Communiqué du Collectif de défense des droits des caribéens et des caribéennes en Martinique.

Apatrides ! ils et elles le sont devenu-e-s.

Des centaines de milliers de citoyens et de citoyennes de la République Dominicaine d’ascendance haïtienne sont actuellement apatrides dans un pays où ils et elles sont né-e-s. Les autorités veulent appliquer cette mesure à toute personne qui ne serait pas née en République dominicaine avant 1929.

Ces dominicains et dominicaines d’ascendance haïtienne y ont pourtant fait leur vie et ne connaissent que ce pays. Cette décision controversée fait suite à l’arrêt n° 0168-13, rendu le 23 septembre par la Cour constitutionnelle dominicaine.
Comment peut-on en effet déchoir de leur nationalité des personnes qui ont à travers elles et leurs parents participé à la vie économique, sociale et citoyenne du pays ?

Des jeunes, des vieux, des moins jeunes, des femmes, des hommes sont sans existence, sans aucun papier, ne peuvent plus ni travailler, ni poursuivre d’études, ni voyager, ni se déplacer.

La répression contre l’étranger ou l’étrangère, la xénophobie se traduisent par des exactions de toutes sortes, des violences et des actes les plus humiliants pour ces êtres humains.

Le collectif de défense des droits des caribéens et des caribéennes en Martinique s’insurge avec détermination contre cette situation que nous estimons inqualifiable dans notre région caribéenne ou dans n’importe quel pays du monde.

Le collectif interpelle les parlementaires, les élu-e-s de la Martinique afin qu’ils et elles prennent une position claire et énergique comme l’on déjà fait de nombreux pays de la région dont Saint-Vincent et le Venezuela. La position du conseil régional de Guadeloupe relève de cette même condamnation. Le silence des représentants et représentantes de notre pays n’est pas de mise. Il y a urgence à réagir.

Le collectif se joint à toutes les organisations, associations en Martinique, dans la région caribéenne et dans le monde pour demander instamment aux autorités dominicaines :

1) de suspendre la mise en œuvre de l’arrêt de la Cour constitutionnelle.

2) de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger du racisme, de la xénophobie et de la violence les personnes ayant des origines étrangères avérées ou supposées ainsi que les défenseurs des droits humains.

Nous Martiniquaises et Martiniquais sommes toutes et tous concerné-e-s. Interdisons-nous l’indifférence !

Non au racisme, non à la xénophobie !
Solidarité avec les peuples de la caraïbe
Pour la fraternité et la sororité entre les peuples, entre les êtres humains.

Fort-de-France le vendredi 21 décembre 2013