Tribune – Franck Sainte-Rose-Rosemond | En matière de gestion de l’eau, les problèmes et défaillances sont multiples. Je vais m’efforcer de rester concret autour des deux questions qui me semblent urgentes.

1- Nos rivières sont quasiment à sec, et les territoires doivent se partager cette ressource rare.
2 – Une partie de nos pauvres ressources ne peut pas être correctement acheminée parce qu’une grosse canalisation dans le nord, qui permettrait de conserver une organisation à minima de la distribution, n’a pas été correctement remplacée.

Si aujourd’hui le retour à une situation plus acceptable exige des travaux au Lorrain, alors ces travaux doivent être faits en urgence, pas pour la prochaine saison. J’entends déjà parler de « mettre le dossier à la prochaine plénière de la CTM » ! Mais qu’est-ce que nos élu.e.s n’ont pas compris !? Ces travaux doivent être lancés immédiatement ! Et les textes le permettent : Les procédures et délais normaux inhérents à la mise en œuvre du Code des marchés publics peuvent s’avérer inadaptés à la nécessité d’interventions rapides sur le terrain. Aussi, le code offre-t-il « la possibilité de passer des marchés négociés sans publicité préalable et sans mise en concurrence pour faire face à une urgence impérieuse résultant de circonstances imprévisibles pour le pouvoir adjudicateur et n’étant pas de son fait, et dont les conditions de passation ne sont pas compatibles avec les délais exigés par les procédures (…) ». Au lieu de cela on semble s’inscrire encore et toujours dans un temps administratif coupé des réalités et des besoins de la population.

Dans cette inertie généralisée à quoi servent donc nos maires, nos premiers relais, s’ils ne se mobilisent pas pour peser sur les grands sujets qui dépassent leurs compétences et leurs territoires (le transport, l’eau, les pollutions etc) ? Et à quoi sert l’association des maires ? En dehors du Lamentin où la crise est grave, c’est le silence total ! Messieurs et dames les maires pesez ! Faîtes vous entendre ! Et exigez des dirigeants de la CTM qu’ils prennent enfin les responsabilités martiniquaises pour lesquelles ils se sont fait élire, sans en appeler systématiquement et prioritairement au Préfet ou à l’Etat ! Un peu d’initiative d’abord, viendra ensuite le temps de l’exigence face à l’Etat !

Mon dernier mot ira aux habitants, nous-mêmes : nous devons nous responsabiliser et faire preuve de civisme et de discipline dans cette crise de l’eau, comme dans cette épidémie de coronavirus d’ailleurs. Nous utilisons le proverbe « sé gren diri ka plen sac diri », mais nous avons manifestement du mal à y croire. Pourtant chaque geste compte.

Franck Sainte-Rose-Rosemond est président du mouvement Les Ateliers Schoelchérois