Jean-Claude William est Président du MAP (Mouvement des Autonomistes et Progressistes).

CLARIFICATION NECESSAIRE : UN VOTE. DEUX VOIES

« Beaucoup de nos compatriotes, à Droite comme parmi les partisans de la troisième voie, celle du MAP se demandent pourquoi à l’occasion des deux consultations populaires, nous ne faisons pas, les uns et les autres, cause commune. De fait, nos mots d’ordre sont les mêmes. NON, le 10 janvier à l’article 74, OUI, le 24 janvier à l’article 73.

Raisonner ainsi revient à penser que seul le résultat compte. En l’espèce, les raisons du vote comptent davantage encore.

Les Autonomistes et Progressistes refusent l’ambigüité. Il est vrai que nos votes sont identiques mais sur des bases bien différentes.

Prenons l’article 74, la Droite le refuse par principe refusant l’autonomie dont elle feint de croire qu’elle est l‘antichambre de l’indépendance. Le Président de la République dont elle se réclame sans arrêt l’avait pourtant tancée lors de son Discours à l’Aéroport Aimé Césaire, indiquant qu’il ne fallait pas agiter l’épouvantail de l’indépendance. Le système juridique français ne prévoit aucun mode d’accession à l’indépendance.

Notre opposition à l’article 74 est tout autre. Nous ne refusons pas l’autonomie, tant s’en faut. Nous nous affirmons partisans convaincus de l’autonomie au sein de la République française et dans le cadre de l’Union Européenne. Mais l’article 74, tel qu’il est proposé ne saurait nous convenir. Nous y reviendrons de manière détaillée dans un prochain article.

Pour l’article 73, il en va de même. Nous avons avec la Droite, et avec tous les autres courants politiques, un point d’accord. L’Assemblée Unique. Pour le reste, c’est-à-dire l’essentiel, nous divergeons totalement.

Pour la droite, il s’agit d’un aménagement, d’une rationalisation de la décentralisation. Bref, c’est un point d’arrivée. En ce qui nous concerne, c’est un point de départ. Redisons-le, notre revendication est l’autonomie obtenue dans le cadre d’une démarche évolutive et reposant sur un Projet de société basé sur une approche novatrice, prospective de l’économie. Nous voulons tirer tout le parti possible de nos atouts qui sont réels et de la réalité d’un monde en totale mutation. Nous avons, à plusieurs reprises développé notre conception mais nous y reviendrons inlassablement tout au long des semaines à venir. Ajoutons que pour nous, le projet de société doit avoir un volet culturel, essentiel à nos yeux.

La position du MAP est la troisième voie, la seule voie pour une responsabilité pleinement et collectivement assumée.

Faire campagne commune avec la Droite serait abuser les Martiniquais qui seraient conduits à penser que c’est « blanc bonnet et bonnet blanc ». Tel n’est pas le cas.

A partir de là, nous disons que la discussion est possible. Plus, elle est souhaitable. Dans la clarté. Notre démarche est évolutive, il n’est pas irréaliste de penser que certains membres de la Droite pourraient faire un « bout de chemin » avec nous et même pourraient, nous connaissant mieux, comprendre la justesse de notre vision de l’avenir de la Martinique. La porte n’est donc pas fermée. Nous devons parler entre Martiniquais mais en refusant les accords de circonstance, purement électoraux, conclus dans le dos du peuple. Clarté et sincérité sont les conditions incontournables du dialogue. »

Jean-Claude WILLIAM.