Avec des années de retard, la Martinique et la Guadeloupe traversent un changement de temps. Un changement de culture. Un dossier chlordecone toujours ouvert au plan judiciaire, et les multiples rebondissements du dossier « épandage aérien » attestent s’il en était besoin de ce changement, et – quelques soient les arguments avancés par les planteurs – de la fin prochaine des anciennes pratiques culturelles. Mais en la matière, les changements d’époques peuvent s’avérer longs, et couteux, tant d’un point de vue financier, que d’un point de vue de la santé publique.

Le sort de l’épandage aérien était donc en débat au Tribunal Administratif de Fort-de-France ce jeudi 28 novembre 2013. Et les argumentaires entendus sur place semblent davantage pencher en faveur d’un arrêt de cette pratique. Un certain nombre de points communs ont pu être enregistrés, entre les argumentaires du rapporteur public, qui a rappelé que l’épandage est interdit sur décision de Bruxelles, ainsi que les fortes contraintes du régime dérogatoire, et ceux des avocats des associations citoyennes et écologiques. Philippe Edmond-Mariette a notamment pointé « les failles et carences » du dossier préfectoral qui a fondé l’arrêté du 18 nov 2013, et rappelé le principe fondamental de précaution, issu de la loi Barnier de 1995.

La Présidente et les trois conseillers du tribunal administratif ont une quinzaine de jour pour rendre leur verdict, probablement situé entre suspension et demande de modification de l’arrêté du Préfet, et rejet de ce dernier, en vertu du principe élémentaire de précaution.

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