Tribune – Yves-Léopold Monthieux - Ce lundi soir, Louis Boutrin, l’un des auteurs du second livre paru sur Alfred Marie-Jeanne, était reçu par Roland Laouchez dans l’émission de KMT, « 100% Politik ». Bien entendu je ne commenterai pas le contenu de ce livre écrit à quatre mains, qui n’a rien à voir avec le mien. L’un est écrit à la gloire de l’homme qui désignera ceux et celles qui le suivront sur la liste qu’il conduira à l’élection de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM). Tandis que le premier ouvrage paru – le mien – est une analyse sans concession faite du bilan d’un homme politique qui aura marqué son époque. Les mérites et ses faiblesses de celui-ci y sont soulignés, ses succès et ses échecs, relevés.

Deux éléments ressortent de l’entretien, qui m’ont particulièrement frappé. M. Boutrin a eu le plus grand mal à donner un contenu au mot « vertical » qui figure dans le titre de  l’ouvrage, accolé au nom d’Alfred Marie-Jeanne. Je ne parlerai pas ici  de mon opinion sur cet adjectif, qui peut se retrouver dans mon ouvrage et est encore explicité dans l’interview que m’a accordée Roland Laouchez à 100% Politik, qui devrait être diffusée ce prochain lundi. Le portrait d’Alfred Marie-Jeanne ayant paru deux ou trois jours après l’annonce de mon livre sur Politiques publiques, « AMJ, la fin d’une époque », j’avais aussitôt compris que la publicité surprenante faite dans France-Antilles d’un autre livre sur AMJ, qui allait être publié seulement deux mois plus tard, pouvait avoir pour but de « koubarer » le mien, face au grand public. En effet, le parallèle fait entre l’ouvrage à venir et le vrai Confiant, « Aimé Césaire, la Traversée paradoxale du siècle », m’avait paru étonnant. Il semble bien que la nécessité d’agir vite ait trahi le discours des co-auteurs tendant à faire croire qu’AMJ était demeuré dans la totale ignorance du contenu et de la parution du livre qui vante ses mérites.

Cependant une révélation a échappé à la vigilance de Louis Boutrin. Le titre du livre, a-t-il dit lundi soir, a été choisi d’un commun accord entre les auteurs et AMJ lui-même. Je me souviens qu’au cours d’un débat télévisé, à son interlocuteur qui l’avait désigné comme « le roi du plateau Roy », il n’avait pas boudé son plaisir en reconnaissant publiquement que la formule lui convenait très bien. Il n’est donc pas celui qui refuserait la  proposition de ses deux admirateurs. Ceux-ci n’ont fait que piquer dans la bouche de leur gourou l’une de ses formules préférées lorsqu’il se fait l’auteur de ses propres louanges : « je suis homme vertical ». J’ai écrit dans mon précédent livre que le « président doit tout faire lui-même ».

Le second mobile de l’entretien s’est caractérisé par la charge portée contre le PPM et tout ce qui y ressemble. L’auteur aurait voulu démontrer que son livre avait pour unique vocation d’être un support de campagne électorale de Marie-Jeanne qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Faute de pouvoir apporter des troupes à ce dernier, n’est-ce pas le meilleur moyen de justifier des prétentions à figurer en bonne place sur la liste électorale du RDMIM and Co ? On aura pris soin, cependant, de déclarer qu’en fait de charge, c’est plutôt mon livre qui, bien que n’ayant pas été lu, aurait cette fonction de rentre-dedans, qu’ils me reprochent de diriger contre AMJ. Même le directeur de Politiques publiques, soupçonné de faire partie des adversaires politiques, a vu étaler ses antécédents sur le plateau de KMT. En effet, le conseiller régional d’AMJ fait mine d’ignorer l’une des caractéristiques essentielles de ce site, qui est l’ouverture de ses lignes à tous, y compris à lui-même, y compris aux amis d’AMJ, lesquels ne se privent pas d’y apporter leurs contributions. Une ouverture qui l’a même poussé à contacter Louis Boutrin en février dernier pour pouvoir publier un article sur le livre co-écrit avec Raphaël Confiant. Ainsi donc, selon Louis Boutrin, ce ne serait pas le rôle de ce site dédié à l’information et à l’analyse politique d’ajouter à son arc économique une maison d’édition pour continuer à faire vivre le débat public, ni d’éditer et de publier un livre d’informations et d’analyses politiques. M. Boutrin n’a pas dit s’il fallait y traiter, de préférence, de musique ou de petits pois.

En réalité, dans sa charge globale contre le PPM, c’est la personne du directeur qui était visée, à raison de son ancienne proximité avec ce parti politique (dont il a démissionné en 2008, avant même la création de Politiques Publiques).

Il ne s’est pas beaucoup répandu sur l’auteur de cette tribune, sauf pour dire, sans en donner les raisons, qu’il était normal que l’ouvrage écrit par Yves-Léopold Monthieux ait été censuré. Il n’a pas dit pourquoi. Mais il n’avait pas besoin d’en rajouter puisque AMJ avait déjà, sur sa radio captive, RLDM, versé son compte de fiel sur celui qui affirme tout simplement une vérité incontestable, et incontestée par Louis Boutrin :« Alfred Marie-Jeanne, la fin d’une  époque ».

Yves-Léopold Monthieux, le 14 avril 2015

 

Pour une opinion citoyenne sans préjugés, nous vous invitons à parcourir l’ouvrage d’Yves-Léopold Monthieux, disponible dans la plupart des librairies et en ligne sur Politiques Publiques