Communiqué – Claude Lise | En mon nom et au nom du Rassemblement Démocratique pour la Martinique, je tiens à condamner très fermement la destruction perpétrée hier de deux statues de Victor SCHOELCHER.

Cet acte qui a terni la célébration de notre 22 mai, révèle tout le travail qu’il reste à faire pour une connaissance objective, partagée et assumée de notre Histoire dans toute sa complexité.

C’est vrai qu’il faut accorder une place historique de premier plan aux luttes incessantes menées par les esclaves pour leur libération et tout particulièrement aux événements du 22 mai 1848. Mais cela ne peut empêcher, hors tout culte de la personnalité, de reconnaitre l’action menée, dans des conditions très difficiles, par Victor SCHOELCHER pour arracher aux dirigeants de la IIème République la publication du décret du 27 avril 1848. Cela ne peut non plus faire oublier tous les combats pour la dignité humaine qu’a menés celui qui a écrit « La liberté d’un Homme est une parcelle de la liberté universelle ; vous ne pouvez toucher à l’une sans compromettre l’autre, tout à la fois » : combats pour l’école publique et laïque, pour les droits des femmes, pour les droits des enfants, etc.

Ceux qui se sont battus jusqu’au début des années 80 pour la reconnaissance de la date historique du 22 mai n’ont jamais cherché à rayer Victor SCHOELCHER de notre Histoire. Ce serait d’ailleurs faire injure à ceux de nos aînés qui en ont fait un député de la Martinique.

Salir la mémoire de cet homme, c’est de surcroit afficher un réel mépris pour toutes les valeurs humanistes qu’il a incarnées.

C’est prendre le parti d’une violence aveugle et destructrice plutôt que celui auquel nous invitait Aimé CÉSAIRE : « de la conquête d’une nouvelle et plus large fraternité ».