Par Olivier Ernest Jean-Marie

Depuis quelques mois, des maires de Martinique se rencontrent pour préparer la prochaine élection de la Collectivité Territoriale de Martinique annoncée en décembre 2015. Certains d’entre eux soutiennent la candidature de Jean-Philippe Nilor et contestent le leadership d’Alfred Marie-Jeanne. 

Dans ce groupe de maires, certains soutiennent que les élus municipaux et communautaires seraient les mieux placés pour siéger à la Collectivité Territoriale de Martinique et qu’il faudrait donc constituer des listes essentiellement composée de candidats maires, conseillers municipaux et communautaires (Cf. interview de M. Gilbert Eustache dans l’édition du 18 décembre 2014 de l’hebdomadaire ANTILLA).

A entendre et à lire ces prises de position, j’en arrive à la conclusion que nous, citoyens de Martinique, nous devons nous mobiliser pour aider certains de nos élus à mieux comprendre les enjeux de la Collectivité Territoriale de Martinique et pour les rassurer sur leur devenir.

En effet, si l’on prolonge le raisonnement de ces maires qui soutiennent cette « municipalisation » de la Collectivité Territoriale de Martinique, l’élection par les citoyens des conseillers de la Collectivité Territoriale de Martinique ne serait pas nécessaire : il suffirait de désigner dans les conseils municipaux et communautaires issus des élections de mars 2014 des délégués pour constituer l’assemblée et le conseil exécutif de la Collectivité Territoriale de Martinique.

Les élus qui animent ce groupe de maires sont des responsables politiques dévoués à l’action publique depuis de très nombreuses années.

Ils méritent notre respect et notre considération. Ce respect et cette considération ne nous dispensent pas du devoir, nous, citoyens de Martinique, de leur indiquer que la « municipalisation » de l’élection des conseillers de la Collectivité Territoriale de Martinique est maladroite et dangereuse.

Maladroite, parce qu’elle pourrait laisser penser qu’ils sont plus préoccupés par le maintien de leur influence et la poursuite de leur carrière politique que par l’avenir de la Martinique.

Dangereuse, car dans un contexte de création d’une nouvelle institution, de la disparition de deux autres (le Conseil Général et le Conseil Régional), d’une communication de la classe politique très perfectible sur le sujet, ce type de message qui consiste à dire au citoyen, « seuls les maires sont qualifiés pour siéger à la Collectivité Territoriale de Martinique », risque de saper la compréhension et donc la légitimé de cette nouvelle institution.

Alors, citoyens de Martinique, formons-nous, informons-nous sur les compétences, l’organisation et le mode d’élection de la Collectivité Territoriale de Martinique afin d’aider nos élus à mieux en mesurer les enjeux, pour les éclairer sur certaines incompatibilités de mandats (maire et conseiller exécutif par exemple) et rassurons-les sur l’utilité de leur contribution de maire et de conseiller communautaire après la disparition des Conseil Général et Régional.

 [ndlr : Le titre choisi par la rédaction est issu de la tribune. Titre original : Collectivité Territoriale de Martinique : aider et rassurer nos élus, un devoir citoyen ]