Confidentiels - Lors du débat télévisé du 27 octobre, Marcellin Nadeau a tiré son épingle du jeu face à ses adversaires. Entre une représentante de la droite soucieuse de redonner à Paris des compétences que même les départements les plus reculés de la France hexagonale exercent depuis des années, et la représentante de la majorité qui dresse un portrait élogieux de cinq ans de mandature, le leader de « Nou Pep La » a proposé sa vision et ses pistes de développement de la Martinique.

La campagne entre dans sa dernière ligne droite. Il reste en effet un mois avant le premier tour de scrutin, le 6 décembre 2015. Une campagne qui ne suscite pas un grand intérêt des martiniquais, à l’image du débat du 27 octobre dernier, jugé « plat », à en croire de nombreux avis exprimé sur les réseaux sociaux. On retiendra à ce titre les résultats du « sondage » simultané réalisé en fin d’émission par la rédaction de la chaîne sur internet : sur 123 personnes qui ont répondu aux questions, 78% se disent non convaincues par les discours des candidats présents sur le plateau. Et au-delà de cette interrogation – indicative – des internautes, c’est l’abstention, importante lors des derniers scrutins, qui en témoigne le mieux.

Dans ce contexte électoral morose, l’offre politique s’organise désormais entre les listes « alternatives » dont on pourrait dire qu’elles proposent aux électeurs fraicheur (d’aucuns diraient naïveté) et innovations, et les listes « statutaires », qui valoriseraient davantage l’expérience et une certaine stabilité politique. C’est à la croisée de ces deux genres que se positionne la liste « Nou pep La », dosage d’expérience politique confirmée et de cette nouvelle « citoyenneté » pro-active.

Positionnement tardif, déficit de notoriété, absence de « poids lourds », la liste « Nou Pep La » souffre d’importants handicaps…mais semble pourtant retenir l’attention : celle des commentateurs, mais aussi celle des états-major politiques concurrents. Les supporters du « Gran Sanblé » en particulier manifestent leur agacement – et c’est peu dire – à l’évocation de cette liste, dont ils craignent qu’elle n’affaiblisse leur leader en divisant les forces dans le camp des indépendantistes et alliés. Affaiblir leur camp, et faire du même coup le jeu de leur ennemi intime, « Ensemble pour une Martinique Nouvelle ». Une accusation balayée d’un revers de main par Marcellin Nadeau. Le Maire du Prêcheur qui considère en substance qu’aucune des « grandes » listes n’est à même de faire des propositions susceptibles de provoquer le changement, et de permettre l’épanouissement de la Martinique.

Développement durable, contrat social, agriculture adaptée, économie sociale et solidaire… le discours de « Nou Pep La » séduit. Tout comme la distance prise par Marcellin Nadeau vis à vis des rancoeurs entre clans adverses. Le leader du Modemas a également pris soin d’allier à la citoyenneté, la parité dès les têtes de section. S’il prend lui-même la tête de la section Nord, et Samuel Tavernier celle du Centre Atlantique, ce sont deux femmes de la société civile qui assurent le leadership des sections Sud et Fort-de-France, Suzy Singa, artiste et actrice du monde culturel notamment, et Rita Bonheur, militante bien connue des droits des femmes.

Mais le temps de l’élection approche à grands pas. Quatre semaines suffiront t-elles à Nou Pep La pour apparaître comme une alternative crédible aux listes « statutaires » ?

@francksrr  @polpubliques 

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