Tribune – Max Orville - « Encore une grève des enseignants ! Et ce, 15 jours après la rentrée !!! » Tel est le leitmotiv de certains parents, parfois agacés ou résignés. Certains, mais cette fois-ci, une grande majorité des familles partagent et soutiennent la revendication des enseignants. Ils ont bien compris l’enjeu de cette grève. Il ne s’agit pas uniquement d’intérêts catégoriels ni corporatistes des enseignants, mais bien de défendre une école de l’excellence et de l’Egalité pour leur enfant.
Alors qu’aujourd’hui le taux d’illettrisme en Martinique est supérieur à celui observé dans l’hexagone, que le taux d’échec scolaire à la sortie de l’école primaire est de 20%, la réforme du collège va finir de démolir ce qui restait d’ambition à l’école républicaine, permettre à chaque enfant d’aller au plus haut de ses capacités ! Pour les enfants martiniquais des milieux populaires ou défavorisés, pour qui l’école constituait le seul recours, cette réforme du collège constitue une double peine : moins de savoirs enseignés, (moins d’heures de maths et de français,…) et plus d’inégalités car avec la suppression des classes bilangues et européennes et tous les enseignements qui ont forgé nos valeurs communes, seuls les parents ayant les moyens financiers pourront offrir ces derniers à leurs enfants via les écoles privées ! Et c’est à un gouvernement de gauche que nous devons cette casse de l’Education !!!
Il faut croire que nos élus locaux parlementaires de gauche, bien silencieux sur ces questions fondamentales, préfèrent la politique à court terme et à courte vue de la gestion des affectations des néo-titulaires martiniquais, (certes préoccupant) que d’intervenir sur l’avenir des générations des enfants martiniquais. Ce gouvernement dit de gauche, a tourné le dos à toutes ces Valeurs portées par Hugo et Jaurès. Quant à nos élus locaux dit de gauche, cela fait longtemps qu’ils ont renoncé en matière éducative à assumer une vraie responsabilité politique locale qui oblige à prendre en compte les problèmes de la société tels qu’ils se posent et se transforment.
Comme cette réforme du collège vise également à supprimer le latin, socle et mère de notre langue nationale, je vous propose cette citation tout à fait d’actualité : « ERRARE HUMANUM EST, PERSEVERARE DIABOLICUM » : L’erreur est humaine, persévérer est diabolique !
Pour toutes ces raisons et tant d’autres, l’heure du changement arrive, soyons prêts et mobilisés : An nou BA PEYI-A AN CHANS !
Max Orville est Président du MODEM Martinique