Tribune – Serge Thaly - N’est pas  historien qui veut ! Dans l’une des dernières tribunes parues sur Politiques Publiques, Mme Jocelyne Sabine, qui serait secrétaire adjointe du défunt RDM, croit pouvoir attaquer Serge Letchimy, avec force insultes, mais surtout sans fondement historique.

Il faut quand même rétablir quelques faits, histoire de rappeler qu’il est difficile d’être le prête-nom de quelqu’un qui n’ose affronter les adversaires en face. Je tiens à la disposition de cette historienne de pacotille le N°754 du Progressiste (du mercredi 24 mai 1978). Elle y apprendra que : « Une délégation du Parti Progressiste Martiniquais, menée par son secrétaire général a, à plusieurs reprises rencontré une délégation du Parti  Socialiste Martiniquais, conduite par son secrétaire général,, en vue d’examiner les conditions d’une fusion du P.S et du P.P.M. » Dois-je informer notre historienne stagiaire ( !) que les secrétaires en question étaient Camille Darsières et Claude Lise, et qu’ils se sont rencontrés plusieurs fois en avril et en mai 1978 ?

Claude Lise aurait rencontré Aimé Césaire au début de l’année 1978 ? Certainement, comme beaucoup de martiniquais et cela ne veut pas dire que notre leader a discuté ou négocié ! Par contre , je cite encore : « Après avoir constaté l’identité de vue idéologique des deux formations, la commune adhésion des deux partis à la Convention du Morne Rouge et au Front National martiniquais pour l’autonomie, et la justesse quant à présent, du mot d’ordre P.P.M. « Autonomie pour la Nation Martiniquaise, étape de l’histoire de notre peuple » ; après avoir noté l’attachement profond du P.P.M. à l’idéal socialiste et à l’édification d’un socialisme martiniquais tenant compte du génie de notre peuple, les deux délégations sont tombées d’accord pour que les membres du Parti socialiste martiniquais soient fraternellement accueillis au sein du P.P.M, et répartis, comme le veulent les statuts, dans les balisiers. »

Ce n’est qu’à ce moment, madame la future historienne, que le Congrès du PSM a pu voter le samedi 20 mai la fusion avec le P.P.M. (54 pour, 1 contre et 6 abstentions). Ajouterai-je, pour l’histoire, que c’était à l’Escale du Robert ? Quand ensuite vous attaquez celui qui a mené toutes les négociations, c’est-à-dire Camille Darsière, cela montre bien votre totale ignorance du sujet ou alors une véritable malhonnêteté intellectuelle.  Je me refuse à dire ce que pensait Césaire d’un tel ou d’un tel, mais croyez bien que ce ne serait peut être ni drôle, ni reluisant pour celui que vous voulez désespérément défendre dans sa dernière sortie politique. Peut-être que je suis en train de détruire une ultime illusion ?

Mais permettez-moi, toutefois, de rire doucement de votre évocation du rapport Lise-Tamaya. Est-ce le même rapport que votre allié actuel a déchiré devant les media ?

Le Serge Letchimy dont vous parlez comme refusant la parole aux opposants, est-ce le même, le président du Conseil Régional, celui qui a aidé, soutenu toutes les communes de la Martinique, à l’occasion des Plans de relance et des contrats de progrès, sans distinction politique ? Madame l’historienne, en tant qu’enseignante, vous avez dû dire à vos élèves de se relire avant de rendre leur copie …. Alors ???

Je conçois qu’il soit frustrant de constater que hors du P.P.M, celui que vous défendez n’a pratiquement pas existé. Sans le P.P.PM., il serait resté dans l’histoire de la politique martiniquaise, comme le jeune médecin qui avait osé affronter Michel Renard. C’est tout ! TOUT le reste, il le doit à notre PARTI !  Et tout ça , il l’aura eu car le secrétaire général du PPM en 1978, avait donné un avis favorable à l’absorption du parti socialiste !  Vous constaterez, madame l’historienne en herbe, que Serge LETCHIMY n’a rien inventé, et que même s’il n’était là en 1978, il connaît l’histoire de son parti, et sait qui a trahi ses valeurs.

Dernière précision : c’est Camille Darsières lui-même qui annonça l’arrivée au P.P.PM de Jean-Claude William, de Serge Jean-Louis, de Roland Suvélor, de Luc Bernabé, de Charles-Henri Michaux, de Georges Ensfelder, de Pierre Sainte-Rose, de Claude Lise, de René Gallim et des autres camarades socialistes. C’était  le dimanche 21 mai 1978 à 18h45 au Parc Floral et Culturel, en pleine Fête du P.P.M. Je le sais ; j’y étais !

Serge THALY