Tribune – Emmanuel de Reynal | Voilà un secteur que la concurrence bouscule, et dont les acteurs bataillent âprement dans un contexte économique tendu. Alors que l’Autorité de la Concurrence vient de publier son rapport critique sur les prix des produits de grande consommation, les opérateurs de la distribution locale s’activent pour bouger les lignes et gagner la bataille des prix.

Pas moins de 3 initiatives majeures ont été prises ces derniers jours, démontrant – s’il en était besoin – que ce n’est pas l’esprit de statuquo qui anime les distributeurs locaux. Bien au contraire.

En juin, le Groupe Parfait (Système U) annonce la signature d’un contrat d’affiliation avec E.LECLERC en vue de déployer localement l’enseigne nationale et de proposer une offre encore plus attractive en Martinique et en Guadeloupe.

En juillet, le groupe Créo inaugure un nouveau concept de club-entrepôt au Lamentin sous enseigne Méga-Stock dont l’ambition est de diviser par deux les écarts de prix existants entre la Martinique et l’Hexagone.

Quelques jours plus tard, GBH annonce la signature avec le groupe Casino d’un accord d’acquisition des activités de Vindémia dans l’océan indien (Réunion, Mayotte, Madagascar et Maurice) et s’engage à baisser les prix dans les magasins repris, poursuivant ainsi sa politique d’offres compétitives. Et afin de garantir et renforcer la concurrence, l’accord prévoit de rétrocéder 4 hypermarchés à la société Make Distribution, nouvel acteur à capitaux réunionnais.

Ce sont bien les aiguilles de la concurrence qui piquent nos entreprises à investir, à s’adapter, à se réinventer ; et elles le font toutes pour améliorer encore leurs offres et gagner la confiance de leurs clients, ultime juges de paix. Elles le font dans un contexte difficile où internet rebat les cartes en ouvrant les marchés, où les populations locales traversent les crises du chômage et du pouvoir d’achat, où l’attractivité des territoires continue de baisser.

Bien que nos entreprises soient aux premières loges des critiques, reconnaissons qu’elles agissent et font leur part !

Reste maintenant à actionner les autres leviers qui permettraient de baisser encore les prix des produits de grande consommation, et en particuliers les prix des produits de première nécessité.

Identifier ces quelques produits (non concurrents des produits locaux), leur adapter un circuit logistique particulier, établir un tarif d’achat expurgé des frais de promotion nationale, négocier un coût de transport spécifique, obtenir des exonérations de taxes… bref, que tout au long de la chaîne, chaque maillon consente un juste effort pour offrir un vrai ballon d’oxygène à celles et ceux qui ont du mal à boucler leurs fins de mois.

C’est possible. Encore faut-il le faire ensemble, en mobilisant tous les acteurs de la chaine – et pas seulement les commerçants – et en veillant au bon équilibre économique des entreprises de production et de distribution. Et en veillant particulièrement à ce que nos industries locales puissent continuer de produire.

Car faut-il le répéter, ce n’est pas en affaiblissant nos entreprises que nous parviendront à baisser les prix.