Tribune – Florent Grabin | Il y a plus de dix ans, nous, P.U.M.A, avions alerté les différentes instances locales sur l’absence de traitement sérieux quant à la gestion de l’ensemble de nos déchets dont le tonnage actuel est de 370 000 tonnes environ. Rappelons que nous avions toujours insisté sur le fait de garder ce dossier ouvert afin que, le jour venu, nous en fassions pas les frais.

D’échec en échec, nous sommes parvenus à atteindre le sommet de l’inacceptable, avec en prime, un grave risque sanitaire, une pollution exponentielle et une importante production de dioxine lors des feux de décharge et des dysfonctionnements de notre incinérateur.

Comme justification, nous découvrons le communiqué suivant :

« Communiqué – CACEM | La Martinique est actuellement confrontée à d’importantes perturbations au niveau du traitement des déchets à cause de la saturation des installations actuellement en place.

Aussi, le Président de la CACEM informe les administrés du Centre que la collecte des ordures ménagères est perturbée sur le territoire du centre comme sur l’ensemble de la Martinique en raison de la saturation des sites  de traitement placés sous la responsabilité du Syndicat Martiniquais de Traitement et de Valorisation des Déchets (SMTVD), tels que l’usine d’incinération de Dillon, à Fort-de-France et le Centre d’enfouissement de CERON, à Ste-Luce.

Les perturbations liées à la collecte des ordures ménagères sont consécutives à la saturation des installations de traitement précitées…….. »

Nous savons que :

Gouverner, c’est prévoir ; écouter les différentes observations de la société civile, c’est construire le chemin du bon sens. Ainsi, notre volonté prédominante est la protection de notre île, cependant nous avons toujours des réponses politiciennes nous conduisant droit à l’échec.

En voici un aperçu :

Il y a  »échec  » car les perturbations liées à la gestion des ordures ménagères sont multiples. Ici, le principal élément reste la peur : celle infligée aux riverains qui souvent sont pris comme boucliers humains pour permettre à d’autres de faire leur gesticulation politique.

Il y a  »échec » dans la gestion de la fermeture des décharges, car il n’a pas été tenu compte de la valeur ajoutée se trouvant dans les déchets dans la mise en place des solutions de rechange. Ce manque d’estimation nous conduit inexorablement à la réouverture partielle de la décharge de la Trompeuse, qui déjà s’apprête à traiter un important stock de déchets à destination de l’incinérateur. D’autres sont acheminés au Centre d’enfouissement de CERON, à Ste-Luce.

Échec, Échec, ÉCHEC,… c’est la seule résonnance que nous entendons en regardant les graves erreurs de choix dans la valorisation de nos différents déchets. Ainsi, le bricolage des filières mises en place est visible dans les différentes unités. Nous vous invitons à y faire un tour pour vous faire une idée concrète de ce dont nous vous parlons.

Explicitons pourquoi nos craintes vont, à notre grand désarroi, se révéler exactes :

Notons que l’unité de traitement du gaz méthane provenant de la masse d’ordures à la Trompeuse qui, rappelons-le, fut installée pour produire du courant électrique à injecter dans le réseau d’EDF,  nous doutons de sa production de KW, du simple fait que dans cette masse, l’eau est à plus de 15 m d’altitude, ce qui ralentit la maturation qui génère ce gaz.

Notons encore que l’incinérateur de Dillon qui traite tous les déchets de la Martinique , alors qu’il était prévu , lors de  sa création, pour quatre communes, et que pour y faire face il faudrait installer un troisième four. Mais visiblement, ce n’est pas une priorité pour certains de nos décideurs qui n’ont pas encore provisionné les premiers fonds.

Restons dans les appréhensions notoires comme le traitement du tri sélectif ; les points de collecte sont transformés en dépôts d’ordures. C’est la catastrophe. Nous, PUMA, avons toujours plaidé pour des unités mobiles, dont la charge incomberait aux municipalités, quant à la gestion de cette nouvelle forme de collecte.

Dans le volet  »déchets de chantier », deux entreprises privées ont eu les autorisations administratives nécessaires au traitement de ces gros volumes. Là encore, échec.  Nos collectivités ne se servent pas de cette matière dans les remblais lors de leurs opérations de construction de route et autres types de chantiers. De même que pour les terres de déblais de chantier, rien n’est mis en place pour recevoir et valoriser ces importants volumes. Malheureusement, nos opérateurs sont verbalisés par les services de l’État.

Concernant l’ouverture de la décharge des déchets ultimes du Petit Galion au Robert, nous avons assisté à un vent de panique de nos élus, sans courage politique, face à une des organisations spécialistes du  »non à tout », cette dernière a mobilisé la population pour interdire la création de cet important outil.

Alors, ne serait-il pas plus salvateur que nous nous méfiions ? Si nous ne parvenons pas à régler la gestion de nos déchets, cette unité risque de devenir une décharge saturée en moins de dix ans.

Donc, ne nous laissons plus manipuler sans rien dire, par une poignée d’individus sans scrupule, qui savent que la peur fait vendre. Soyons sceptiques quand ils avancent, sans la moindre preuve scientifique, qu’il y a danger. Soyons rationnels et développons les méthodes existant dans d’autres latitudes et ayant fait leurs preuves. Montrons-le. Nous pouvons vous démontrer qu’il existe des technologies avec d’incontestables retours d’expériences, qui peuvent nous permettre de gérer plus de 150 000 tonnes par an, tout en les valorisant,  en les triant pour produire du courant électrique et aussi créer des emplois.

Après le pire, serons-nous capables du meilleur ? C’est notre dernière chance. Saisissons-la. Il ne faut pas se battre pour être meilleur que l’autre, mais se battre pour être meilleur que soi-même, Pour Une Martinique Autrement.