Le photographe Jean-Philippe Breleur expose une vingtaine d’œuvres réalisées par impression sur Plexiglass, entre 2014 et 2016. L’artiste dénonce à sa manière les conséquences des évolutions technologiques.

On est d’abord surpris par l’intensité de la couleur,  Elle dégage de la puissance tout en demeurant harmonieuse et structurée. On est ensuite happé par la recherche des symboles qui figurent dans les tableaux. Ici et la, les pictogrammes et références aux produits chimiques, rappellent la dangerosité de nos industries, de nos commerces. L’utilisation de la technique dit de la peinture numérique  ou digital painting a été choisie pour faire le lien avec le progrès, l’évolution des technologies et leur impact sur la nature,  et sur nos sociétés. « C’est un travail que je développe avec l’aide d’un ordinateur avec l’apport de plusieurs autres média, comme la photographie ou encore le dessin ». En préambule, un texte nous donne la clé de la démarche de l’auteur. « Les vanités sont un genre singulier de la nature morte évoquant l’éphémère du vivant. Cette notion semble s’atténuer par les possibilités d’une science qui permet le prolongement de l’espérance de vie dans des sociétés où l’accumulation des savoirs a largement contribué à l’évolution de nos modes de vie.

Bien entendu le progrès, qui assure profusion de biens matériels et la possibilité d’un confort individué pour une part du monde, menace aujourd’hui clairement l’équilibre planétaire, tout entier. Les sociétés modernes où les limites semblent sans cesse déplacées dévoilent, par un positivisme exacerbé, qu’une telle entreprise porte également à conséquence. Le paradoxe relèverait désormais d’une finitude à mesure que les processus d’individuation se développent, dans une entropie capitaliste aveugle et sourde au truchement du «mementomori». C’est l’ambivalence d’un progrès en apparence sous contrôle dont nous ne mesurons parfois les effets pervers qu’à revers. »

Jean-Philippe Breleur nous met en garde contre le développement irraisonné de nos sociétés à travers les dérives des industries comme par exemple chez nous la présence de la chordécone dans le sol martiniquais et aussi dans les eaux. «  Ca m’a amené à me poser des questions sur le type d’agriculture à mener sur notre petit territoire. La persistance des produits dans le sol c’est quelque chose qui m’a frappé… cela nous questionne sur les industries et les technologies dont on ne mesure pas toujours les conséquences. Je pense au drame de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon en 2011. C’est un problème qui n’est toujours résolu et qui aura des répercussions sur les générations à venir.

L’exposition qui se tient à la Véranda de Tropic Atrium est visible jusqu’au 30 avril 2016, et elle vaut le coup d’œil.

Références :Céline Lafontaine ‘l’empire cybernétique : des machines à penser à la pensée machine ( Sciences Humaines), Michel Foucault

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