Tribune – François Brichant | Après une laborieuse série de reports, la nouvelle est tombée : fin du surcoût d’itinérance entre les Outre-Mer et l’Hexagone sur les forfaits mobiles ( appels et SMS). Une bien maigre victoire pour le consommateur ultra-marin. Il subit un écart de prix injustifié depuis des années, une offre de service 3G bien obsolète et une qualité de réseau dégradée. En revanche, son homologue hexagonal lui, jouit de la 4G depuis six ans et des offres de services incomparables en terme de prix et de débit. Une très maigre victoire donc, qui pourrait cependant laisser entrevoir la possibilité de remettre les compteurs à zéro.

En effet, selon la directive de Bruxelles, la suppression des surcoûts d’itinérance est applicable dans les deux sens puisqu’elle est applicable dans toute l’Europe : aussi bien pour un forfait d’un opérateur ultramarin dans l’Hexagone (filiale d’un opérateur Européen), que pour le forfait d’un opérateur national dans nos régions. De ce fait, rien ne nous empêcherait désormais de faire jouer la concurrence en choisissant par exemple un forfait Bouygues Télécom ou Free au prix de l’hexagone, pour l’utiliser dans les Outre-Mer. Rien… enfin sous réserve qu’un amendement de derrière les fagots, négocié en catimini au Sénat ne passe pas à l’Assemblée Nationale. Et là, il va falloir être vigilants, parce que si cet amendement saute, ce qui serai conforme à la volonté Européenne, nous serions enfin sur le point d’obtenir enfin les conditions d’un marché concurrentiel ouvert sur le secteur ultra stratégique des télécoms et du data. Des conditions qui obligeraient de fait les filiales locales des opérateurs nationaux à un alignement des prix sur l’Hexagone.

Certains appelleraient ça « l’égalité réelle », appelons ça tout simplement l’économie de marché. Une situation d’économie de marché donc, qui, concurrence oblige, obligerait les acteurs à accélérer enfin le développement des infrastructures techniques et des services data haut débit pour répondre aux besoins vitaux de nos économies locales. Economies locales fragilisées par leur enclavement, et qui doivent plus que jamais effectuer leur transformation pour affronter un monde en pleine disruption technologique.

 

A suivre de près.

 

François Brichant

 

« Nous savons déjà que le Net génère de manière vitale de l’emploi, de la croissance et des opportunités. Les chercheurs nous disent que, sur un ensemble de 10 personnes connectées à Internet, l’un d’entre eux sort de la pauvreté. » Mark Zuckerberg

 

pied-art-PP