Par Yves-Léopold Monthieux

Il fallait être particulièrement naïf pour voir dans sa candidature aux élections municipales de Ste Anne une initiative individuelle de Gilles Belmo, l’attaché parlementaire de Jean-Philippe Nilor. C’est plutôt la discipline et l’ordre qui règnent au Mouvement indépendantiste martiniquais. De même il serait trop facile de lier cette initiative à la reprise des divergences de jadis, entre le MIM et le MODEMAS.

Lorsque Alfred Marie-Jeanne s’est senti en mesure de conquérir le pouvoir local, il a cessé de s’isoler des autres mouvements indépendantistes. C’est ainsi qu’il s’est agrégé le PALIMA et le CNCP, allégé de son chef historique, et pris sous sa coupe l’écologiste Louis Boutrin. Mais l’ancien président de la région n’est pas homme à s’attirer inutilement des ennemis et il a su domestiquer le MODEMAS et son leader, Garcin Malsa. Aussi, a-t-il laissé son collègue à son combat pour l’environnement et à son convoi pour la réparation. La candidature qu’AMJ soutient ne saurait être qu’un moment de la stratégie de conquête du MIM, conduite par lui-même.

L’ancien président de la Région n’a pas su rester indifférent à la faiblesse apparente du maire de Ste Anne. Les derniers scrutins attestent que ce dernier, qui n’a pas préparé sa succession, pourrait avoir entrepris le combat de trop. Dès lors, AMJ pouvait-il assister tranquillement à ce que les choses se passent et que la commune tombe, par exemple, dans l’escarcelle du PPM ? Ce comportement attentiste n’est pas dans la nature du très probable futur candidat à la présidence de la collectivité unique. D’où son activisme pour placer ses hommes un peu partout dans l’île, récupérant les uns, comme à Ducos, s’en ajoutant d’autres, notamment au Lorrain (à ce qu’on dit), et au Gros-Morne où l’ancien maire PPM aurait disparu. Pas forcément pour le MIM !

Depuis son coup de force réussi aux dernières législatives, AMJ ne s’est pas beaucoup reposé, et puisque Malsa n’a pas su se donner un successeur, il lui en propose un. Ainsi donc, le maire sortant est cerné par son adversaire de droite, Jacques Guannel, et par deux autres candidats de gauche. Comment sortir de cette étreinte, se demande l’homme qui se dit, par ailleurs, le mal-aimé de la presse ? Certainement pas par l’énervement et la bousculade.

19 mars 2014