Par Laurent Bodros


“Je n’ai rien d’autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur (…) Nous avons devant nous de nombreux et longs mois de combats et de souffrance ». (Churchill)

Pessimisme, désespérance, espoirs déçus…L’atmosphère politique, médiatique et sociétale invite au repli sur soi, à la peur du lendemain, au déclinisme. Ces doutes sont exploités par les extrêmes qui ont une posture critique simple n’étant pas en mesure et ne souhaitant même pas gouverner : Front National à l’extrême droite, Front de gauche à l’extrême gauche. Les populismes empruntent les mêmes méthodes : démonstration de force dans les rues, discours violents dénonciateurs de tous les maux de notre société moderne, sur le terrain, maraudes dans les quartiers…Le Front National avançant à couvert sous le masque de la respectabilité s’est très vite montré sous son vrai jour malgré les communiqués d’apaisement et les évictions de têtes de liste ne respectant pas les consignes de communication. Le Front de gauche qui a soutenu François Hollande aux élections présidentielles bombe à nouveau le torse et surfe sur les mécontentements en organisant comme aujourd’hui une marche pour lancer « la révolution fiscale ». Vocabulaire et méthode nous renvoie à une autre époque. Le mouvement de mécontentement des « bonnets rouges » en Bretagne a lui aussi été récupéré très rapidement par la droite et certaines organisations patronales.

Populisme, racisme et peurs de l’avenir deviennent dès lors les piliers de ces partis politiques faisant dans leurs discours des amalgames faciles et caricaturant l’action du gouvernement socialiste qui s’attaque avec courage et lucidité à la crise économique.

Car quelles sont les solutions proposées ? La critique est facile, mais la capacité à réfléchir ensemble, la production de solutions concrètes, la sincérité de constuire une société créatrice d’emplois, de mieux être et de mieux vivre demande beaucoup d’efforts, de concertation, de sacrifices, de lucidité, de maturité et de responsabilité.

A l’instar de Victorin Lurel combattons le pessimisme par des actes et rappelons les actions du gouvernement socialiste pour les outremers ! « L’Etat tient ses engagements de prioriser les Outremers, alors que de nombreuses missions gouvernementales sont soumises à de plus grands efforts encore de rigueur de gestion (…) le rattrapage budgétaire (…) a permis aux crédits de progresser de 5 % en 2013 et de 20 millions d’euros encore en 2014 ». A cela s’ajoute l’adoption au Parlement de la loi sur « la régulation économique » pour lutter « contre la vie chère ». Sur les 100 000 contrats d’avenir destinés aux jeunes « 9000, représentant presque 10 % du total national » ont été réservés aux outremers. De plus, « l’Etat joue pleinement son rôle aux côtés des élus locaux pour rattraper les retards de développement des territoires ».

Les petites phrases ou les jeux de poker menteur durant ces municipales répondent-ils aux attentes des Martiniquais ? NON. S’attaquer à la précarité demande davantage de cœur et de tripe : sur 400 000 habitants, 118 352 bénéficient de la CMU, soit 30% de la population contre 10 % dans l’Hexagone. L’ASPA est perçue par 27 % de la population contre 5% dans l’Hexagone. Des solutions résident dans la simplification des procédures,

Marie-Arlette Carlotti ministre déléguée en charge de la Lutte contre l’exclusion propose la création d’un guichet ou d’un dossier unique et d’une automatisation de certains droits. Il faut aussi battre en brèche quelques idées reçues comme la Martinique est le territoire de « l’assistanat ». En 2011, 5 milliards d’euros n’ont pas été versés à ceux qui devaient en bénéficier. Face au non-recours aux prestations sociales dus à la complexité administrative et à la méconnaissance des dispositifs, le gouvernement proposera un dossier unique pour 5 ou 6 aides différentes et certaines aides devraient être automatisées.

Etre politique aujourd’hui demande du courage et du travail car on ne peut tolérer qu’en Martinique une personne sur cinq vive en dessous du seuil de pauvreté dont plus de la moitié sont des retraités.

* secrétaire de la section socialiste de Fort-de-France