Tribune – Cyril Renciot | En 2015, une réflexion était menée, évoquant l’évolution de la place des jeunes dans l’activité de promotion et de valorisation de l’île. Un an plus tard, actualité touristique oblige, interrogeons-nous quant au regard porté sur notre territoire à travers l’activité de croisière.

Avec plus de 22 millions de passagers recensés en 2015 à travers le monde, le secteur de la croisière reste le plus florissant. Le bassin Caribéen occupe d’ailleurs la première place en termes d’accueil de paquebots, en particulier en période hivernale. D’ailleurs, les îles de la Caraïbe regorgent d’ingéniosité et s’équipent en infrastructure. L’objectif : fidéliser cette clientèle qui représente une importante manne financière. Si toutes représentent des ports d’escales potentiels, la bataille fait rage quand il s’agit d’attirer ces géants des mers. De ce fait, toute distinction est ou autre publicité est bénéfique. Le 17 février dernier, La destination Martinique remportait trois récompenses aux Travy Awards à New York : Meilleure destination de croisière de la Caraïbe ; Meilleure destination culinaire de la Caraïbe ; Meilleurs Comité du Tourisme. Ces récompenses étaient décernées suite à un vote auquel ont pris part plus de 30 000 agents de voyage. Toutefois, posons-nous la question suivante : la Martinique mérite- t-elle réellement ces titres honorifiques ?

« Non mécontent de voir la Martinique recevoir des distinctions ô combien valorisantes, le rédacteur réitère son désir de susciter une réflexion et faire réagir à travers cet écrit. Il réfute de ce fait l’idée de nuire à l’image de quelque organisation ou catégorie d’individus. Il en va de même pour le territoire Martiniquais dans son ensemble. »

La Croisière en Martinique en quelques chiffres (Source : Comité Martiniquais du Tourisme) :

  • -  Année 2013 : 104 241 passagers
  • -  Saison 2013-2014 : 169 660 passagers pour 132 escales
  • -  Année 2014 : 237 492 passagers
  • -  Saison 2014-2015 : 305 710 passagers pour 171 escales
  • -  Saison 2015-2016 : 426 111 passagers attendus pour 217 escales

    Afin de mieux comprendre l’objet de cette réflexion, nous présenterons en premier lieu la destination Martinique à travers ses atouts principaux atouts et ses faiblesses. Notre deuxième point concernera les différents protagonistes liés à la croisière : les acteurs chargés de valoriser le territoire, la population locale et enfin le cœur de cible, les croisiéristes. Par la suite, il sera question de replacer la Martinique dans son environnement Caribéen, avant de « voir plus loin ». Cette dernière idée clôturera notre analyse, en nous projetant au-delà de l’activé de croisière.

    La destination Martinique :

    Que l’on soit ou non d’accord avec cette distinction, force est de constater que la Martinique dispose de nombreux atouts.

    En termes d’infrastructures tout d’abord, Les appontements (Pointe Simon + Tourelles) permettent d’accueillir simultanément jusqu’à 4 navires de grande capacité (5 en incluant l’hydrobase), ce qui signifie plusieurs milliers de passagers. Concernant l’accueil ensuite, le quai des Tourelles, bien qu’étant un espace clos situé en dehors du centre-ville, propose un village de la croisière et un point d’information touristique. Il en va de même à la pointe Simon, espace ouvert en centre-ville au pied de la Tour Lumina situé à proximité du marché local d’artisanat et souvenirs. Une animation musicale

est proposée en matinée les jours d’escale (généralement un musicien accompagné d’un(e) interprète). Toujours en termes d’animations, nous pouvons évoquer les prestations de groupes de carnaval en fin de journée lors d’escales de « Mégaships ». Point important : le dispositif Stewards urbains, des « guides » ou « référents » présents à Fort de France, en centre-ville, afin de réorienter les visiteurs dans le besoin. Outre le premier contact et les espaces les plus proches, la destination Martinique comporte un panel de sites à découvrir et activités à effectuer. Nous nous attarderons sur ce point dans le déroulé. Sur le plan gastronomique enfin, en dehors du grand marché de Fort de France, les ambulantes sont présentes à la rue de la République (également appelée rue piétonne).

Les forces présentés, passons aux faiblesses. Nous parlions de l’animation musicale proposée afin d’accueillir nos croisiéristes dans la joie et la bonne humeur. A la Pointe Simon, un sonorisateur prend le relai pour la suite de la journée à la Pointe Simon. A Tourelles, il n’en est rien : une fois la prestation des musiciens terminée, plus d’animation. Tant mieux pour les lève-tôt, mais qu’en est-il des lève-tard et fêtards de la veille ? Que verront-ils à leur réveil ? Ne l’oublions pas, ils sont en vacances…

Les terminaux parlons-en. Je m’attarderai sur des travaux qui ont eu lieu à la Pointe Simon. (Des travaux ? Quoi de plus normal me direz-vous.) Le fait que ces « travaux » aient eu lieu à quelques mètres du point d’information, un jour d’escale m’interpelle. Bruit et poussière, quel savoureux mélange pour souhaiter la bienvenue… Précisons que cela s’est produits à plusieurs reprises.

Et les transports ? Outre les taxis et les quelques agences de location de voiture présents sur les terminaux, que propose-t-on comme alternative ? Certes, la calèche du Parc Naturel Régional de Martinique effectue des circuits en centre-ville, de même que Cyclo Comm et Eco taxi. Mais quitter Fort de France reste compliqué, en attendant le…TCSP… A noter qu’Eco Taxi et une partie de l’équipe de Cyclo Comm assurent les liaisons entre le paquebot et le village de la Pte Simon. Ceci réduit donc les possibilités de découvertes du cœur de ville… Pourquoi ? Pour qui ? Autre point négatif à citer : des escales sont lésées par une partie des acteurs de la croisière. Parmi les raisons évoquées, le nombre de passagers parfois jugé insuffisant. Certains navires ont effectivement une capacité inférieure à beaucoup d’autres, soit. Mais que sait-on du pouvoir d’achat de leurs occupants ? La quantité est-elle l’unique facteur à prendre en compte ? Une autre problématique se présente : les escales dominicales ainsi que les jours fériés. Le dimanche, Fort de France est présentée par beaucoup comme une ville morte, même en cas d’arrivée d’un paquebot. Il en va de même les jours fériés. Peut-on espérer un impact positif de ces absences à répétition ? L’immobilisme apporte-t-il des résultats ?

Quelques acteurs incontournables :

Chacun a son rôle à jouer quand il s’agit de promouvoir son île. Néanmoins, plusieurs organismes ont un rôle prépondérant. Commençons avec le comité Martiniquais du Tourisme. En première ligne dans l’activité de promotion internationale, c’est un acteur incontournable du secteur. Leur travail a notamment été salué lors des Travy Awards. Nul doute que cette distinction nourrira des ambitions plus grandes encore ; d’autant plus que leur nouvel emplacement (Tour Lumina depuis décembre 2015) les « rapproche » de la croisière.

L’Office de Tourisme de Fort de France, conformément à ses missions, est également présente : sur les terminaux de croisières par l’intermédiaire des conseillers en séjour ; mais également dans les rues du centre-ville via les stewards urbains. Informer, conseiller, orienter, telles sont les missions quotidiennes de ces hommes et femmes qui font chaque jour face à des demandes diverses et variées.

Saluons le travail des TO et réceptifs qui proposent à des groupes de découvrir certains points de l’île, par l’intermédiaire des compagnies de croisière. Dans le même registre, il est possible d’explorer l’île par via des prestataires privés, sur terre comme en mer. La découverte par les airs reste possible, mais moins aisée. N’oublions pas les exposants présents sur le village de la croisière ou encore les organismes et acteurs chargés du transport de passagers, plus particulièrement les artisans taxis.

« Afin d’éviter une polémique supplémentaire, voire un dépôt de plainte, le rédacteur se refuse à commenter les affaires médiatisées dont les artisans taxis ont fait l’objet. Il rappelle par la présente le caractère neutre de ses propos à l’encontre des personnes et organisations cités. »

Les avis divergent sur ces hommes et femmes. Toutefois, force est de constater qu’ils ont un rôle ô combien important : outre les loueurs de voitures, ils sont l’unique alternative proposée à des visiteurs souhaitant découvrir l’île. Nord ou sud, nature ou culture, avec eux, tout est possible… A condition d’y mettre le prix ! Ils sont donc un maillon essentiel à bien y regarder. Néanmoins, même s’ils sont pour la plupart « au combat », certains se feraient remarquer de diverses manières : peu de délicatesse dans l’approche ; refus de certaines demandes car « c’est un petit tour, ça rapportera trop peu » … L’un d’entre eux a même verbalement agressé sans la moindre réserve un autre individu en poste sans raison et en présence de croisiéristes ! Compte tenu de tout cela, peut-on considérer que l’offre de transports est suffisamment diversifiée ? Une ligne de bus relie le centre-ville au Jardin de Balata. La commune des Trois-Ilets, zone d’activité balnéaire incontournable, est accessible par l’intermédiaire des navettes maritimes. Quoi d’autre ? Et en parlant de transports, où en est le TCSP ? Coming soon…

La population Martiniquaise, un maillon plus qu’essentiel :

Au-delà des professionnels, qu’en est-il des Martiniquais de façon générale ? Désirent-ils s’impliquer ? Il est trop facile d’attendre une solution miracle de la part du CMT, en les érigeant tels des tout- puissants disposant du pouvoir de faire rayonner notre île. Certes c’est là leur mission première, mais pour y parvenir, le concours de la population est indispensable. C’est là que doit s’éveiller la conscience collective : professionnel ou citoyen lambda, chacun est un ambassadeur de son pays. Cette conscience peut être stimulée par les organismes en charge de la valorisation du territoire. De ce fait, y a-t-il une volonté d’implication de leur part ? La campagne Bâtisseurs de paradis, menée sous la mandature de Karine ROY-CAMILLE a-t-elle eu l’effet escompté, à savoir mobiliser les Martiniquais autour d’un objectif commun ? Au-delà du domaine touristique, remarque-t-on un désir de la part de ces derniers de s’investir en faveur de leur territoire ?

Les croisiéristes, clientèle séduite ou à séduire ?

Il est de coutume de dire que X passagers font escale à la Martinique, mais au final, combien descendent de leur navire ? Parmi ceux qui tentent l’expérience Martiniquaise, combien d’entre eux dépensent, et quel montant dépensent-ils ? Selon le CMT, un croisiériste en escale à la Martinique la saison dernière aurait dépensé en moyenne 69 dollars. Qu’en pensent les exposant(e)s, marchand(e)s, restaurateurs et autres prestataires se trouvant réellement en première ligne ? Nos visiteurs trouvent- ils leur bonheur au point de dépenser cette somme chez nous ? D’ailleurs, que recherchent-ils ? Leurs demandes sont diverses et variées ; néanmoins les tours de ville et excursions dans l’île font partie des plus récurrentes. Les bonnes tables, belles plages et sites incontournables sont également prisés. Gardons en mémoire que certains passagers restent à bord. Pourquoi ? Emettent-ils une réserve pour quelque raison que ce soit ? Craignent-ils pour leur sécurité ? Les agressions à l’encontre de croisiéristes ne sont pas des cas isolés. Sont-ils emballés par la première impression perçue du haut de leur paquebot ? Il est vrai que quitter le navire à 11h au quai des Tourelles n’a rien d’enthousiasmant… Quoi qu’il en soit, il n’appartient qu’à nous de séduire les derniers septiques ! Pour se faire, nombreuses sont les actions à effectuer, parmi lesquelles être présents les jours d’escales spécifiques (dimanche et jours fériés). Cette nécessité, certains l’ont compris, d’autres non. C’est l’occasion de mentionner une citation maintes fois entendue : « de plus en plus de « blancs » vendent notre pays aux touristes ». En même temps, si les personnes en question ont saisi l’importance de répondre présent, peut-on les blâmer ?

La Martinique dans son environnement Caribéen :

Du point de vue géographique, la Martinique est encerclée par des territoires Anglophones, et heureusement pour nous Créolophones ! Car soyons honnête : combien d’entre nous peuvent se targuer d’avoir la capacité d’échanger en Anglais ? En même temps, nous sommes tellement Français et Européens qu’on en oublierait l’identité Caribéenne qui nous lie aux îles voisines. Cela nous amène aux interrogations suivantes : ancienne colonie devenue un territoire Français des Caraïbes biberonné aux valeurs de la République, qui sommes-nous réellement ? Comment les autres nous voient-ils ? compte tenu de la domination anglophone de la zone Caribéenne, pourquoi ne pas mieux nous armer dès le plus jeune âge afin de faciliter les échanges avec nos voisins (et accessoirement les touristes…) ? On pourrait tout aussi bien poser la question dans l’autre sens, mais le Français est loin d’être la langue la plus simple ni la plus parlée au monde… En bref, culturellement parlant, il y a un « mur » à abattre. Maintenant, qu’en est-il de l’aspect politique ? Fini la région et le département, place à la CTM. Outre les changements internes, notons un désir de collaboration matérialisé par l’intégration au sein de la CARICOM (Caribbean Community and Common Market) en 2014 et de l’EOCO (Organisation des Etats de la Caraïbe Occidentale). Ces opérations ne changent rien à la concurrence que se livrent les îles quant à la réception de touristes étrangers. Et dans le domaine de la croisière chacun joue son va-tout. Porto-Rico bénéficie de rapports privilégiés avec les USA ; St-Martin, en plus de sa capacité d’accueil (jusqu’à 9 paquebots par jour environ), est scindé en deux parties (Française et Hollandaise) ; les îles de la République Dominicaine sont incontournables (Saona, Catalina) … Quel est l’argument choc à présenter, la référence faisant de la Martinique une destination unique ? J’irai même plus loin : a-t-on un « ADN » nous permettant de nous démarquer de nos concurrents ? Si oui, quelle est-il ?

Pour voir plus loin :

De nouvelles perspectives de développement voient le jour, englobant diverses activités. Pendant que Cyclo Com et Eco Taxi transportent les visiteurs au cœur de Fort de France, Caribbean Open Tour propose différents circuits, notamment en direction du nord de l’île. Et les innovations ne s’arrêtent pas là : dans une société toujours plus connectée, les Technologies de l’Information et de la Communication prennent encore de l’ampleur. Pour preuve, la création d’une plate-forme de réservation en ligne qui mise sur l’authenticité. Son nom, Beyond The Beach. L’application M’Fort de France proposée par l’Office de Tourisme rend à son tour accessible les richesses de son territoire aux personnes équipées. Une idée originale pour certains, tout simplement logique pour d’autres. Authenticité et originalité : deux mots-clés, deux idéologies, deux philosophies pour un objectif commun, promouvoir. Oui mais comment ? En adaptant les animations du terminal de croisière à la période par exemple (Groupe de carnaval à chaque escale de megaship et peu importe la période : est- ce vraiment une bonne idée ?) … Il est vrai que la majeure partie des escales ont lieu à Fort de France, cependant, d’autres communes font également office de port d’escale. C’est le cas des Anses d’Arlet,

du Marin, ou plus récemment des Trois-Ilets avec le World. Parallèlement à cette dynamique de promotion de richesses diverses et variées, force est de constater que les mêmes noms ressortent depuis des années, la plage des Salines en tête… Terre de richesses, terre d’artisans, la Martinique n’a pas fini d’émerveiller. Encore faut-il que tous acceptent l’idée de la présenter sous ses différents aspects au lieu de se limiter à ce qui a, fut un temps, fait son succès. Mis à part cette forme de rétention volontaire au profit d’une « grappe », un autre frein se présente : les médias. En ce début d’année, un reportage diffusé sur la chaîne TMC n’est pas passé inaperçu chez nous. La raison : la mise en avant de l’aspect négatif du territoire. Certes, les faits ne mentent pas ; violence, drogue et autres activités illicites existent bel et bien chez nous. Néanmoins, quand les images dégradantes se mélangent aux effets sonores, sans oublier quelques « acteurs » bas de gamme, on a l’impression d’être dans un pays si pauvre que la violence devient banale et presque logique. En gros : tout est démesuré… Heureusement, d’autres productions font la promotion de nos richesses. En témoigne le reportage diffusé peu de temps après sur la gastronomie (comme quoi il y a vraiment beaucoup à découvrir chez nous). D’un autre côté, nous Martiniquais, sommes partiellement responsable de ce genre de récits. En effet, sans ces faits de violence, il n’y aurait aucune histoire à raconter. De même, nous sommes savons mettre en avant notre savoir-faire et nous assurer de sa médiatisation. En bref : la balle est dans notre camp, à nous de faire les choix qui s’imposent ; et j’entends par là, nous MARTINIQUAIS.

Au-delà de la croisière :

Dans la lignée des croisières au départ de Fort de France, l’aérien a son importance. Plusieurs vols acheminent chaque semaine des futurs croisiéristes chez nous. Ces derniers passeront une journée sur notre sol avant leur vol retour. L’occasion pour nous de leur donner envie de revenir pour un plus long séjour à l’avenir. Dans cette optique, un argument se dessine : les liaisons aériennes entre la Martinique et de grandes villes Européenne et Nord-Américaines. Je résumerai cela en deux mots : opportunité et succès. Opportunité pour les passagers au vu du prix attractif des billets ; succès pour les compagnies qui au passage nous les servent « sur un plateau ». L’exemple le plus marquant est celui de Norwegian reliant notre île aux USA. Après une première saison réussie, la compagnie va réitérer l’opération fin 2016. En plus de la possibilité pour les Martiniquais de découvrir les Etats-Unis, c’est là une véritable opportunité pour notre territoire.

En conclusion, posons-nous la question suivante : au regard des différents éléments présentés ici, la Martinique mérite-t-elle son étoile ? Tout Martiniquais fier de son pays et conscient de son potentiel accueillera cette reconnaissance à bras ouverts. Toutefois, en tenant compte des lacunes observées dans certains domaines, il faut être réaliste : il y a un travail de fond à effectuer afin de mener notre île au sommet. Néanmoins, l’évolution suit son cours. En témoignent les acteurs de l’aérien et de la croisière, toujours plus nombreux, qui font escale chez nous. Afin de répondre à une demande qui espérons-le sera croissante, chacun devra se muer en ambassadeur et accompagner le travail déjà entrepris par les professionnels. D’ailleurs, au-delà de la croisière ou même du tourisme en général, il est question de l’orientation que nous, Martiniquais, souhaitons donner à notre île. Une étape a été franchie sur le plan institutionnel avec la CTM. L’économie, la culture et tous les autres aspects qui caractérisent notre société seront amenés à évoluer de la même façon. Il nous appartient donc de prendre part à ce changement, voire l’initier. C’est à nous de façonner notre Martinique afin d’être vus non pas comme les médias veulent nous présenter, mais comme le peuple Authentique que nous sommes.

Cyril RENCIOT