Tribune de Max Dufrénot, président du CPM (congrès Populaire martiniquais) et membre du MAP (Mouvement des Autonomistes et progressistes).

« Chers amis de Facebook et de politiques publiques, je vous souhaite une heureuse année 2010. Je voudrais souhaiter surtout que nous nous respections les uns les autres pour nos opinions. Et je souhaite aussi que nous laissions l’émotion de côté chaque fois que nous devons porter un jugement ; n’est-ce pas Platon qui conseillait de tourner sept fois la langue dans la bouche avant de s’exprimer.

Je voudrais aujourd’hui vous expliquer au nom du CPM (Congrès Populaire Martiniquais), groupe de réflexion politique que je coordonne, les raisons qui font que nous avons adhérer au MAP et pourquoi il faut que vous votiez comme nous le recommandons : NON le 10 Janvier au 74.

Il faut savoir deux choses :

- 1) En 1985, à Strasbourg, l’UE a adopté une Charte , « la Charte de l’autonomie locale ». Cette charte conseille aux Etats européens d’adopter une structure autonomique, comme l’Allemagne, l’Italie, le Portugal et l’Espagne formés de régions autonomes pouvant dialoguer directement avec Bruxelles. Il s’en suit que la France deviendra autonomique et nous serons, nous DOM, automatiquement autonomes.

- 2) la France est le dernier pays colonisateur qui a de la difficulté à se départir de son esprit colonialiste ; en effet, elle n’a jamais accordé un pouce de liberté aux peuples qu’elle a assujettis de son plein gré. Et même quand elle semble le faire, elle a toujours une façon de revenir ; on dit que la France est partie d’Afrique par la porte des indépendances et est revenu par la fenêtre de la coopération et la lucarne de la Françafrique. L’idée qu’elle se fait des noirs s’est exprimée à Dakar dans la bouche de Sarkosy qui a repris mot à mot des pans du discours de Hegel, philosophe raciste européen. Elle a donc gardé ce côté paternaliste qui fait qu’elle veut vous guider par la main dans tous vos choix.

Donc il faut ouvrir les yeux dans le processus qui a commencé depuis la création du Congrès des élus ; on ira vers un changement de statut mais il y aura UNE TRAPPE QUELQUE PART ;Donc, surveillez bien ma démarche analytique.

L’épopée commence à la création du Congrès : Les socialistes étaient au pouvoir et le sénateur Lise a obtenu sa création par Jospin en argumentant sur le préambule de la Constitution de 1946. Il dit que fidèle à sa mission traditionnelle la France a le devoir d’amener les peuples dont elle a pris la charge à l’autogestion. AMJ qui avait sous l’émotion caractéristique des nègres avait déchiré théâtralement le rapport Lise-Tamaya s’est engouffré dans un Congrès qui avait toutes les chances d’aboutir à un référendum d’autodétermination, droit réservé aux peuples que nous étions pour les socialites. Mais la droite raciste et plus colonialiste a battu la gauche aux élections et quand les élus ont présenté aux autorités de DROITE leur topo, il fut déclaré anticonstitutionnel ; En effet la TRAPPE AVAIT ETE PLACEE SUBREPTICEMENT, à l’insu de nos braves élus ; nous n’avions plus notre qualité de peuple nous étions devenus populations de France partie intégrante du peuple français. L’article 72-3 était le verrou que madame Girardin avait posé pour faire obstacle à tout processus d’autodétermination.

Nous ayant enlevé notre possibilité de choisir nous même notre avenir dans le projet initial des élus, le gouvernement nous prend par la main et nous indique les deux cases qu’il a choisies pour que nous y entrions, dénommés articles 73 et 74. Cette procédure s’appelle du néocolonialisme. Si le 73 n’offre qu’une réforme administrative, le 74 est une véritable construction néocoloniale :

1-du côté de la France

A-Elle ne nous permet pas d’utiliser notre droit de peuple pour choisir

B-Elle nous insulte par la procédure adoptée ; on vote le numéro et ensuite les élus vont voir avec le parlement le contenu de la loi organique. Nous valons moins que les corses qui ont eu la démarche inverse et parce qu’ils posent des bombes ils ont droit au respect et à un processus démocratique : les élus corses ont élaboré un projet, ce projet a été soumis au parlement et ensuite chaque citoyen a eu connaissance du projet et a pu voter. C’est cela la démarche démocratique.

2-du côté des élus :

A-ils nous bidonnent car ils n’ont demander que des adaptations ; adapter une loi que vous n’avez pas conçu et dont n’avez pas été à l’origine c’est demeurer toujours sous l’emprise de L’ESPRIT de celui qui a fait la loi.

B-il y a un risque de domination et de profitation sans espoir de retour en cas de panne de ressources. En effet, la loi organique adopté en première instance peut être renégociés uniquement par les élus qui demanderont toutes les compétences qu’ils VOUDRONT sans que le peuple ait son mot à dire.

C-les transferts ne suivront pas.-les arguments des tenants du 74 sont mensongers et ils font gravement des rajouts aux textes constitutinnels ; par exemple, la Constitution dit que « le transfert de compétences entre l’Etat et les collectivités territoriales s’accompagnent de ressouces équivalentes à celles qui étaient consacrées à leur exercice » les tenants du 74 rajoutent avant équivalentes le mot équitables. ;C’EST DU TRUCAGE PAR RAJOUT

EQUIVALENT SIGNIFIE QUE LES RESSOURCES SERONT CELLES QUE LES COLLECTIVITES AVAIENT AU MOMENT DU TRANSFERT. EQUITABLES SIGNIFIE QUE L ‘ETAT TIENDRA COMPTE D’EVENTUELS AUGMENTATIONS DU COUT DE LA VIE POUR OPERER DES RAJUSTEMENTS .Ce qui est faux.

D-les élus à court d’idées ont opéré un copier-coller dans le domaine de l’emploi à partir du statut de la Polynésie. Or ce que l’on peut faire dans un PTOM on ne peut pas le faire dans un RUP sinon on en sort

Nous avons constaté donc logiquement que ce 74 était un piège à cons. Nous réaffirmons que l’autonomie que nous voulons pour le peuple de façon démocratique est clair :

Il doit

-protéger l’égalité des droits et admettre constitutionnellement nos différences Notre projet est plus en accord avec la Charte de l’autonomie locale, que le statut bidon du 74. Nous voulons d’un statut comme les autres RUP ;Par exemple les Canaries RUP espagnole a son autonomie constitutionnalisée dans l’aricle 2 de la Constitution espagnole et cette constitution reconnaît dans l’article 143 les nationalités. Autrement dit nous voulons d’un statut qui respecte nos trois citoyennetés européenne, française et martiniquaise.

C’est pourquoi nous avons choisi une troisième voie : entrer par l’article 73 pour retrouver nos droits à l’autodétermination et faire un projet comme les corses à soumettre au peuple en dernier ressort.

Que nous reproche-t-on ?

-de voter comme la droite !

-de demander une révision constitutionnelle hypothétique !

Voter comme la droite ; le concept de droite gauche n’a pas de sens à nos yeux dans un pays colonisé ; il n’y a que des colonisés qui essaient d’avoir dans la dignité une souveraineté partagée avec le colonisateur

La révision ne peut être hypothétique que chez ceux qui ont baissé les bras ; cette Constitution est révisée à tire larigo ; c’est donc notre union des peuples des trois DOM qui fera aboutir cette revendication !

Meilleurs vœux de bonne année : allez voter NON le 10 pour sauvegarder la dignité de notre peuple. »