Tribune – Raphaël Vaugirard - Nous voulons une nouvelle collectivité s’appuyant sur un pacte citoyen martiniquais - Ce dimanche 1er février 2015 les organisations constitutives de Ensemble pour Une Martinique Nouvelle (EPMN), ont, dans cette rentrée politique pré-électorale en vue des élections de décembre 2015, parfaitement donné la mesure des enjeux de ce pas historique de notre pays vers une nouvelle gouvernance, une mutation sociétale, un rendez-vous avec nous-mêmes vers la responsabilité.

Les interventions de haute tenue des responsables et personnalités politiques comportent des enseignements sur deux points essentiels. Le 1er c’est que les Martiniquais souhaitent que la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) arrive dans un climat d’apaisement, de confiance et de sécurité collective ; le 2d point, c’est que la CTM n’est pas le Projet mais un Outil du projet de développement que nous devons proposer aux Martiniquais. En observant, dans le camp adverse, les tractations les plus retorses en cours, en écoutant les positionnements et les discours les plus curieux de certains « assoiffés du pouvoir pour le pouvoir », il me paraît nécessaire de remettre au grand jour ce qui doit nous rassembler en tant que Peuple et par conséquent constituer les fondements d’une citoyenneté martiniquaise.

La CTM doit s’appuyer sur un pacte citoyen martiniquais pour  :

  • Rassurer le peuple martiniquais sur l’évolution institutionnelle, en rappelant que la CTM qui sera mise en place lors des élections de Décembre 2015, est un progrès collectif de la Martinique dans son émancipation historique en tant que peuple. La CTM est un outil du projet et non le projet lui-même. Tout projet doit décliner des objectifs sociaux, économiques, culturels, environnementaux devant apporter des solutions aux différentes catégories sociales, en particulier aux plus faibles et aux plus fragiles, et une meilleure qualité de vie dans le Pays-Martinique ;
  • Rappeler le choix des martiniquais en 2010 d’évoluer dans le cadre de la République française et de l’Union Européenne, qui garantit des processus démocratiques, des politiques publiques dans le cadre de services publics et de lois respectant notre réalité et nos spécificités pour nous permettre de nous adapter au monde ;
  • Rappeler que le débat politique est une confrontation d’idées, de projets, de visions de l’avenir et non un affrontement destructeur de personnes, une occasion de « règlements de comptes » source de violence et de déviances ; le débat doit éclairer et non contraindre… ;
  • Réaffirmer l’esprit d’un pays-Martinique en devenir qui assume son passé colonial esclavagiste douloureux qui a été enfin officiellement reconnu en 2001 comme un crime contre l’humanité et qui, désormais, se tourne résolument vers la construction d’un avenir sur des bases et des valeurs humanistes, émancipatrices et de sécurité collective pour toutes les composantes de notre communauté ;
  • Rappeler la primauté de l’intérêt général sur les intérêts partisans, corporatistes ou particuliers. Nous définissons le pouvoir comme un moyen d’agir en faveur de tous dans un cadre républicain chevillé dans la recherche du « Faire Ensemble » et non comme une domination individuelle voire d’un groupe sur tous ;

Ces quelques principes sont des fondements d’un pacte citoyen pour lesquels des peuples ont pris des millénaires avant d’en être viscéralement imprégnés. Ils constituent des principes démocratiques garants des libertés individuelles et collectives d’un peuple pour lesquels les hommes de progrès du monde entier sont et seront intransigeants.