Tribune – Hervé Planchette | Depuis plusieurs décennies, le Musée de Saint-Pierre a été victime d’un manque d’entretien.

Malheureusement, comme tout autre bâtiment, une fois que la négligence atteint un certain niveau, une rénovation quasi complète s’impose.

Lors de notre prise de fonction en Avril 2015, l’une des premières préoccupations de l’équipe municipale a été de redonner aux agents du Musée, un outil moderne, sécurisé, en phase avec les exigences de la clientèle de nos jours.

C’est dans cette optique que le Maire de Saint-Pierre et le Président de la Région Martinique avaient signé, le samedi 30 Mai 2015, une convention pour la rénovation complète du Musée Franck A. PERRET.

Il se trouve que 3 ans après le remplacement de la Région par CTM, le projet était en sommeil.

Face à la dégradation continue de la situation, il devenait urgent de trouver une autre solution, rapide et efficace.
Il faut savoir qu’un musée comme celui de Saint-Pierre, labellisé « Musée de France », relève néanmoins d’un «service public local facultatif».

Après deux avis défavorables des inspecteurs du réseau Musée de France, émis respectivement en 2006 et 2012, fallait-il tout simplement envisager la fermeture ?

Ce musée jouant un rôle essentiel dans le rayonnement culturel et touristique de la Ville et de la Martinique, il convenait de lancer le débat sur son avenir.

C’est ce qui a été fait lors de la séance du conseil municipal du 19 Avril 2018.
Trois questions ont été posées par le Maire à tous les Conseillers Municipaux, tous bords confondus.

La première était de savoir si la Ville devait maintenir ou non ce Service Publique Local Facultatif. C’est ce que le conseil a décidé. Ainsi, la propriété et la gestion du Musée resteront municipales.
Les conseillers municipaux ont été appelés ensuite à décider de la stratégie de gestion de ce Service Public.

3 Solutions étaient possibles :

Soit une gestion en Régie Directe, c’est-à-dire le statuquo. Dans ce cas la Ville devrait trouver les finances pour la rénovation du Musée et sa stratégie de de modernisation et de commercialisation.

Soit une gestion par une personne morale privée a l’exemple d’une association. Mais, là encore, la Mairie devrait trouver les financements pour la restauration du bâtiment avec, en plus, le risque de failles juridiques dans le type contrat entre l’association et la Ville.

Soit enfin l’option d’une gestion par convention de Délégation de Service Public qui ne peut être conclue qu’à la suite d’une procédure de publicité et de mise en concurrence.

C’est cette dernière option qui a été choisie à la majorité, une conseillère ayant voté contre.

La 3ème question traitait du type de contrat qui serait proposé au délégataire.

C’est ainsi que Conseil Municipal a décidé :
- De garder le Musée dans le patrimoine de la Ville
- De choisir sa gestion en mode Délégation de Service public
-D’autoriser le Maire à négocier un contrat de délégation à durée déterminée, incluant la rénovation du bâtiment à la charge du Délégataire.

A la suite de ce conseil, un appel à candidature a été lancé suivant la procédure de publicité imposée par la loi et sous le contrôle technique de la Direction des Affaires culturelles (DAC).

A l’issue de la consultation, la Commission de Délégation de Service Public réunie en présence du Directeur de la DAC (Direction des Affaires Culturelles), après avis favorable de ce dernier, a retenu la candidature d’un délégataire avec lequel le Maire devra négocier les termes du contrat qui respectera les exigences votées par le Conseil Municipal ainsi que les normes des Musées de France.

Il est bon de préciser que la Commission de délégation de service public, dont fait partie un membre de l’opposition municipale s’est prononcé, à l’unanimité, en faveur du seul délégataire, la fondation Culturabam, qui avait répondu à l‘appel d’offre.

Pour information, la rénovation du musée est estimée à 1.5 Million d’Euro ! Cette somme sera investie par le délégataire qui devra se rembourser avec les recettes générées par l’exploitation du Musée sur une durée de délégation de 7 années.

Voilà la vérité sur la solution qu’a choisie le Conseil Municipal, par délibération officielle, validée par le contrôle de légalité, pour sauver le Musée Franck A. PERRET.

C’est pour toutes ces raisons que je m’élève contre la malhonnêteté intellectuelle dont font preuve ceux qui veulent faire croire que nous aurions « donné » le Musée à la fondation Clément, et qui voudraient se présenter comme défenseurs des intérêts de la Ville. Ce sont pourtant les mêmes qui, PRÉSENTS lors de cette séance du conseil municipal du 19 Avril 2018, ont tout simplement refusé de participer au vote. Ils ne sont pas abstenus, ils n’ont pas voté contre, ils ont pour l’un, ex-adjoint en charge de l’urbanisme, déclaré « de ne pas prendre part au vote », pour l’autre, ex-adjoint en charge du patrimoine et du tourisme, décidé d’aller urgemment aux toilettes au moment du vote, après avoir participé aux débats.
Ils ont tout simplement ainsi démontré que le devenir du musée, en réalité, ne les intéressait pas.

Et voilà, ils tentent aujourd’hui, misérablement, d’utiliser cet établissement stratégique pour la politique touristique de la Martinique comme un vulgaire instrument d’une guérilla politicienne contre le Maire Christian RAPHA et les élus de sa majorité … dont ils sont encore membres officiellement, quoiqu’ils en disent.

Ne vous laissez pas berner par ce genre de comportement qui ne rehausse pas l’image de la Ville à l’extérieur, surtout avec le travail considérable, reconnu par tous, depuis maintenant un peu plus de trois années.

Vous pouvez voir l’enregistrement de l’extrait du conseil municipal du 19 avril 2018, qui concerne le devenir du Musée, en cliquant sur le lien suivant :

https://youtu.be/pEbcLny7wt4

Hervé PLANCHETTE
2ème Adjoint au Maire de SAINT-PIERRE