Tribune – Mario Marquet | 116 ans après l’éruption de la Montagne Pelée, le 8 mai 2018 le Maire de Saint Pierre  estimant que ce bilan meurtrier aurait pu être évité «  demande pardon pour l’inertie des responsables politiques de l’époque ».

 

Cette déclaration apparemment anodine mais pas dénuée d’arrière pensée politicienne, révèle chez son auteur des comportements profondément marqués par des fantasmes de puissance et des illusions de grandeur mais aussi un goût prononcé pour la démagogie.

En effet si l’on tient compte de :

  • L’importance du risque naturel, la destruction de la ville et de ses alentours était inévitable.
  • L’imminence de ce risque volcanique majeur, la précaution élémentaire aurait été de faire évacuer la zone menacée le plus rapidement possible.

 

Alors nous pouvons conclure et sans risque de nous tromper, d’autres l’ont fait bien longtemps avant nous, que par son refus de faire évacuer la ville, la responsabilité du Gouverneur Louis MOUTTET est avérée. Rappelons quand même qu’il a péri avec sa famille lors de cette catastrophe.

Certains se posaient déjà la question cruciale,  à savoir « compte tenu du contexte local, comment reloger, nourrir et protéger 30 000 personnes ? »

Le principe de précaution et la culture du risque que nous nous efforçons de promouvoir auprès de nos compatriotes ; existaient-ils à l’époque ?

Comment expliquer l’intérêt d’une telle annonce de la part du Maire visant  à accuser et à stigmatiser ceux qui ne sont plus là pour se défendre? Délires de toute puissance? Démagogie ?

L’éruption de la Montagne Pelée en 1902 est l’éruption volcanique la plus meurtrière du XXème siècle. Sa nuée ardente paroxystique reste tristement célèbre pour avoir, en quelques minutes, détruit ce qui était la plus grande ville de la Martinique et ses 30 000 habitants. Paradoxalement, cette douloureuse tragédie permet, au « Petit Paris des Antilles » de jouir d’une renommée internationale.

Cette renommée internationale DOIT nous servir au développement économique de Saint Pierre. Le passé doit être le passé. Faisons de cette tragédie NOTRE FORCE, NOTRE AVENIR.

Nous nous devons de perpétuer dignement  la mémoire de nos 30 000 disparus.

Mais alors, comment commémorer nos défunts ? Est-ce en fustigeant les politiques de l’époque, et en culpabilisant ceux  qui n’ont pas voulu s’enfuir ?

Cette commémoration du 8 mai 2018 mérite autre chose que d’être un jouet sombre au carnaval d’un maire. Cette demande de pardon est tout simplement démagogique et irresponsable.

HONORONS nos défunts en faisant Saint Pierre renaitre de ses cendres. En insufflant un développement social, économique, environnemental harmonieux, dans lequel chaque Piérrotin retrouverait sa fierté, son chauvinisme, son amour de la ville. Un Saint Pierre dans lequel il ferait bon et fier de vivre.

HONORONS nos défunts en protégeant notre héritage, en mettant en valeur notre patrimoine.

Je suggère d’HONORER et de RESPECTER la mémoire de nos défunts en entretenant leurs lieux communs de sépulture, à l’image de l’Eglise du Fort , le Château Périnelle, le Cimetière du Fort et les autres sites historiques de Saint-Pierre, trop souvent négligés, abandonnés et souillés.

CE SERA LE COMMENCEMENT DE VOTRE DEVOIR DE PARDON.

Merci d’avance pour eux.

« NE REGARDES PAS LA PAILLE QUI A DANS L’ŒIL DE TON VOISIN, ……….. »

LA DEMAGOGIE EST A LA DEMOCRATIE CE QUE LA PROSTITUTION EST A L’AMOUR.

CETTE DEMANDE DE PARDON DU MAIRE POUR L’INERTIE DES AUTRES SERAIT-ELLE PREMONITOIRE ?

Mario MARQUET

Conseiller municipal                               Saint Pierre le 11 mai 2018