Par Florent Grabin*

L’élaboration de stratégies de développement durable est une réalité. Le développement durable est un mode de croissance qui semble assurer l’équité sociale et permet le progrès économique tout en préservant les ressources et les écosystèmes environnementaux. Partout, ces stratégies visent donc à atteindre un équilibre entre les piliers social, économique et environnemental des processus de croissance. Désormais, les systèmes de transport se doivent d’être économiquement rentables et viables quant à l’environnement et favorables aux communautés, qui les accueillent. Dans ce contexte, le transport maritime aurait un rôle majeur.

Préoccupé par cette situation, le Directoire du Grand Port Maritime de la Martinique (GPMM) a saisi l’opportunité que nous offrent les grandes mutations dans le transport maritime afin de moderniser notre port. En mai 2013, l’ensemble des associations écologiques martiniquaises fut invité, pour une concertation, par le directeur du GPMM, quant au projet d’extension du port de Fort-de-France ; ce, en vertu de l’article L 300-2 du Code de l’Urbanisme.

Honorant cette invitation, c’est sans surprise que nous avons découvert que nous y étions seuls. Refusant d’être comptables de l’irresponsabilité de certaines associations, nous avons sollicité la présentation de ce projet.

Dès les grandes lignes de ce dernier, nous avons relevé qu’il s’agirait d’une grande opportunité pour la Martinique qui s’ouvrirait enfin sur le Bassin Caribéen. Les dirigeants en charge du développement économique de notre pays ne pouvaient pas rester en marge des retombées provoquées par l’élargissement du Canal de Panama et de la mutation de l’industrie maritime. Avec la restructuration des bateaux quant à leur dimension, les opérations de transbordements sont devenues impossibles pour approvisionner les autres îles de la Caraïbe. Alors, au moment où tout le monde revendique la coopération caribéenne il aurait été curieux de ne pas mettre en avant les compétences que nous avons sur place.

Afin d’éviter que cette réalité ne nous échappe, nous avons posé les questions essentielles à la protection de l’environnement. À notre grande stupéfaction, nous avons découvert agréablement que cet important volet de protection de l’environnement était la préoccupation première de l’opérateur. Mais, le diagnostic initial du site et de l’environnement nous a permis de constater l’état de la dégradation des fonds marins du fait d’un apport continu de vase et d’alluvion.

Constatant qu’il était possible de dialoguer et que ce projet permettait d’être l’élément fédérateur de dépollution de la baie de Fort-de-France, nous avons proposé différentes options qui ont été retenues. Fort de cette fervente volonté de protection de notre environnement, nous avons transmis le contact de nos experts, dont ceux qui ont dépollué l’Étang de Thau dans la Méditerranée.

Aussi, nous exhortons tous ceux qui veulent sauver la riche biodiversité de cette zone à se rapprocher des services du GPMM pour mettre à disposition leurs connaissances.

Percevant que ce projet n’était pas fermé, que le Maître d’Ouvrage et le Maître d’Œuvre n’étaient pas indifférents au devenir de nos fonds marins, nous avons émis un avis favorable à l’extension du Port de Fort-de-France Pour Une Martinique Autrement.

Pour l’association écologique PUMA

Le Président Florent GRABIN