Pour Louis Maugée, syndicaliste et militant de Combat Ouvrier, les patrons du BTP, qui menaient une campagne d’affichage ces dernières semaines, et manifestent ce jeudi, « pleurent le ventre plein ». Un argument développé sur la page facebook de son organisation politique. 

Les patrons du Bâtiment et des Travaux Publics ont lancé une campagne intensive de lobbying pour obtenir de nouvelles aides du gouvernement.

Ils ont réalisé des campagnes d’affichage sur panneaux quatre par trois. On peut y lire le message suivant : « NON à la mort du BTP. Plus de 20 000 familles en deuil. Ne produisons pas de nouveaux chômeurs ». Et pour faire bonne mesure, ils ont choisi de faire figurer à côté de leur message la photod’un cercueil et d’une gerbe ornée de la mention « la commande publique ». Dans le même temps, une délégation de patrons du secteur fait du lobbying en France, auprès de représentants du gouvernement, pour quémander des aides supplémentaires. On a ainsi pu entendre sur les radios un représentant local de la profession pleurer misère et « tirer la sonnette d’alarme ». Ces messieurs ne manquent pas de culot.

Énième jérémiade
Car cette campagne, qui coïncide avec le débat sur la « loi travail », constitue une énième jérémiade des patrons du secteur qui, depuis des années, s’en mettent plein les poches. Lors de tous les grands chantiers qui ont été menés, ils se sont organisés pour sécuriser leurs profits et ne proposer que des contrats précaires (CDD, intérim) aux ouvriers.
Aujourd’hui, à travers cette campagne de communication, ils tentent de se donner le beau rôle et de se poser en véritables défenseurs des ouvriers du secteur. Or ce sont ces mêmes patrons qui refusent de négocier des augmentations significatives de salaire et sollicitent les plus habiles conseillers juridiques pour mener la vie dure aux ouvriers en général et aux militants syndicaux en particulier.

À travers cette campagne, les patrons du secteur cherchent à masquer leurs responsabilités. Ils mettent en avant la baisse de la commande publique, c’est-à-dire des collectivités, de l’État et autres établissements publics qui ne lanceraient pas de grands chantiers. Mais ils omettent de dire qu’ils bénéficient des largesses des gouvernements successifs (subventions, exonérations, remises de dettes fiscales et sociales) et de la très grande compréhension des politiques de tous bords.

Vieille habitude
Et en définitive, cette campagne apparaît pour ce qu’elle est : du lobbying pour avoir toujours plus, sans rien donner en contrepartie. Une vieille habitude du patronat en général.

 

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