Souvenez-vous de l’affaire qui a opposé Stéphane Hayot à Alexandra Dailloux, et créé un certain buzz sur Internet lorsque cette dernière a, le 29 juillet 2013, déposé une plainte à la gendarmerie du Lamentin, contre le dirigeant du groupe Bernard Hayot pour harcèlement et agression sexuelle.

Alexandra Dailloux est la femme enceinte de huit mois retrouvée morte en Martinique dans son appartement de la rue Moreau de Jones à Fort-de-France, neuf mois après que le procureur de la République de Fort-de-France ait classé sans suite la plainte déposée par l’assistance de direction Alexandra Dailloux contre l’un des dirigeants du Groupe Bernard Hayot Stephane, en septembre 2014 …

Saurons-nous un jour la vérité ? Pourquoi cette jeune femme est restée vivre à la Martinique , à Fort-de-France, pourquoi a –t-elle refusé d’aller à l’hôpital lorsque les pompiers sont venus la chercher la veille ? et pourquoi est-elle morte, enceinte de huit mois, seule dans son appartement ?

Mais qui était cette jeune femme ? Alexandra Dailloux est née à Paris en 1981. Elle y a fait ses études au lycée Rodin, puis à l’école des assistantes de direction avant de travailler pour la société Sine qua non, puis pendant 7 ans, pour le groupe Bolloré. Ce n’est pourtant pas, malgré les apparences, une « pure métropolitaine » venue chercher un meilleur climat sous le ciel martiniquais. Sa mère, Danielle Dardet, est en effet la fille du Guadeloupéen Albert Dardet, officier général et docteur en droit, qui a fini sa carrière en 1984 comme magistrat au tribunal de grande instance de Nancy. Mais elle est aussi la petite-fille du général Victor Dardet, ne en 1903 à Marie-Galante. Ce dernier auquel le général De Gaulle a rendu hommage, lors de son voyage en Guadeloupe en 1964, est sorti de Saint-Cyr en 1927. Victor Dardet a commencé sa carrière d’officier en Chine, Indochine et Madagascar. Quand survient la seconde guerre mondiale, il s’engage dans la Résistance dans le groupe Sud-Est Auvergne, puis dans le groupe Atlantique, sous les ordres du général de Larminat, pour préparer le débarquement de Normandie. En 1961, il est rattaché au ministère de la France d’Outre-mer et s’installe à Trois-Rivières où il rachète la villa bâtie par Gabriel Mare au XVIIe siècle, qu’il baptise villa Pastorale. Avec le général Némo, commandant supérieur des forces armées aux Antilles, il participe à la creation du 2e régiment de service militaire adapté. A sa retraite, en 1964, Victor Dardet est nommé PDG de la société sucrière de Marie-Galante et met en œuvre la reforme foncière. Victor Dardet, que le général De Gaulle fera commandeur de la légion d’honneur, meurt à Marie-Galante en 1989.

L’ascendance des uns et des autres ne doit en principe pas compter dans une affaire aussi bizarre et pour le moins « mystérieuse »… Mais l’histoire a de ces ironies qui font que si la phrase favorite de Bernard Hayot (père du mis en cause) est « le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit », la formule fétiche du général Dardet était : « Beaucoup de bruit, peu de bien ; beaucoup de bien, peu de bruit. »

Saurons-nous un jour la vérité ?

MMD / Bio : Le blog des informations du 5e DOM, en complément du site Internet de France-Antilles

Sur le même sujet : http://politiques-publiques.com/martinique/agression-stephane-hayot-mis-cause/