Par Florent Pancaldi

« Suite à cet accident mortel à Dillon – un de plus direz-vous, mais c’est surement un de trop – une vie s’en est allée depuis et peut être un jeune homme sera handicapé à vie. Je me permets de revenir sur les causes et le mal profond de notre société qui mettent à nu toutes les dérives possibles et imaginables. Mais y a t-il un coupable ou des coupables ?

C’est tout un pan de la société qui vacille quand on constate la situation, je dirais urbaine de notre pays et de bien d’autres, où la rue est une vraie jungle à ciel ouvert.
Dans un contexte social fragilisé par le chômage quasi endémique, l’échec scolaire pour trop de jeunes et le mur sociétal (langage, mœurs, tendances, modes…) qui s’érige jour après jours entre les parents et une certaine jeunesse qui n’en a cure de l’éducation, des remontrances, voire même des punitions. L’éducation de nos enfants bien souvent est mise mal par « la rue » et les mauvaises fréquentations.

Je m’insurge contre ce drame qui n’aurait jamais du se produire, contre cet accident débile et ce malheur qui frappe une famille. Pourquoi ?
J’en reviens à la jungle qui s’installe jour après jours dans nos rues, dans nos villes, dans nos cités, au climat délétère de violence gratuite, de l’incompréhension grandissante et même de l’indifférence qui semble gagner notre société en rognant au centuple la belle éducation que nos parents nous ont transmis.

Je m’insurge contre la propagation inquiétante de centaines de jeunes qui semblent pousser comme la mauvaise herbe au bas des immeubles, dans les coins de rue, en petites bandes, vociférant bien souvent, manifestant souvent leur mépris de nos dirigeants et de la société en général. Une véritable maladie prend forme tout à côté de nous, parce que beaucoup de nos jeunes sont seuls et abandonnés, et ce dès leur plus jeune âge. L’alcool et les joints sont ils la solution à leur détresse ?

La faute à la société nous diront beaucoup ?
La faute aux politiques qui nous gouvernent ?
La faute à nous même qui n’avons plus le temps de regarder nos enfants ?
Parce que nous avons nos propres soucis, diront d’autres ?
Où tout simplement l’abandon des valeurs et de la vraie raison de vivre, dirais-je !

Car quand on constate que nombre de deux-roues en circulation ne sont pas assurés, que pratiquement tous les cyclomoteurs et autres engins bizarres, véritables épouvantails roulants, sans carrosserie ou tout simplement déshabillés, sillonnent les rues à la vitesse des comètes, sans aucun souci des Feux Rouges, ni du citoyen qui traversent aux passages protégés, sans regard pour la sécurité d’autrui ni de soi-même.
C’est là, la vraie raison de ce drame, car quand on voit des gars qui s’amusent à faire « cabrer » leur moto en pleine circulation, à effrayer les badauds, à chercher à éblouir des filles, et les copains qui trouvent cela bien rigolo, donc normal.

Quand je vois tous ces accidents, toutes ces sirènes d’ambulances qui de leur plainte désespérante transportent des blessés, comme on disait dans le temps « yo pren yonn ».

Quand je vois tout ce chahut qui dérange le chaland et qui effraie certainement les touristes que nous courtisons avec tant d’énergie et qui nous font l’honneur de visiter notre île, devenue si différente de ce qu’elle était il y a peu.
Alors quand je vois cette insécurité galopante, qui n’est certainement pas liée à cet accident, mais qui participe à l’installation progressive dans notre pays d’une forme de marginalisation et de balkanisation de la société et par là même de notre quotidien.

Alors n’est t-il pas temps de s’insurger contre la dispersion des forces vives dont nous avons tant besoin ici ?

N’est-il pas temps d’ouvrir les yeux et de voir que notre belle sérénité toute antillaise, que notre joie de vivre légendaire n’est plus que chimère.
Et que d’ici peu si nous n’y prenons garde, nous ne pourrons plus oser sortir sans crainte, sans risque, sans arrière pensée négative…

Alors la société, notre société doit prendre soin d’elle même. Nous devons regarder la réalité bien en face, plutôt que de dire que c’est partout pareil.
Je refuse d’entendre ce genre de réponse synonyme d’abandon, de résignation, sinon à quoi bon faire le choix de rester vivre dans son pays pour voir notre qualité de vie se dégrader ainsi jour après jour.

Il est grand temps que la moralité revienne dans nos chaumières, que l’éducation, la vraie, soit revisitée et remise au gout du jour.
Il est grand temps que, tous, nous ouvrions les yeux avant qu’il ne soit trop tard et pour bien d’autres raisons dont nous connaissons les origines.

Il est grand temps aussi de bien aimer notre pays et de lui donner une juste dimension à la hauteur de nos rêves… »

Suivez nous sur Twitter @polpubliques