La Droite martiniquaise semble avoir déjà dépassé les enjeux des 10 et 24 janvier 2010, pour se consacrer à la préparation des régionales des 14 et 21 mars 2010.

La récente venue d’Eric Raoult, ancien Ministre de la Ville et Délégué à l’Outre Mer de l’UMP, a révélé les mouvements en cours au sein des relais locaux de la majorité présidentielle.

Et le duel plus ou moins feutré qui se jouait entre André Lesueur, Président des FMP (Forces Martiniquaise de progrès) et Chantal Maignan (UMP) semble se transformer en partie à trois, avec l’irruption de Ralph Monplaisir.

La droite martiniquaise a t-elle finalement su se renouveler ?

Contestée ou pas, Chantal Maignan aura au moins rafraîchi l’ambiance « vieille France » qui régnait dans les rangs de la droite locale, avec un discours plus offensif et plus moderne, mais également avec une main de fer…dans un gant de fer, pour ce qui est de l’organisation du mouvement populaire.

Dans le même temps, André Lesueur, devenu poto-mitan historique du gaullisme local, a repris du poil de la bête en mettant un sévère coup d’arrêt aux rêves de conquête de la ville de Rivière Salée par Louis-Félix Duville (MIM) et Daniel Robin (PPM), devenant en termes de poids électoral le mieux placé pour tenter de reconduire la droite aux sommets.

Enfin, Ralph Monplaisir a réussi à arracher à une gauche profondément divisée, une ville de Case Pilote rappelons-le traditionnellement de droite. Depuis, monsieur le Maire crée sa propre filiale d’un parti français de droite (Chrétien-Démocrate), bataille ferme autour de quelques projets municipaux, avec une verve familiale bien connue, et acquiert rapidement une visibilité « nationale » martiniquaise.

Les électeurs nous diront en mars prochain ce qu’ils pensent de ces grands mouvements. Il est au moins certain que cette droite si elle réussit à s’unir, aura mis un maximum de chances de son côté.

Mais mettre un maximum de chance de son côté, est-ce suffisant ?

Le martiniquais semble être devenu au fil du temps plus « progressiste » que conservateur. Ou plus évolutionniste qu’assimilationniste.

La Droite est-elle capable de tenir compte de cet élément, et de prendre place, au fond, dans le grand concert idéologique « plus ou moins d’autonomie », qui constitue désormais l’essentiel du débat politique ?

Saura t-elle, dans la forme, profiter de l’éventuelle lassitude qu’engendrerait chez l’électeur la violente et durable opposition MIM/PPM…

Que de défis…