Tribune – Jean-Pierre Maurice | Respect : nous connaissons tous cette chanson reprise d’Otis Redding, qu’Aretha Franklin a transformée en 1967 en un véritable hymne féministe et politique.

Il faut croire que le Président de la République, pressé de mener la France dans une réforme à marche forcée, ignore tout du message d’Aretha Franklin, cette femme forte et énergique qui fut mère depuis l‘âge de 14 ans. C’est en tout cas ce que pense cette France d’en bas aux impossibles fins de mois, cette France qui refuse impôts et taxes qu’elle assimile à un racket d’Etat : on n’est pas des vaches à lait !

C’est que la France n’est pas une start-up que l’on mène à coups de réformes sauvages et surtout injustes car décidées sans aucun souci du pouvoir d’achat des Français. Après avoir taxé les retraités puis les pauvres, les élites coupées de la vraie vie font la leçon au peuple.

Et ce ne sont pas les vidéos des gilets jaunes bousculés ni les commentaires hautains ou purement politiciens de certains ministres qui redresseront l’image des gouvernants. La France s’est engagée dans un dialogue de sourds.

Voilà donc l’histoire d’une grande ambition qui tourne au cauchemar, provoquant la déception et la colère, par manque d’éthique et d’humanité. Pourtant, avec sa marche originale jusqu’à l’Elysée, Emmanuel Macron, cassant les codes, poursuit un objectif louable : redresser le pays. Seulement voilà, le discours des technocrates ne passe plus : la France demande le respect. Et le changement bien sûr, mais avec en même temps davantage de justice et d’égalité.

Mais au mêmes maux les mêmes remèdes ? Ici, aux Antilles, du bout de ces 7000 kilomètres qui nous séparent de ce mouvement de fond des gilets jaunes, gardons bien nous de nous croire pour toujours à l’abri de la contestation -par la population locale- des élites du pays Martinique. N’est-ce pas ?

Jean-Pierre Maurice, citoyen, Schoelcher