Dans un courrier adressé le 1er octobre 2014 au Premier Ministre, le Président du Conseil Régional fait un état de la situation des côtes du littoral martiniquais faisant l’objet d’échouages massifs d’algues sargasses et appelle à la mobilisation de … l’Etat. De son côté, le Préfet rappelait la veille la disponibilité et l’engagement des services de… l’Etat.  

Serge Letchimy souligne dans son courrier les nuisances significatives notamment:

  • D’un point de vue sanitaire, par la production de sulfure d’hydrogène
  • D’un point de vue économique, déjà par la  perte au niveau d’une ferme aquacole de plus de 5 tonnes de poissons, et d’une diminution significatives des activités liées à la fréquentation de nos plages ;
  • D’un point de vue environnemental, la menace de la mangrove et le renouvellement naturel de nos ressources halieutiques.

     

    Le Président du Conseil Régional indique aussi que beaucoup d’initiatives ont déjà été prises tant par les collectivités, l’Etat et les riverains pour préserver le littoral et la biodiversité et permettre la valorisation agronomique de ces algues.
    Cependant, les interventions en cours sont soumises à de fortes contraintes et nécessitent la mise en place de moyens plus important et mieux adaptés.

     

    Serge Letchimy précise aussi que si les initiatives en cours peuvent juguler la situation, elles ne pourront pas éviter les conséquences économiques et écologiques prévisibles. Cette situation commande donc une intervention majeure de l’Etat, et sollicite :

     

  • la mise en place de missions d’observations régulières en mer des déplacements des radeaux de sargasses ;
  • la surveillance sanitaire de la qualité des eaux de baignades pour les plages concernées,
  • le déploiement de moyens de collecte maritimes sur la zone côtière touchée par les échouages récurrents ;
  • la mise en place rapide d’une centaine de contrats aidés et de leur équipement. A cette occasion, la collectivité régionale pourrait participer au montage financier aux côtés de l’Etat, à hauteur de 20%.

 

Un courrier qui intervient au lendemain du dernier point du Préfet à ce même sujet. Ce dernier réunissait mardi matin en préfecture les communes impactées par les sargasses afin de faire le bilan des opérations de ramassages . Les services de l’État ont rappelé leur disponibilité pour venir appuyer l’action des maires, la préfecture a décidé de maintenir une reconnaissance aérienne hebdomadaire afin de constater l’évolution des échouages et des ramassages. Les services de l’Action de l’État en Mer assurent aussi le suivi des nappes afin de prévenir, autant que possible, les maires de l’arrivée de nouvelles vagues de sargasses sur leur littoral.

Un point sanitaire a également été fait par l’ARS suite aux questions des représentants des communes, notamment pour répondre aux informations erronées circulant depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux.

En 2011 l’Agence Régionale de Santé avait saisi les instances nationales sur les effets liés aux émanations de H2S sur la santé. Le Haut Conseil de Santé Publique avait précisé que ce gaz (H2S), perceptible par l’odorat à des niveaux très bas (environ 0.2 à 0.3 ppm*), n’était toxique qu’ à des valeurs dépassant les 100ppm. A des valeurs plus faibles, proches du seuil olfactif, les effets observés, sont en grande majorité des irritations oculaires et des gènes respiratoires chez les personnes asthmatiques.

A ce jour, les signalements parvenus à l’ARS par les professionnels de santé correspondent bien à ce type d’effets, aucune forme grave ou aucun passage aux urgences lié aux algues n’a été signalé en 2014 ou en 2011. Depuis le début du phénomène des échouages de sargasses, l’ARS effectue des mesures ponctuelles de la concentration d’H2S dans l’air.

 

Enfin, le Conseil Général de la Martinique n’est pas en reste dans cette mobilisation : les élus se sont prononcés à l’unanimité le 25 septembre dernier en faveur d’une mesure de soutien exceptionnel aux 10 communes les plus impactées par l’envahissement des algues sargasses afin que ces dernières puissent procéder aux opérations de nettoiement dans les meilleurs délais.

Ainsi, les communes de Marigot, Sainte-Marie, Robert, François, Vauclin, Marin et Sainte-Anne, présentant une très forte présence d’algues se verront attribuer la somme de 280 000 € soit 40 000 € par commune. Les communes du Lorrain, Trinité et Diamant, identifiées comme à forte présence d’algues, recevront 60 000 € soit 20 000 € par commune.

Une répartition, effectuée à partir des observations héliportées faites par les services de l’Etat (DEAL) et selon deux critères : l’importance de l’impact du phénomène et l’importance de l’urbanisation du littoral.

Photo PP : Algues Sargasses au Cap Chevalier fin septembre