Tribune – Serge Châlons, Comité Devoir de Mémoire Martinique | Pour ceux dont la question de l’esclavage hante les imaginaires :

On peut parler d’une complexité inouïe

«30 millions de personnes, d’origine et de cultures diverses, projetés dans un univers inconnu, soumis à une violence extrême… sans espoir de retour en arrière… dans un continuum de plus de trois siècles, avec obligation de refonder une espérance, un espace de vie humaine possible, c’est à dire l’obligation d’aller de l’avant coûte que coûte…

Rupture avec son lignage, ses ancêtres, sa culture, c’est à dire ses modèles, ses repères, ses mythes et croyances …

 Nous avons jusqu’ici une difficulté extrême à penser « l’expérience du gouffre » (Glissant)

Expérience sans nom, sans individus, sans visage… résumée sous un seul vocable : l’esclavage !!!

 

De plus, comme nous l’explique madame Ho Fong Choy Choucoutou, l’image qui nous était renvoyée, au sortir de l’esclavage, était celle d’esclaves soumis, congénitalement inaptes à la liberté (toute la littérature blanche des Amériques noires : La case de l’oncle Tom par exemple…) quand on nous en parlait…

 

Comment émerger d’une « culture née de mère inconnue »? (Bertème Juminer*)

De plus, nous avons l’habitude de parler de l’Afrique…

Il n’y a pas UNE Afrique.

C’est une expression globalisante, un fourre-tout de la langue du trafiquant d’esclaves, puis du colon, qui y a jeté pèle mêle tout ce qui est nègre !

Pourtant, ce sont différentes cultures, différentes manières d’être au monde, différentes langues, qui ont abordé le continent Amérique, avec l’obligation de s’entendre, de se comprendre, de s’inventer une nouvelle communication dont la langue ou la culture du maitre sera le ciment !

Certains résisteront jusqu’au bout à la négation de leur être, la majorité n’aura d’autre recours face à la force et la violence, que de construire des stratégies de survie, protéiformes, multiples, insondées… !

Chaque individu ayant la sienne au gré des contextes… Imaginez !!!

 

Ces stratégies de résistances ou de résilience témoignent de vitalité créatrice de l’homme, de la Vie tout simplement que l’on retrouve partout sur cette planète, y compris dans des contextes les plus hostiles, car les hommes sont  aussi partie du vivant, en osmose obligée avec leur environnement, qu’il soit naturel ou conçu de toutes pièces !

 

Dans cette lutte pour la survie au quotidien et ses obstacles insurmontables qui rendaient quasi impossible la projection dans le futur, une des stratégies de survie a été la nécessité de sublimation créatrice : musique, danse, langue, porteurs de nouveaux codes, de nouveaux repères, de nouveaux espoirs…

 

Quoiqu’on dise, malgré tous les stratagèmes d’abêtissement, d’abrutissement, d’infériorisation, de tentative de négation du soi, les esclaves savaient qu’ils étaient des humains et cette conscience-là, toujours présente pendant ces trois siècles est fondamentale  (Max Ifill*)

 

Cette quasi mutation génétique, va donner aux nègres, au lendemain d’une prétendue libération, dont ils se méfieront longtemps, la capacité de reprendre un rôle d’acteurs de leur histoire, acte fondateur de sociétés.

 

Nous en sommes la prolongation,

 

Mais on leur a demandé d’oublier ! L’oubli comme nécessité absolue pour restaurer la « paix sociale » ! Imposé de façon unilatérale avec amnistie pour les fauteurs de trouble du 22 mai, instrumentalisé pour permettre aux groupes sociaux antagonistes de continuer à exister !

 

Mais après ce « raturage de l’histoire » (Édouard Glissant), ce raturage de nos mémoires…

Qu’en est-il des conséquences de ce traumatisme majeur sur les générations qui ont suivit jusqu’à la nôtre… ?

 

« On ne saurait vivre sans mémoire … ni avec la mémoire d’Autrui » (B Juminer)

 

Nous vivons actuellement dans une culture de plus en plus mondialisée, interconnectée, mais en même temps déconnectée

Avec sans doute moins de capacité vitale, que ces ancêtres qui ont eu face à eux, à franchir un mur d’ignominies, sans limite, dont nombre d’entre nous n’ont toujours pas pris conscience !

 

Nous nous rendons compte aussi que les changements culturels, sociétaux, se profilent et se modèlent sur une à deux générations (fast food, portable, ordinateur, électronique, start up, business models…)..

 

Alors comment parler de l’impact du traumatisme de l’esclavage sur des gens qui n’ont aucun souvenir de l’esclavage, percu comme une honte dont il faut se soustraire, ou pour d’autres qui ne veulent même pas l’imaginer, ou d’autres qui veulent qu’on en finisse certain allant même jusqu’à presque nier le fait qu’ils en sont affiliés…

 

En fait la transformation vers une culture mondialisée avec de « nouvelles références » mais qui transporte les même mythes et croyances des anciens colaons, est d’autant plus aisée, brutale et rapide que notre accroche au passé est faible, ou manque de sens profond

 

Je me rappelle que mon père est de 1917, son père des années 1870 et que mes arrières grands parents ont vraisemblablement connu l’esclavage !

Alors, que nous reste-t-il de ces siècles de turpitude et d’effroi, qui a pu arriver jusqu’à nous et traverser nos vies ?

Peut-on en reconnaître les traces, qualifier les impacts de positifs ou de négatifs, et au regard de quelles références ?

Ces survivances, ces impacts, sont-ils individuels ? Collectifs ?

Quels sont les domaines concernés ?

Il m’importe peu de les qualifier, persuadé de la réalité d’un monde en perpétuelle mutation. Le positif pour l’un pouvant se révéler être destructeur pour l’autre.

 

Il s’agit plutôt de tendances…si l’on veut tenir compte de cette complexité du monde

 

Pour répondre à ces questions, nous sommes allés chercher des outils d’analyse extrêmement récents qui nous aident à comprendre le transgénérationnel dans ses différentes composantes physiques, psychiques émotionnelles, symboliques…, car comme nous le disait Lacan, nous évoluons dans une dynamique interactive entre le réel, l’imaginaire et le symbolique !

 

De nombreuses tentatives ont été faites pour expliquer le transgénérationnel, mais de façon inopinée, c’est de la biologie que nous est venue une réponse qui reste encore à affiner.

Il s’agit de l’épigénétique.

L’épigénétique  Def de Wikipédia, (du grec ancien ἐπί, épi, « au-dessus de », et de génétique) est la discipline de la biologie qui étudie les mécanismes moléculaires qui modulent l’expression du patrimoine génétique en fonction du contexte

Dans l’histoire de ce sujet d’étude, l’épigénétique est d’abord mise en évidence par la différenciation cellulaire puisque toutes les cellules d’un organisme multicellulaire ont le même patrimoine génétique, mais l’expriment de façon très différente selon le tissu auquel elles appartiennent. Puis ce sont les possibilités d’évolution d’un même œuf en mâle ou femelle chez les tortues, en reine ou ouvrière chez les abeilles, qui prouvent que des mécanismes peuvent lier des facteurs environnementaux et l’expression du patrimoine génétique.

En matière d’évolution, l’épigénétique permet d’expliquer comment des traits peuvent être acquis, éventuellement transmis d’une génération à l’autre ou encore perdus après avoir été hérités. La mise en lumière récente de ces moyens épigénétiques d’adaptation d’une espèce à son environnement est « la grande révolution de la biologie de ces 10 dernières années »5 car elle montre que dans certains cas, notre comportement agit sur l’expression de nos gènes

« L’épigénétique est l’étude des changements d’activité des gènes — donc des changements de caractères — qui sont transmis au fil des divisions cellulaires ou des générations, sans faire appel à des mutations de l’ADN. »

Par exemple, une même larve d’abeille deviendra une reine ou une ouvrière en fonction de la façon dont elle est nourrie, et un même œuf de tortue peut éclore en mâle ou femelle en fonction de la température. Il s’agit bien de l’expression du même code génétique global, mais des facteurs environnementaux ont sélectionné une expression plutôt qu’une autre, chacune étant disponible dans la « base de données » génétique.

Autrement dit, l’épigénétique gouverne la façon dont le génotype est utilisé pour créer un phénotype,

Par des processus de méthylation, phosphorylation, acétylation…des gènes

 

Influence de la faim, et plus simplement de l’alimentation, mais surtout du stress est reconnu comme ayant un impact épigénétique pour l’adaptabilité du sujet, donc sa survie…

 

Par ailleurs, Il est actuellement prouvé qu’un stress autour de la naissance a des répercussions intenses sur le développement psycho émotionnel de l’enfant, de l’adolescent et de l’adulte.

Ces disruptions émotionnelles chez un parent impactent aussi le développement psychosocial de sa descendance.

On ne peut penser que l’état de stress permanent autour de la peur, de la douleur, des violences de toute sorte, parfois sans perspectives d’en sortir, n’ait pu laisser de trace sur le comportement des descendants…

La psychanalyse aussi apporte quelques lumières sur la dynamique comportementale issue de la relation Dominant – Dominé.

Et à ce titre un texte de Guillaume Suréna (traumatisme nègre, traumatisme béké), dans le livre édité par la Comité Devoir de Mémoire , intitulé « de l’esclavage aux réparations » est à lire avec attention.

Des grands penseurs nègres, comme Césaire ou Glissant n’ont pas attendu l’épigénétique pour signifier les conséquences du traumatisme sur les individus.

Césaire dans le discours sur le colonialisme, explique de façon magistrale, comment la barbarie du colonisateur, conduit à son « ensauvagement » et à sa déshumanisation !

Les cultures orientales, indiennes, tibétaines, chinoises, on décrit depuis longtemps ces processus de développement psychosocial impactés par l’environnement au sens large !!!

« Ainsi naquit un monde baroque, miné de sourdes incandescences…) Bertème Juminer*

 

Quels sont les impacts les plus visibles de nos jours :

Citons quelques exemples liés fondamentalement à la violence qu’a été ce stress quotidien qui étalé sur plus de trois siècles, durait parfois toute une vie !

Il y a aussi à l’intériorisation des valeurs du maitre (neurones miroirs) comme modèle !

Ces éléments ne peuvent objectivement s’interpréter hors d’une pensée complexe, tant l’impact d’un individu à l’autre peut être plus ou moins profond, voir différent !

Il ne s’agit point ici de généralisation hâtive, mais d’approches perceptuelles relatives, qui restent un champ d’observation et de recherche inépuisable.

Abordons,

Le travail : méfiance intériorisée vis à vis du travail forcé, que certains qualifieront de paresse du nègre…exacerbation rapide des conflits, difficulté à l’autonomie et l’entreprenariat, le travail du Béké étant en même temps honni et synonyme de sécurité.

La vie familiale… Nous ne sommes pas une société matriarcale comme l’avance certains sociologues ni monoparentale, matrifocale, peut être… ou comme on l’a entendu dire par certains de nos députés lors des débats autour du mariage pour tous, l’image d’une famille modèle. Les séquelles d’une éducation violente (les coups), sans affects démonstratifs, s’estompent peu à peu sous la pression des lois et des modèles extérieurs dominants.

La famille, comme modèle premier de société a souvent gardé une violence interne explosive, liée aux difficultés des protagonistes à surmonter leur propre déracinement affectif.

« Les femmes battues, cette brutalité à grande échelle envers les femmes en esclavage, est à nos yeux la racine d’une bonne part de la violence envers les femmes … » (Tim Hector*)

La vie affective et sexuelle. Force est de constater une grande misère sexuelle aux Antilles, et dans les communautés afro-américaines. L’arrivée de la pornographie accessible à tous, renforce cette frustration fondamentale de l’homme noir, même si l’accès à la femme blanche est maintenant possible…Quand à la femme noire, elle peine à sortir d’un statut  d’infériorisation et en même temps de femme « potomitan », qui l’un comme l’autre abouti à dénaturer l’image qu’elle a d’elle même.

Le texte précité de Guillaume Suréna prend comme outil la psychanalyse pour interpeller la relation nègre-Béké autour de la notion de pureté de la race pour l’un, de blanchiment de la race à l’image du modèle pour l’autre.

Il est à noter que la quête du regard de l’autre, la puissance des non-dits consolide le sentiment d’exister dans notre société

Il exite une inflation imaginaire liée à la couleur de la peau ou à la texture du cheveu…dont nous ne sommes pas encore sortis.

De même, notre rapport à la langue créole qui semble prendre tout son sens dans l’injure et l’invective et qui peine à exprimer l’amour, dénote d’un certain trouble de l’image que nous avons de nous-même.

La santé : ce n’est que très récemment qu’a été relevé comme conséquence de l’esclavage, l’incidence dans les populations Afro américaines, d’affections comme le diabète, l’hypertension, ainsi que certaines tumeurs et cancers.

L’épigénétique explique parfaitement cela.

L’alimentation quotidienne de l’esclave était centrée sur deux produits : les salaisons et le sucre.

Sel et sucre, comme facteurs environnementaux délétères ont impacté durablement la santé des populations afro-américaines, puisque même après l’esclavage, la transmission de ces goûts, et la continuation au sein des familles comme référence culturelle d’un conditionnement alimentaire autour du sucre et du sel, continue d’entrainer des conséquences délétères au-delà des générations…

Le rhum aussi, …même si le whisky et le champagne sont devenus nos classiques…

La religion

« Lors de l’émancipation, les Africains devinrent chrétiens pour satisfaire la spiritualité qu’ils portaient en eux ; mais ils apportèrent à cette religion Européenne leurs propres pratique, leur propre système de croyances créant ainsi des religions syncrétiques comme le Myalisme, le Vaudou, la Santéria, le Candombé…Ils considéraient la religion, pas comme une fin en soi, mais un moyen pour parvenir à leur fin… La Liberté… » (Tim Hector*)

Je suis interpellé, moi, par l’utilisation de la religion dans les cultures afro-américaines. Le rôle de béquille spirituelle qu’elle joue, avec une symbolique forte, face au mal-être profond de bien des gens qui vivent une religion extrême, exacerbée, plus dévots que les propres porteurs de ces religions….

Et puis, il y a cette image de l’immaculée conception blanche et bienfaitrice… confortant ainsi, me semble-t-il, leur propre crucifixion !

Dans nos pays, fleurissent un nombre incalculable de sectes, de mouvements, de groupes… qui portent en eux un extrémisme religieux, qui n’a plus court en Europe, comme si l’expression religieuse, passionnée, incantatoire, devenait la béquille indispensable sur laquelle s’appuyer pour survivre aux désarrois intérieurs toujours sans solutions, dans une soif inextinguible d’espoir d’échapper au réel.

C’est d’ailleurs, aux États Unis comme ailleurs une des voies privilégiées de l’« émancipation sociale » !

La vie sociale

Jeu entre l’oubli et le non-oubli instrumentalisé par les politiques.

De même que le jeu vide de sens entre telle ou telle forme de cadre structurel par exemple…

L’image de géreur d’habitation toujours fascinante et dominatrice comme on le voit en politique jusqu’à nos jours !

« Chacun quotidiennement peut faire l’expérience de la très grande difficulté à maintenir ouvert un espace de débats, de discussions, à la Martinique, désertant l’espace d’une parole où les mots semblent manquer à dire.

Les conflits se révèlent être le lieu d’un affrontement imaginaire, lutte à mort qui ne trouve son terme que dans l’exclusion parfois physique de l’interlocuteur ». (Jeanne Wiltord*)

Certains, même instruits, se complaisent dans un statut de victime, recherchant chez l’autre plus particulièrement le blanc, ou l’État, la responsabilité de leur inaptitude ou de leur déshérence…

Les croyances… ( le dogme de la race…)

Les symboles et les mythes que nous avons intériorisés et fait nôtre même alors qu’ils nous dévaluent…

Les lieux de mémoires 

Nous nous alimentons toujours de la mémoire de l’autre…même si ces vingt dernières années des efforts substantiels on été fait pour construire ou réhabiliter des lieux de référence de notre histoire.

Notre difficulté à penser l’Afrique !!!

L’Afrique est le continent du futur, même pour les Européens et les Asiatiques. Et nous avons du mal à penser l’Afrique au présent !

Peu de chefs d’entreprise antillais intègrent l’Afrique comme un espace d’investissement et de création.

Devant la migration subsaharienne qui voit des milliers d’Africains perdre leur vie en méditerranée, peu de réaction de la part des Antillais et afro américains, peu de sollicitude.

Nous aurions pu, dans nos iles à la population vieillissante devenir terre d’accueil pour ces jeunes à la recherche d’un rêve …, c’est encore pour nous l’impensable !

Et l’autre ? Le maitre, le colon 

Comme le disait Césaire, ces trois cents ans d’ensauvagement ont directement impacté la psyché des colons, qui malgré l’altruisme et la compassion de certains ne peut se vivre qu’en terme de supériorité, d’arrogance et de racisme pour la majorité d’entre eux…

La décolonisation de la pensée reste à venir !             

Dans cette approche qui prend en compte le fait colonial comme suite de l’esclavage dans sa recherche de main d’œuvre servile pour nourrir le capital en pleine expansion, et alimenter ensuite cette inégalité criante entre riche et pauvre, tout autour de la planète, la décolonisation de la pensée, reste une étape obligée vers l’égalité !!!

Et nous avons coutume de dire, au Comité Devoir de Mémoire, que c’est nous, Antillo Guyanais au sein de la République Française, nous, nouveaux citoyens de l’Europe aux Amériques, qui sommes les plus à même de porter cette interpellation à la face de l’Europe et du monde !

Liberté, Egalite, Fraternité, ne peuvent exister sans décolonisation de la pensée des anciennes puissances coloniales européennes et Américaines…

Ce qu’il nous faut, c’est un réarmement moral, un positionnement de qui nous sommes en temps qu’être humain, conscient des avanies du passé, décidé à surpasser les impacts négatifs sur nos consciences, en revisitant cette mémoire, mais en la dépassant pour être au monde, libre de composer son futur !

Rompre la transmission transgénérationnelle,

Protéger nos enfants, en réensemençant des valeurs d’estime de soi et d’humanisme.

C’est d’abord cela la réparation !

 

Compte tenu de l’aliénation d’une grande partie de nos politiques, nous sommes condamnés à faire cette réparation de façon individuelle pour l’instant !

Avec cette approche couvrant une multitudes d’histoires individuelles et collectives, nous devons interroger, interpeller notre présent, sur les drames que nous vivons encore, mais aussi les richesses que nous avons pu puiser de cette terrible confrontation où la domination des armes et des lois n’est pas forcément venue à bout des puissances telluriques des cultures !

Et c’est par la prise en compte et la promotion de la culture qui devient un espace de ressourcement et de refondation que nous irons vers une catharsis individuelle et collective, nécessaire pour casser cette transmission générationnelle et construire notre futur.

Nous, afro américains, interrogeons l’histoire et le temps, recherchons des culpabilités, des responsabilités, interpellons la justice et le droit, certes ! Mais nous ne voulons pas comme le disait si bien Fanon, rester « esclave de l’esclavage qui déshumanisa nos pères… »

Et cette réparation que nous appelons de nos vœux n’a nul besoin de têtes coupées en place publique, de reconnaissance par tel ou tel homme d’État d’un fait historique qu’il n’y a plus à reconnaître.

L’esclavage a été un crime contre l’humain ! Et à ce titre, l’humain doit être réparé.

 

Serge Châlons.

 

Comité Devoir de Mémoire

Mai 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*Lydie Ho Fong Choy Choucoutou : professeur de lettres (Guyane)

*Max IFILL : économiste (Trinidad)

*Bertème JUMINER : ancien recteur de l’académie Antille Guyane (Guadeloupe)

*Guillaume SURENA psychanaliste (Martinique)

*Jeanne WILTORD psychiatre (Martinique)

*Tim HECTOR : Historien,  journaliste, sénateur, (Antigue)

 

 

 

 

Dr Serge Châlons

 

Comité Devoir de Mémoire Martinique

Mai 2018