Lettre ouverte des personnels du lycée Schoelcher : « Oui, nous continuerons d’exister ! » | Le dossier du lycée Schoelcher a déjà fait couler beaucoup d’encre. Si pour beaucoup, c’est un feuilleton à multiples rebondissements, pour la communauté scolaire, il n’en est rien, d’où notre volonté, via cette lettre ouverte, de rétablir un certain nombre de vérités.

Tout d’abord, s’il en était besoin, nous réaffirmons que nous voulons que le lycée soit reconstruit. Nous avons à cœur la sécurité et le bien-être des élèves, et nous sommes ceux qui année après année avons rassuré les élèves inquiets quant à leur devenir, et permis leur réussite malgré des conditions difficiles, tant ce dossier est inextricable.

En Février, la communauté scolaire a appris que le propriétaire avait pris la décision de vider les locaux impérativement au 1er Septembre, sans même s’inquiéter du devenir des élèves et des personnels. Quand le Président du Conseil exécutif a signifié par courrier à la Rectrice que le Lycée Schoelcher n’accueillerait personne à la rentrée 2016 et que le lycée de transit était abandonné, il n’a offert aucune solution de relogement.

Est-ce là l’attitude de quelqu’un qui prétend s’inquiéter de la jeunesse martiniquaise ?

Devons-nous comprendre que la CTM se dégage de cette responsabilité quand il s’agit du Lycée Schoelcher ?

A aucun moment, la communauté n’a été informée de ce qui se tramait en coulisses. Nous avons appris par voie de presse, ce qui s’était décidé dans notre dos. Il ne s’agissait pas pour nous de prendre part à des décisions qui ne nous incombent pas, mais de se voir témoigner un minimum de respect en tant que premiers concernés dans ce dossier. La communauté a très mal vécu cette manière de procéder et s’est sentie méprisée et humiliée. Aujourd’hui encore, nous ne savons toujours pas pourquoi la solution réfléchie et fruit d’une collaboration entre la communauté et la collectivité de tutelle a été balayée d’un revers de main. Nous refusons de croire qu’il s’agit simplement d’une décision autocratique liée à la perception d’un seul individu qui trouve que le site de Fouche est un « ghetto ». Il est impensable qu’un travail long de réflexion soit foulé aux pieds, sans autre forme de procès.

Comment comprendre que face à cet état de fait, la Rectrice n’ait jamais interpelé la CTM quant à son obligation de proposer une solution de relogement ? Comment comprendre que ce soit la Rectrice qui se substitue à la CTM et propose ainsi l’option d’une relocalisation sur les sites Bellevue/ Pointe des Nègres ? Comment comprendre que la Préfecture ne se manifeste qu’en mai ?

L’avant dernier épisode nous plaçait à cheval entre les lycées Acajou I et II. Au mieux c’est une farce grotesque, au pire, une énième marque de mépris.

Aucune des solutions évoquées ne permettait à ce stade d’envisager la rentrée avec sérénité.

Les conséquences de cette gestion calamiteuse du dossier sont une fuite massive d’élèves, des stratégies d’évitement du lycée par les familles, des élèves et des personnels perdus.

Faut-il croire que c’était une décision concertée de rayer de la carte le lycée Schoelcher ? Que tout était couru d’avance et que le but ultime était d’avoir la peau du lycée Schoelcher ? A l’heure actuelle, il est difficile de penser autrement…

Aujourd’hui, à trois mois de la rentrée, nous sommes encore dans l’incertitude. Une solution nous a été présentée comme définitive par les représentants de la CTM, à la date du vendredi 3 juin. Il s’agissait à nouveau du scénario de localisation sur les sites Bellevue/Gaillard. Ce même jour, la mairie de Fort-de-France annonce qu’elle a demandé l’arrêt immédiat des travaux.

A quel moment les uns et les autres se soucient-ils vraiment du devenir de cette communauté ?

Il nous semble aujourd’hui que la position de l’UPEM (rentrée 2016 sur le site actuel du lycée Schoelcher, avec un déménagement en cours d’année sur le site achevé de Fouche) reste la plus acceptable.

En tout cas, une chose est sûre : nous nous battrons pour que le lycée Schoelcher accueille à la rentrée 2016 et pour longtemps encore des élèves et nous l’espérons de nouveaux que nous amènerons à la réussite, comme tous ceux qui les ont précédés.

Inscrire son enfant au Lycée Schoelcher est maintenant un acte militant nécessaire pour que perdure cet élément essentiel du patrimoine et de la culture martiniquaise.

Cet établissement a vu passer, a formé et formera encore des générations entières de martiniquais qui continuent et continueront de faire vivre l’âme du lycée Scheolcher.

Nous espérons que vous nous renouvellerez votre confiance et savons pouvoir compter sur l’engagement de tous pour que le lycée Schoelcher puisse continuer à vivre.

 

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