#politique #analyse L’ancien attaché parlementaire et toujours plus proche collaborateur du président du PPM et président du conseil exécutif de la CTM vient de publier un longue déclaration, dans laquelle il dresse le portrait robot d’un député de Fort-de-France. Un rôle qu’il se verrait sans doute bien endosser dans les pas de son mentor. Cette « candidature » qui ne dit pas encore son nom, c’est aussi un acte posé qui signifie clairement que Serge Letchimy a décidé d’ouvrir le jeu, de rebattre les cartes. Fini le petit cercle (Hajjar, Séminor…) de sommités du PPM candidats potentiels en circuit fermé à cet « héritage » PPM : la quasi-candidature de Cordemy – qu’elle aboutisse ou pas -  justifie l’ouverture du jeu, et la reprise en main par le président du parti des procédures d’une « primaire » interne.

PPM pour PPM, tout cela ne pourrait-être que cuisine interne, tant il y a peu de chances qu’une autre organisation politique réussisse à renverser l’ancien parti de Césaire  dans son fief foyalais… sauf… sauf si une candidature de poids venait de l’extérieur du parti gâter cette sympathique cuisine interne… à suivre donc.

Photo Gaël Gresse : Serge Letchimy et Mathieu Cordemy en 2009 / Adressez-nous vos infos à ppwi.sarl@gmail.com

 

La déclaration de Mathieu Cordemy

« Poursuivre l’œuvre des députés foyalais avec détermination, résistance et probité : ma vision du mandat de député en tant que progressiste et militant
S’il y a un mandat que je connais bien, c’est celui de député. S’il y’a un système que je connais bien, c’est celui du processus de la loi en France. J’ai été de tous les combats aux côtés de Serge Letchimy, en tant que collaborateur parlementaire, et je crois aujourd’hui pouvoir donner ma vision. Ma vision d’un député, ma vision du progressisme.
La 1ère qualité d’un député doit être la détermination. Détermination à défendre notre île, détermination à défendre chacun des martiniquais, à protéger les idées progressistes du parti, et à porter haut ses idéaux. Oui à la responsabilité, oui à l’égalité dans la différence, oui à l’émancipation et oui à la dignité du peuple martiniquais. Tels étaient les mots d’ordre d’hier et tels seront ceux de demain. S’il y a une route à suivre, c’est donc inévitablement celle de la trace, car il s’agira d’être « un éveilleur » de conscience, un « arracheur » de victoires, de continuer à marcher sur le chemin tracé par Aimé Césaire, puis poursuivi par Camille Darsières et Serge Letchimy « Car nous n’avons pas le droit de couper le chemin de la transmission ». Être la voix du peuple, de ses revendications, continuer dans un même mouvement à faire germer une Martinique consciente de son histoire, de son identité, de sa personnalité et exigeante pour le respect de son droit à l’égalité dans la différence.
L’engagement sans égal et la probité sans faille malgré les obstacles sont également indispensables. Défendre les intérêts de tous, au-delà des clivages politiques doit être un rempart contre la démagogie politique et contre toute pratique antidémocratique, car notre politique doit être belle et uniquement au service des intérêts du peuple martiniquais. Unir les martiniquais, refuser de diviser.
Il y aura fort à faire pour prendre la relève d’un des députés les plus productifs d’outre-mer, Serge Letchimy.
Il faudra connaître précisément son travail pour le poursuivre afin de faire avancer notamment les principes de la déclaration de Rivière Blanche. Il faudra se battre pour la reconnaissance des Martiniquais en tant que Peuple, pour celle de la langue créole à côté de la langue française, pour la possibilité d’adapter les textes réglementaires et législatifs aux réalités locales.
Face à la catastrophe démographique, il faudra mettre en place une politique familiale et sociale de crise : retour au pays, politique de natalité, immigration, maintien sur place de la population d’où la création d’un dispositif d’antillanisation des cadres afin de faciliter l’embauche de ceux qui vivent en Martinique depuis plus de 10 ans. Dans le domaine de la santé, l’état devra financer la rénovation des hôpitaux, assumer d’y apporter des moyens supplémentaires-notamment humains- mais également lutter contre les déserts médicaux.
En définitive, il faudra faire entendre la voix de tous les martiniquais auprès des plus hautes instances, et cela, au-delà de toutes divergences idéologiques. « Se ceindre les reins comme un vaillant homme » pour reprendre Césaire, car c’est de son travail que dépendra notre Martinique de demain. Fidèle à la pensée de Césaire, fidèle aux idéaux du parti, aux valeurs de travail et d’humanisme inculquées par ses fondateurs, il sera armé au mieux pour la lutte. Serge Letchimy nous le disait : « Le nègre fondamental ne sera pas trahi. Nous serons là, tous au rendez-vous. ». Lors des prochaines élections, nous serons là, tous au rendez-vous, afin d’honorer la mémoire de l’homme et de faire vivre son héritage à jamais. Au-delà d’être un collaborateur, je suis un militant progressiste depuis 20 ans, sans relâche auprès des élus, des maires, de l’exécutif de la Région et du député. Recevoir des administrés et connaitre les quartiers sont des données essentielles de ce type de fonctions.
Il faut faire confiance à la jeunesse militante, le parti l’a toujours fait, en 2001, 2004, 2008, 2010, et 2014. Elle doit prendre le flambeau de cette jeunesse exemplaire et la représenter dans le contexte actuel de défiance vis à vis des élus en fonction.
La politique a besoin de donner de l’espérance en des hommes et des femmes qui sont fédérateurs, compétents, non calculateurs, au service du peuple, pour défendre notre si beau territoire, nos belles valeurs martiniquaises de solidarité, de bienveillance, notre identité singulière, notre culture. »
Mathieu Cordemy