Politique – Institutions – Justin Daniel | Il est communément admis que les institutions politiques ne valent que par ce qu’en font les hommes. Elles ne sont pas moins sacralisées et le discours politique, particulièrement dans un pays comme la Martinique, tend traditionnellement à conférer aux réformes statutaires tout à la fois une vertu démiurgique et une dimension performative : elles semblent capables d’accoucher, par elles-mêmes, de nouvelles réalités ou de régler comme par enchantement tous les problèmes qui se posent à la collectivité.

Pour autant, leur incessante convocation pour meubler le débat public accrédite paradoxalement l’idée qu’elles servent avant tout de paravent à une forme d’impuissance inavouée ou à se défausser sur leurs limites fréquemment alléguées. C’est oublier, en effet, que les institutions politiques, si sophistiqués soient les cadres formels dont elles procèdent, sont avant tout des constructions humaines et sociales. Là résident leurs forces et leurs faiblesses : leur performance et leur efficacité dépendent, pour l’essentiel, de la façon dont les acteurs investissent ces cadres formels, des usages qu’ils en font pour élaborer et mettre en œuvre les politiques publiques, et surtout de leur capacité à en faire des outils au service d’objectifs clairement identifiés.

De ce point de vue, l’expérience initiée avec la mise en place de la collectivité territoriale de Martinique (CTM) est particulièrement intéressante à analyser. Certes, il serait prématuré de se prononcer sur les politiques publiques ni même les orientations élaborées par l’actuelle équipe dirigeante de la CTM : le recul n’est pas suffisant et l’action de cette dernière s’est limitée, pour le moment, à expédier les affaires courantes de l’ex-département et de l’ex-région ou à se positionner par rapport aux réalisations entreprises par les anciens conseils général et régional. Il faudra sans doute attendre la phase d’élaboration des documents stratégiques, en particulier ceux prévus par la loi n° 2015-991 portant nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe), pour se faire une idée plus précise des choix qui seront arrêtés et de leur signification profonde. En revanche, après plus de cent vingt jours de fonctionnement, la façon dont les institutions de la CTM ont été investies aussi bien par la majorité que par l’opposition autorise un premier bilan. Ce dernier fournit d’ores et déjà d’utiles indications… (pour lire la suite, merci de cliquer ici)

 

 

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