Tribune – Association des Consommateurs et des Citoyens de la Caraïbe - Rien ne va plus en Martinique en matière de téléphone, d’internet, d’électricité, d’eau et de banque. Au moment où, du fait de la crise, de plus en plus de familles sont en difficulté, les grandes institutions dont les missions devraient être de service public ont des pratiques qui transforment le consommateur en vache à lait convaincu d’avance de malhonnêteté et d’irresponsabilité, justifiant sa mise sous tutelle.

L’association des Consommateurs et des Citoyens de la Caraïbe (A3C) avait alerté en novembre dernier le public martiniquais sur « la grande profitation » de France Telecom- Orange Caraïbesen matière d’Internet car les débits étaient minuscules pour un prix majuscule. Mieux on pouvait découvrir derrière cette situation une attitude douteuse du groupe qui se retranchait derrière le fait que l’annonce d’un débit de 20 Mo n’était qu’un effet d’annonce puisqu’en fait il fallait entendre un débit compris entre 8 et 20 Mo. Presque 3 fois moins que le chiffre annoncé ! Depuis, la publicité d’Orange a évolué puisqu’on y parle de la « vitesse d’Orange » ou de sa « qualité » mais sans jamais évoquer de chiffres concernant ladite vitesse !

Le service du fixe et ses ficelles pour récupérer de l’argent

Ainsi, un consommateur qui, par oubli, n’avait pas réglé sa facture du mois précédent reçoit une facture pour le mois de mars intégrant la facture de février et celle de mars 2015 à régler avant le 28 mars.

Il s’aperçoit que contrairement à ce que laissait croire la date prévue pour le règlement, son téléphone a été suspendu deux semaines auparavant au motif d’une dette. C’est du moins ce qu’une voix lui indique dès qu’il tente de téléphoner. Autrement dit : vous avez jusqu’au 28 mars pour régler votre note mais il faut payer si vous voulez téléphoner. On nous rétorquera sans doute qu’il nous faut nous estimer heureux : la ligne n’a pas été coupée ! Où Orange mentionne-t-il la suspension de la ligne ? Nulle part, c’est la surprise comme dans les œufs au chocolat pour enfants !… On nous prend en effet pour de grands enfants…

Mais il y a mieux : la facture suivante se voit augmentée d’un montant de 9,48 euros pour « frais de gestion – frais financiers » à 10 euros les 60 euros cela fait cher le mois !

Et les choses empirent : la contagion, comme une maladie honteuse, gagne le téléphone portable !

Au Robert, au fin fond de Pointe Savane, sur le chemin Robert-Lamentin mais aussi sur Fort-de- France et un peu partout sur l’île la connexion mobile est aléatoire, nous renvoyant à l’époque antérieure au dernier cyclone que nous avons subi. Les communications sont coupées intempestivement sans qu’on comprenne pourquoi ce qui marchait bien il y a un an ne fonctionne plus de la même manière !En appelant l’assistance notre interlocuteur nous apprend que lui aussi est victime de ces déficiences, ce qui nous renvoie à cette responsable d’Orange qui croyait atténuer notre colère en indiquant qu’elle-même avait une connexion internet de l’ordre de 2 Mo ! Libre à elle !… d’autant qu’elle ne paie pas sa connexion …

Quand Orange Caraïbe modifie en douce ses contrats…pour gagner plus, évidemment !

Le plus grave reste les petites magouilles en sourdine, d’Orange Caraïbe qui transforme ses contrats pour gagner plus. Le problème est que la démarche est illégale.

M. X avait un contrat orange préférence 2h et avait souscrit à internet illimité pour 8,99 euros.

3 numéros Kdo (cadeaux), illimités étaient rajouté au contrat.

En 2014, il payait 46,99 €. Soudain en octobre 2014 les 46,99 se transforment en 47 euros. Evidemment on ne saurait chipoter puisque les centimes d’euros n’existent guère dans les paiements en espèces. Et puis faut-il se montrer pingre pour protester pour 1 centime de plus par mois ? ! Simplement, sur un an et avec l’ensemble des clients d’Orange Caraïbes, le gain est plus que substantiel pour Orange Caraïbes.

Pour autant, cela ne suffit pas. Dès octobre, les factures laissent entrevoir une mention d’abonnement internet limitée à 500Mo. Octobre, novembre et décembre, toutefois se passent sans encombre…

C’est en effet en janvier que les désordres commencent : vous ne pouvez plus téléphoner comme avant, dès avant le milieu du mois. On vous informe que vous ne pouvez plus accéder ni à internet ni au téléphone faute d’unités. Le problème est qu’avec 20 euros rajoutés, vous n’arrivez pas à la fin du mois. Calculons : 47+20= 67€. Le responsable de cette ponction : la limitation d’internet à 500Mo qui pompe sur vos communications et vice-versa !

Pourquoi dès lors ne pas basculer à l’option Smart illimitée à 69€ avec mobile ou 59€ sans mobile ?

C’est ainsi qu’Orange Caraïbes pousse ses clients à modifier leur offre en l’augmentant, et en renonçant à des numéros Kdo qui ne rapportent pas assez à Orange Caraïbes.

D’ailleurs, avec l’augmentation, le client s’aperçoit qu’ « illimité » pour Orange Caraïbes ne signifie rien : si vous n’avez plus d’unités (pour internet ou le téléphone), vous n’avez plus de numéro Kdo à connexion illimitée. Comme quoi, illimité a un sens particulier pour certains groupes aux Antilles ! Orange Caraïbe a-t-il à ce point besoin d’argent pour payer les sommes auxquelles il a été condamné pour entraves à la concurrence ? On pourrait en tous les cas le croire. Mais qu’on le veuille ou non, ces grappillages intempestifs contribuent à écraser un peu plus un consommateur exsangue tant partout les prix augmentent.

L’association des Consommateurs et des Citoyens de la Caraïbe (A3C) invite donc les consommateurs et citoyens de la Martinique à être vigilants pour obtenir un peu plus de respect de la part de tous les groupes qui tentent de tricher. Il existe des lois qui protègent les consommateurs qui ont souscrit un contrat avec Orange Caraïbes. Il existe aussi des recours, notamment des procédures collectives que nous proposons de mettre en œuvre !

Yvon JOSEPH-HENRI
Président de l’association des Consommateurs et des Citoyens de la Caraïbe (A3C)