Tribune – Pierre-Marcel Diaz - Lors de la consultation populaire du 07/12/2003, la Martinique en son entier était suspendue au résultat de la ville pour connaître le vote sorti des urnes.  Le couperet est tombé tard dans la nuit. Le NON l’emporte dans la ville du grand Nord avec 1273 voix sur le OUI, alors qu’il ne manquait que 1020 voix pour  l’emporter.

Que n’a-t-on pas entendu à notre sujet, électeurs de Sainte-Marie !  C’était  déjà une première semonce que les Samaritains lançaient à propos de l’idée qu’ils se font de l’avenir institutionnel de leur pays. C’était un avertissement brutal pour un évènement lourd de conséquences.

La leçon a-t-elle été retenue ? Qui ose y croire ? En cette période où les choses semblent s’accélérer, les visites sont légion à Sainte-Marie, où les réunions se multiplient. Dans nos différents quartiers, il est promis monts et merveilles à notre population.

Il fut un temps, pas si lointain, où l’édilité de la Région avait refusé de subventionner les emplois jeunes recrutés à  Sainte-Marie. Personnellement, j’ai eu à envoyer un courrier au président, lui demandant une explication sur le simple fait que toutes les collectivités de la Martinique percevaient les 15% de subvention de la Région, excepté Sainte-Marie. La réponse par courrier  « célébridée », terme employé par lui, est qu’il n’allait pas subventionner la municipalité car le maire d’alors avait procédé à des licenciements et qu’il risquait de les remplacer par des emplois jeunes.

Je rappelle pour mémoire que le dispositif emploi jeune de l’époque mis en place sous le gouvernement Jospin, consistait à permettre à nos jeunes, diplômés, de « construire un projet professionnel sur des métiers nouveaux», ce qui n’avait rien à voir avec des personnels répartis dans les différents services de la caisse des écoles.  L’état apportait une contribution de 80%, avec 20 % à la charge des collectivités locales. Le président de la Région avait décidé de venir en aide aux mairies et autres EPCI par un apport de 15%, ne leur laissant que 5% des salaires et charges.

Sa réponse écrite, à ma missive était : « man paka soutiré mèw en vis ! » Réponse qui m’avait été adressé aussi verbalement devant les élus municipaux samaritains lors de sa venue dans la salle de délibération pour une séance de travail durant la mandature 2001-2008.  Lors de cette rencontre, le projet de l’implantation d’un lycée sur le territoire, voulu par le président de Région lui-même, avait été évoqué. Un terrain a été mis à la disposition de la Région au lieu-dit « Lassalle », juste sur les hauteurs du bourg, de l’autre côté des bâtiments (logements Ozanam). J’ai travaillé personnellement, en temps que représentant de la ville au lycée et au collège Lagrosillère ainsi que d’autres personnes  qualifiées en la matière, sur ce projet avec l’élu régional en charge des affaires scolaires et qui présidait la commission ad-hoc.  Nous nous sommes vus une demi-douzaine de fois, écoutant, discutant,  et  proposant. Au fur et à mesure de l’avancée du dossier, le président de la Région amendait et validait, avec une exigence : le lycée doit avoir une capacité d’absorption de 900 élèves dont une partie pour l’enseignement général, les arts plastiques et le sport études. La ville possédant des équipements sportifs non loin, le projet s’y prêtait parfaitement. Le président disait que ce n’était pas un lycée uniquement réservé aux populations des environs, il voulait d’un équipement pour la Martinique, à tel enseigne qu’il désirait qu’il y ait un internat. La surface du terrain mis à disposition pour réaliser un tel projet était suffisante. Le dossier bouclé, il ne lui restait plus qu’à le présenter aux conseillers régionaux.  Le président avait même prévu la pose de la première pierre pour l’année 2008, avant les élections municipales.

Où est passé ce beau projet ? Le maire de la ville de Sainte-Marie de l’époque avait eu l’indécence de s’attaquer au président de Région.  Comme à son habitude, il aimait se fâcher avec tout le monde. Il avait déclaré sur un média que le président de la Région était un très mauvais gestionnaire. Suite à une de ses colères coutumières, d’un coup de tête, le magistrat de la Région Martinique a enterré le projet sur lequel une commission ad-hoc avait travaillé sérieusement. Il ne l’avait pas fait pour des raisons financières, car il souhaitait sincèrement construire ce lycée et avait même prévu les finances nécessaires dans son projet de budget.  Seulement, n’acceptant aucune contestation ni critique, il a privé délibérément Sainte-Marie ainsi que le Nord et la Martinique entière d’un tel équipement pour la jeunesse.

Lorsque l’on sait qu’aujourd’hui, le maire actuel de la ville de Sainte-Marie ne partage pas sa vision de la politique, il y a à s’interroger! En conséquence, si d’aventure cet ex-président devrait revenir au pouvoir pour la Collectivité Territoriale de Martinique, il y aurait de forts risques qu’il prive à nouveau la ville de subventions et d’aménagement sur les équipements ?  Est-ce un danger à courir pour nous autres Samaritains alors que notre ville est en train de connaître un nouvel  essor ? « Chassez le naturel, il revient au galop », vieil adage français qui vaut son pesant d’or. Les Samaritains devront se souvenir du développement en berne de leur ville durant le passage de cette équipe à Plateau Roy ; dont acte ! En ce moment, on entend beaucoup de choses de leur part telles que : il faut une gestion différente, une gestion  plus équilibrée.  A quoi cette gestion, aussi formidable soit-elle, servira t-elle, si d’aventure elle n’est pas proche du peuple samaritain ?  Les Samaritains seuls pourront  défendre les intérêts de Sainte-Marie, et personne d’autre.  Sainte-Marie ne pourra compter, comme à son habitude, que sur elle-même pour ces élections de décembre de cette année.

Pierre Marcel Diaz est Secrétaire général adjoint du MIP (Mouvement Initiative Populaire)

Photo Pierre Sotier