Lettre ouverte – Jean-Marc Salpétrier - Citoyennes et Citoyens, Chers Tous, Chers Nous,

La route a encore tué et demain encore il en sera de même si nous n’agissons pas.

La triste liste des morts et des blessés meurtris à jamais s’allonge inexorablement.

Aujourd’hui jeudi 5 novembre, aux nouvelles du matin, j’entends sur RCI que deux motards sont dans un état grave suite à une chute sur la route de Cluny à Schœlcher. Ils ne portaient pas de casques.

Lundi, c’est un jeune motard de 27 ans qui est hospitalisé suite à une collision avec une voiture aux Trois-Ilets.

Samedi passé, un jeune à Saint-Pierre a fait une chute à deux roues et s’est gravement blessé.

La veille vendredi 30 octobre, Laeticia LEANDRY CARBASA, jeune femme de 28 ans s’est tuée au Lamentin. Elle était passagère et ne portait pas de casque. Le pilote de 19 ans, gravement blessé ne portait pas de casque.

Au total depuis le début de l’année 2015, ce sont 18 motards qui ont perdu la vie ! 85 % des tués de la route sont des motards. A fin septembre, les deux roues représentaient : 1 accident sur 2, 8 tués sur 10, 1 blessé hospitalisé sur 2, 1 blessé léger sur 3 alors que les motards ne représente que 2 % des usagers de la route. Et c’est ainsi depuis des années. Cf. France-Antilles du 2 novembre 2015.

Si nous ne faisons rien, inéluctablement ce décompte morbide s’aggravera encore dans les prochains jours.

Au-delà de la peine que procurent ces disparitions à leurs proches et à leur famille, le non port du casque peut révéler de la souffrance, de l’incivilité, de la délinquance et de la violence. C’est un problème de société. L’inconscience et le manque de respect que manifestent les motards sans casques pour leur personne, peut impliquer aussi un non-respect pour la vie et pour la société.

Comment puis-je respecter la vie de l’autre si je ne respecte pas ma propre vie ?

Comment puis-je respecter une société qui ne me considère pas et qui ne me rappelle pas à l’ordre quand je mets ostensiblement ma vie en danger ?

Et que faisons-nous … ?

Je nous accuse de non-assistance à personne en danger.

Je nous accuse nous parents, nous frères, nous sœurs, nous grand parents, nous taties, tontons, nous cousins, cousines, nous amis de laisser nos proches rouler sans casque.

Je nous accuse, nous autorités de laisser faire. Que fait la Police ? Que fait la Gendarmerie ? Comment se fait-il que tous les jours, à toute heure, nous croisons sur les routes, dans les quartiers, dans les bourgs, au centre-ville de Fort de France, partout, des jeunes et moins jeunes sans casques ?

Je nous accuse, nous les politiques de ne pas s’insurger contre cette situation. Sauver des vies, épargner la souffrance ne méritent-il pas la plus haute attention et la plus grande priorité ?

Je nous accuse, nous tous de ne rien dire, de ne rien faire quand nous croisons un motard sans casque.

Il est temps de s’indigner, il est temps de se mobiliser !

Ces morts, ces souffrances doivent servir à quelque chose et nous rappeler que la vie est le bien le plus précieux au monde.

Je nous appelle à une prise de conscience générale, réveillons-nous et levons-nous !

Nous ne pouvons rester là et regarder tomber nos jeunes et moins jeunes sans rien dire, sans rien faire.

Nous pouvons agir collectivement dans nos institutions, dans nos établissements, dans nos entreprises et aussi chacun à notre niveau.

Nous pouvons, nous parents et proches, réprimander tous les jours nos motards qui ne portent pas de casque et leur rappeler que nous les aimons et que leur vie nous est précieuse.

Nous pouvons, nous parents et nous proches, offrir un casque à ceux qui sont dans le besoin.

Nous pouvons, nous autorités de police et de gendarmerie, nous emparer du sujet, décréter que le non port du casque doit être éradiqué et user de tous les moyens pour verbaliser les motards sans casques.

Nous pouvons, nous autorités éducatives, décréter une semaine de mobilisation dédiée à la sécurité et à la prévention pour signifier que la vie est précieuse, qu’elle mérite le respect, que le hasard et la fatalité n’existent pas et que nous sommes tout un chacun acteur de nos vies.

Nous pouvons, nous établissements de formation – collèges, lycées, universités – et nous aussi commerces et grandes surfaces, refuser l’accès et le parking dans nos enceintes à tout motard non porteur du casque.

Nous pouvons, nous autorités religieuses et spirituelles, nous clubs services, nous intellectuels, nous artistes rappeler combien la vie est précieuse et combien elle mérite le respect.

Nous pouvons, nous médias, TV, radio, presse, internet apposer un casque blanc sur nos écrans, signer nos articles avec un casque blanc, lancer régulièrement un message audio pour inciter les motards à porter un casque.

Nous pouvons, nous pompistes, nous garagistes refuser de servir un motard sans casque.

Nous pouvons, nous associations de motards et d’usagers de la route mener une grande campagne de sensibilisation pour le port du casque.

Nous pouvons, nous assureurs mener une grande campagne d’affichage pour rappeler que la vie est précieuse et qu’il faut toujours mieux prévenir.

Nous pouvons, nous vendeurs de deux roues et de casques, offrir à prix coutant les casques à tous nos clients usagers de 2 roues.

Nous pouvons, nous politiques, nous emparer du sujet et intervenir à tous les niveaux pour mobiliser l’ensemble des institutions et des acteurs publics pour lutter contre ce fléau et prévenir l’irréparable.

Nous pouvons, nous automobilistes klaxonner et/ou faire des appels de phare à chaque motard sans casque que nous croisons pour lui signifier que leur vie nous importe.

Nous pouvons, nous automobilistes porter une lanière blanche à notre antenne radio pour signifier aux motards sans casques que la mort les guète et que nous serions attristés qu’ils meurent.

Nous pouvons, nous citoyens aborder un motard sans casque pour lui dire « Votre vie est précieuse, s’il vous plaît, portez le casque pour vous, pour vos proches, pour moi. »

Nous pouvons, encore et encore …. Soyons chacun en initiative ! C’est urgent !

Nous sommes tous responsables et tous acteurs de la vie !

Nous devons tout faire pour arrêter ce massacre, mobilisons-nous tous pour sauver des vies !

Jean-Marc SALPETRIER
Citoyen