Tribune – Pierre-Alex Marie-Anne - C’est ce qui résulte des déclarations entendues ces jours-ci de la part des bouches les plus autorisées : le maire de la commune  actuellement en exercice et l’un des anciens maires,  présentement député de la Martinique.

L’importance considérable des dégâts causés de manière répétitive dans ce bourg par les débordements de la rivière est en effet source de graves préoccupations pour tous les responsables, à commencer par les Assurances qui s’alarment des conditions de poursuite de leur activité.

A ce stade de questionnement, les habitants de ce chef-lieu censés être en sursis devraient, en toute logique, se préparer à devoir, un jour ou l’autre, déménager.

L’histoire de l’île, ne regorge-t’elle pas de ces déplacements d’églises dont les paroissiens ont du rechercher, à l’instigation de leur leurs guides spirituels , un lieu plus sûr pour leur campement ?

Dois-je préciser que je ne partage nullement ce pessimisme ?

Pour une raison simple , c’est que l’argument  principal qui est abondamment agité : «  le bourg est situé dans  une cuvette  recevant toutes les eaux dévalant des collines environnantes , dont  le niveau par ailleurs se trouve être  en dessous de celui  de la mer, laquelle  forme  barrage à l’écoulement naturel des  eaux de la rivière » , me fait  furieusement  penser au cas de Fort-de-France qui possède les mêmes caractéristiques géo-topographiques.

Pourquoi ce qu’il a été possible de faire dans la capitale au niveau du canal Levassor  ne le serait pas à Rivière-Pilote ?  Les ‟Pilotins du Sud ″ seraient-ils des citoyens de seconde zone ?

Loin de moi de prétendre au titre de grand expert, arboré  par ceux qui  nous ont valu le Port de Grand-Rivière, voué à un ensablement chronique ou encore le fameux Lycée Victor Fouche , abonné au ‟ transit  perpétuel‟ mais en ces temps de revendication du pouvoir citoyen, j’ai observé plus modestement que la limite atteinte par la montée des eaux  dans le bourg était d’environ deux mètres cinquante; c’est donc à priori la valeur de référence à prendre en compte  pour espérer mettre ce dernier  hors-d’eau.

Partant de là , trois mesures apparaîssent   indispensables pour atteindre cet objectif :

-  procéder à un dragage  du lit de la Grande  Rivière dans la traversée du bourg  pour l’abaisser  d’environ un mètre trente , tout en l’élargissant autant que faire se peut ( la configuration des lieux le permet ) ; pour garantir sur la durée le maintien  en état  de la cote d’abaissement obtenue , un cuvelage régulièrement entretenu, s’avère également  nécessaire.

- parallèlement , exhausser les berges  à ce même  endroit ,  au minimum  d’un mètre vingt , au moyen d’un rideau de  palplanches ;

- compléter  le dispositif ,  à titre de sécurité supplémentaire , par un système de pompes  à haut débit  refoulant les eaux de la Petite rivière en aval  du bourg  , lequel   se déclencherait  automatiquement  dès qu’un  niveau  d’alerte critique  serait atteint ; ce système  s’inspire de celui en  vigueur dans plusieurs villes , notamment à la NOUVELLE –ORLEANS.

Enfin , pour couronner le tout, une mesure purement administrative s’impose : prévoir au P.L.U. de la commune l’obligation, pour toute nouvelle construction ou grosse réparation d’édifices situés  dans le bourg , le relèvement  des rez – de -chaussées  d’environ cinquante centimètres.

Toutes ces mesures constituent un Plan global  d’intervention  visant  en définitive à  mettre en sécurité  les habitants de la ville de Rivière-Pilote  et l’exercice de leurs activités; il présente des avantages multiples : en premier lieu la rapidité de mise en œuvre  car il ne nécessite  pas de  délais d’études  excessivement   longs et onéreux, surtout  il ne fait appel  qu’à des techniques simples et  éprouvées dont les  coûts  sont parfaitement maîtrisés .

Question financement, ce Plan n’a rien de prohibitif (très loin des estimations extravagantes  de certains  projets)  mais devrait , par contre, bénéficier d’une prise en charge exceptionnellement favorable   des pouvoirs publics nationaux comme européens  ,en raison  de son objectif prioritaire,  pour ne pas dire  vital, de protection des personnes et des biens.

Photo Rivière Pilopte le 6 novembre 2015  ©wise&cox

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