exposées, est une ambition pour la Martinique. Il porte ce grand dessein qu’appelle notre mouvement pour le pays : Une Martinique avec tous et pour tous !

Force est de constater que depuis les années 1960-70, celui que proposent les partis autonomo-indépendantistes, frustrés peut-être que notre combat pour la liberté et l’égalité ait emprunté d’autres voies que la séparation, ne se cantonne qu’à la condamnation de l’action de « l’Etat français » quand bien même ils furent ou sont détenteurs de tous les pouvoirs locaux pourtant singulièrement renforcés depuis 1982.

Or, les incertitudes se sont multipliées, les difficultés mal, sinon pas du tout, apaisées sont devenues innombrables et les lendemains incertains, en ces temps de mutations profondes générées par la crise sociale de 2009, la crise économique et financière mondiale et les changements institutionnels devant prendre effet fin 2015.

Plus que jamais et comme c’est le cas au cours de ces périodes de l’évolution de toute communauté humaine durant lesquelles son histoire bascule, la Martinique a besoin d’un cap plus ambitieux que simplement chercher à appliquer une « nouvelle gouvernance ». A l’UMP Martinique, notre ambition et notre amour pour la Martinique ne se limite pas seulement à chercher et à proposer comment elle peut être gouvernée. Nous laissons cela à la politique politicienne.

Notre ambition pour la Martinique est plus profonde et plus politique (dans le sens noble du terme) car elle nous appelle avant tout à lui offrir un idéal fondé à incarner ce qui fait sens pour les Martiniquais et leur donnerait la force d’âme de marcher vers une destinée commune. Avec pour socle de valeurs la liberté mais pas sans la responsabilité ; l’épanouissement individuel mais qui ne renie pas la communauté ; l’efficacité mais qui renforce la solidarité, cet idéal entend fournir une direction à l’accomplissement du bonheur collectif des Martiniquais (qui ne se confond pas avec l’hédonisme). En somme, édifier Une Martinique avec tous et pour tous.

Point là d’idéologie ! Car le XXe siècle nous a enseigné qu’elles ont toutes été sacrifiées, le communisme en tête, sur l’autel de la soif de démocratie des peuples et de la globalisation et que le capitalisme ultralibéral, fondé sur les modes de production productivistes, génère des crises financières, économiques et environnementales profondes.

Une Martinique avec tous et pour tous c’est mettre la volonté politique au service des progrès de la justice sociale pour garantir le maintien de la cohésion de notre communauté.

Une Martinique avec tous et pour tous c’est aussi croire en l’excellence martiniquaise pour l’amélioration des performances locales dans tous les domaines des activités humaines.

Une Martinique avec tous et pour tous c’est enfin valoriser notre environnement naturel et notre patrimoine culturel pour ne pas transmettre un flambeau éteint à nos enfants.

Ce grand dessein est voué à faciliter le grand saut de la Martinique dans le XXIe siècle. Il a aussi pour vocation de la guider vers les horizons nouveaux qui s’ouvriront à elle et dans les choix qui lui seront imposés à mesure que s’égrèneront les années, les lustres et les décennies de cette période dont on peut présager qu’elle sera porteuse d’une forte instabilité politique et économique à l’échelle mondiale en raison de la remise en question constante des rapports de force hérités des XIXe et XXe siècles dans ces domaines.

Ce grand dessein appelle et conduit ainsi à une régénération de nos ressources matérielles, morales, culturelles et surtout symboliques. Le renforcement de la responsabilité locale ne doit pas

s’opérer uniquement au sein de nos institutions mais doit toucher aussi chaque Martiniquais afin de le doter d’une conscience civique plus élevée, seule garante d’un changement radical de certains comportements immodérés mais aussi autorisant sa participation plus régulière, plus complète et plus forte au débat public et aux élections.

L’acquisition des armes et des protections nécessaires pour affronter le XXIe siècle sont à ce prix. Et, en lâchant nos vieilles peurs, nos veilles querelles, nos tabous désuets et nos traumatismes coloniaux, bref… si libérés de ce que nous avons été, conscients de ce que nous sommes et sûrs de ce que nous voulons devenir, nous croyons en nous-mêmes et en notre génie, alors Une Martinique avec tous et pour tous est possible.

 

* Président fédération UMP Martinique / Photo : Marc Sefil avec Fred-Michel Tirault