Depuis le vote de 225000 euros en faveur du terrain de Seguineau qui avait vu la majorité se déchirer début juin, la collectivité territoriale de Martinique a confirmé lors de sa nouvelle plénière des 30 juin et 1er juillet qu’elle n’a plus de majorité.

1er acte le 29 mai 2020 : Yan Monplaisir prend ses distances avec le pacte de gestion signé avec Alfred Marie-Jeanne, ouvrant la première brèche officielle de la majorité.

2d acte les 11 et 12 juin : l’abstention des proches de Jean-Philippe Nilor autour du dossier Seguineau permet à l’opposition de devenir le temps de ce vote, majoritaire. Le groupe EPMN  valide l’indemnisation du propriétaire du terrain contre l’avis des proches du Conseil exécutif. C’est déjà un tremblement de terre dans cette CTM qui marche au pas depuis 5 ans. Alfred Marie-Jeanne est averti que les choses ne seront plus comme avant.

3ème Acte les 30 juin et 1er juillet : Jean-Philippe Nilor obtient le report du vote du budget supplémentaire, aux fins d’une préparation concertée. Et le vice-président de l’assemblée menace de rejeter ce compte, votant dès lors dans le même sens que l’opposition EPMN, si cette concertation n’était pas établie.

Le rapport de force est désormais installé et la CTM risque la paralysie, entre des décisions votées par une minorité devenue majoritaire, et leur non application par le président du conseil exécutif. Alfred Marie-Jeanne se soumettra t-il ? Il y a fort à parier que non. Les groupes Péyi-A de jean-Philippe Nilor, Ba péyi A an chans  dirigé par Yan Monplaisir et RDM de Claude Lise s’installent dans une position d’arbitres peu confortable. Si sa gestion autocratique est dénoncée par tous, Alfred Marie-Jeanne saura en bon tacticien tirer profit d’une forme de victimisation, et faire valoir le silence de ses partenaires durant 5 longues années.

Resterait pour remettre en marche la collectivité à utiliser la motion de défiance qui ferait tomber le conseil exécutif tout entier. Aurélie Nella s’en va d’elle même, élue à Ducos. Le poids politique de ceux qui restent est tout relatif (Léotin,  Marie-Sainte, Saithsoothane ou Laventure) plus encore après les défaites cuisantes de certain.e.s d’entre eux aux élections municipales (L. Boutrin au Carbet, M. Torpille à Schoelcher, ou Francis Carole à Fort-de-France). Les désormais frondeurs Lise, Monplaisir et Nilor auront-ils le courage de cette reprise en main ?

 

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