Tribune – Christian Magloire | Notre société dite moderne crée paradoxalement tout et son contraire, et cela dans tous les domaines, climat, politique,  famille etc.. Le législateur a jugé bon abolir la correction corporelle sous toutes ses formes enlevant de fait aux parents soucieux d’inculquer durablement des valeurs de respect de l’autorité le seul moyen de pression moral sur leurs enfants.

Cette éducation induisant de  manque d’emprise des parents  génère inévitablement déjà une absence de marquage de la notion d’autorité  dans  la conscience de l’enfant. L’éducation inculquée par   la soumission aux règles sociales de ce moyen   de coercition traditionnel   participe  de manière efficiente à  l’apprentissage et à l’assimilation des valeurs basiques de respect des codes  sociaux .

Elle  engendre le strict respect de l’autorité par elle imprégnation   indéfectible la notion d’ordre et des règles  édictées.

La correction corporelle, ainsi que tous moyens physiques  marquant l’autorité sont voués à être  interdits, les conséquences dommageables se feront de  plus en plus  ressentir .

De ce  postulat, abolir  la juste correction de l’enfant   ne  permettra plus aux parents d’imprimer une réelle et  efficiente observance de la civilité  souhaitée pour le bien de tous. Cette notion   d’observance n’est durablement imprimée dans la conscience que par  la crainte d’une  sanction  en réponse à la  gravité d’un  fait.

Une éducation sans contrainte  physique  ne peut se faire exclusivement en rapport avec le niveau socio-éducatif et une  connaissance minimale  des mécanismes qui sous-tendent  la psychologie infantile. Le mode d’éducations  sans moyen coercitif ne peut être efficace que si le parent a lui-même capacité de faire naitre chez l’enfant le sens de l’observance  des règlements imposés par la société sans recours  à un quelconque moyen coercitif .

Quoique l’on dise, les conséquences  observées dans les sociétés interdisant la fessée et rendant répréhensible l’acte de coercition le plus ordinaire n’ont pas prouvées en matière de respect de l’autorité  leur primauté  sur les sociétés dans lesquelles la pratique de la juste correction est appliquée, tant il est difficile de soumettre simplement la volonté de l’enfant au respect de l’autorité.

Une  loi même non pénalisante prohibant la correction corporelle ne génèrera –t-elle pas une incapacité  d’emprise éducationnelle  des parents  déjà mis à mal par le  façonnage du  système de pensée de l’enfant  très tôt  influencés par  des modèles  médiatiques et informatiques ludiques.

Les conséquences ne  s’en feront-elles pas  inévitablement ressentir dès lors que  le  manque respect et d’égard à l’autorité s’installeront sans moyen possible de circonscrire son expansion dans toute la société ?

L’interdiction de  tout moyen de coercition physique des parents dévalue leur  rôle d’éducateur de conscience de leurs enfants en les empêchant  d’être contraint aux règles et aux lois sociales. La  permissivité  engendrée par  leur possible   démission due à leur incapacité à soumettre leur progéniture à l’observance des règles établies  n’empêchera-t-elle pas  inévitablement  le  conditionnement  au respect de l’autorité dont ils sont garant dont leur descendants devront à leur tour transmettre ?

L’Homme a toujours gardé au fond de son inconscient ses instincts primitifs, le besoin inconscient de survie se manifeste inexorablement par la force sauvage et la brutalité lorsque celles-ci  ne sont pas  jugulées et modérées par une éthique inhibitrices des pulsions endogènes naturelles.

Les facteurs et les mécanismes  générant l’équilibre entre les pulsions et les inhibitions disparaissent au fil de l’avancée du progrès, les principes fondateurs de la cohésion de la société  se dissolvent dans un mode laissant place à une  hypothétique  capacité d’auto -éducation de l’enfant .

Les effets positifs du  moyen efficient de coercition qu’est la juste correction appliquée avec mesure et pédagogie pouvant peser sur la conscience  et subordonner  les pulsions instinctives à la conscience du devoir d’obéissance sont remis en cause indépendamment du fait qu’indubitablement

elle   maintient la   frontière entre l’interdit  et la permissivité induite par l’inobservance  du respect de l’autorité sous sa forme même la plus ordinaire.

La correction corporelle est   actuellement décriée et considérée comme une violence faite à l’enfant en dépit des limites  qu’elle impose à sa conscience éduquée par effet de réflexe pavlovien.

Sans  garde -fou  modérateur et inhibiteur de   pulsions à fleur de cortex, la conscience n’est soumise à aucune obligation  de  contenir ses pulsions reptiliennes.

Dès lors, les instincts primitifs de violence perturbateurs d’équilibre social  sont libérés quand   aucun moyen  coercitif  moral n’empêche  d’aller à l’encontre de toutes les   règles sociales établies.

le  cerveau reptilien des  adolescents  de cette génération est manifestement  plus rapidement stimulé que celui des personnes des générations précédentes  l’absence d’inhibition imprimant  de la conscience au  réflexe de soumission  à l’autorité et au sacré symbolisant la crainte de l’autorité supérieure en est la cause.

Ce cerveau reptilien  libre de tout conditionnement  réagit par instinct de survie à toutes  pressions sociales  , libéré il engendre :  Oppositions,  violences,  délinquances ,  absence de communication , individualisation ,  disparités , inégalités ,   montée du chômage , manque  de perspective etc. .

Ce cerveau reptilien non conditionné à inhiber ses pulsions primaires  ne  peut  obliger à se plier aux règles  sociales  et générales de la société qui par effet papillon   organise elle-même  le délitement qu’elle combat  paradoxalement.

 

Le rôle du législateur est  édicter des lois  en rapport  au  progrès de la société , mais  cela ne se fait-il pas au détriment  d’une pratique qui a prouvé sa capacité de conditionnement aux respect de valeurs édictées par lui- même.

Ne va-t-il pas à l’encontre de ses propres règles  et à contre-courant de ses  valeurs fondatrices   fondées  sur l’obligation de respect du  droit d’autrui engendré par la cohésion sociale dont la famille est le socle,

 

N’y at-il pas là une dénégation de ses propres principes ?

La démocratie aussi nécessaire soit-elle crée des maux sociétaux, dont elle ne prend garde. Elle se substitue au rôle du parent sans donner des garanties de cohérence éducative et de respectabilité qu’offraient la rigueur et la stricte observance des règles sociales qui généraient les  valeurs morales et cohésive de la  société. On ne sait aujourd’hui  comment juguler les conséquences néfastes imputables à la perte du respect de l’autorité.

Comment dans ces conditions force peut-elle rester à la loi ?

 

ndlr : Les tribunes n’engagent que leurs auteurs, et ne sont pas des productions de la rédaction de Politiques Publiques