Edition abonnés – Politique | Abonnez-vous et accédez à la totalité de nos analyses et articles réservés aux abonnés | Le MIM n’a pas l’exclusivité des remous internes, et les « affaires » Chomet et Nilor indiquent d’ailleurs plusieurs points de similitude entre les deux grands partis martiniquais.

Depuis quelques jours, une certaine grogne se saisit des militants PPM, traduite notamment dans un récent papier de Camille Chauvet.  Au départ de « l’affaire », l’éviction de Daniel Chomet, et les éclaircissements en radio de Félix Catherine, porte parole de Vivre à Schoelcher, suite à la décision de EPMN de choisir Justin Pamphile plutôt que le schoelcherois. On apprend notamment durant cette interview que Vivre à Schoelcher se serait formellement opposé au choix de Daniel Chomet sur cette circonscription. Une position somme toute attendue compte tenu des ambitions de l’ancien élu pour les municipales.

Mais on apprend surtout de nos sources que la direction du PPM, qui avait déjà largement tergiversé sur la candidature Chomet à l’étape précédente (candidatures au sein des partis) aurait elle aussi soutenu la candidature de Justin Pamphile, contrairement selon Daniel Chomet aux engagements de son parti.

Trois éléments peuvent expliquer les déconvenues du candidat Chomet au sein de son propre parti.

En premier lieu, elles sont sans doute liées à son positionnement dans son parti, et à sa vision de l’organisation de ce dernier. Peu de militants le suivent dans son « réformisme démocratique », lui qui souhaite renforcer le poids des balisiers dans les communes (en concurrence parfois avec les alliés EPMN), lui qui souhaite par dessus tout que vive le débat démocratique au sein du PPM, loin du culte du chef. Lors de l’élection du Secrétaire général en 2016, c’est le candidat Hajjar, poussé par Serge Letchimy, qui a remporté les faveurs des militants. Mais Daniel Chomet n’a terminé que troisième, derrière l’autre candidat Raphaël Séminor… pas non plus le signe d’un immense amour entre les militants et l’ex-élu.

En second lieu, l’affaire Chomet est pour certains militants le révélateur d’un PPM peu ouvert aux courants, aux opinions divergentes, et aux personnalités émergentes. Daniel Chomet, comme tous ceux qui pourraient faire de l’ombre à serge Letchimy, seraient marginalisés. Claude Lise a fait de ce constat, depuis son départ en 2005, son argument à charge principal contre le « néo-PPM » et son président Serge Letchimy. Mais ce qui est peut-être une tendance autocratique est malheureusement et aussi bien vivace au MIM, l’autre grand parti martiniquais, dont les divisions s’étalent en ce moment sur la place publique, autour de modalités de désignation et de soutien pour le moins « monolatérales » des candidats aux législatives. daniel Chomet et Jean-Philippe Nilor seraient-ils les deux révélateurs d’un même mal ?

Enfin, Serge Letchimy – comme Alfred Marie-Jeanne d’ailleurs – semble privilégier l’alliance, et plus largement les alliances, au détriment de son propre parti se plaignent les proches de Daniel Chomet. D’aucuns avancent même l’hypothèse que la victoire de Bruno Nestor Azérot pourrait être facilitée par les dirigeants du PPM, en vue d’une grande alliance lors de prochaines échéances territoriales en 2021… une hypothèse que ne dément pas le rapprochement des hommes au sein du comité de soutien à Manuel Valls.

Daniel Chomet avait prévu de s’exprimer après les fêtes…

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