Tribune – Franck Sainte-Rose-Rosemond | Nous sentons-nous dépossédés du pouvoir d’agir et de peser, sommes-nous simplement résignés ? Avons nous peur de froisser certains dirigeants qui pourraient être concernés par cette affaire ? Nos craintes de récupérations politiques ou syndicales nous invitent-elles à nous tenir à l’écart de cet enjeu majeur ?

C’est sans doute un peu de tout cela qui explique la faible mobilisation populaire sur un sujet qui concerne pourtant tout le monde, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes, riches et pauvres, personnes de toutes origines.

C’est une chose légitime de se mobiliser « CONTRE » les coupables, et de demander justice. C’en est une autre tout aussi légitime de se mobiliser « POUR » une cause juste et importante, et de rechercher des solutions.

Dans ce dossier Chlordecone, (comme dans d’autres dossiers sensibles ici en Martinique), l’angle d’entrée revendicatif et guerrier est souvent privilégié par les premiers mobilisés, souvent les militants, qui mettent en oeuvre leur savoir-faire. Si elle est nécessaire, cette préemption de fait a pour cause mais également pour conséquence la faible mobilisation des citoyens non militants. On le voit, c’est l’implication de citoyennes jusque là peu connues, qui animent le collectif et le forum social chlordecone, qui a permis un premier élargissement du mouvement. Cette ouverture doit se poursuivre.

La porte davantage ouverte à une approche « POUR », positive et constructive des problématiques, d’abord tournée vers la recherche de solutions aux impacts constatés (ce qui ne doit pas empêcher parallèlement la recherche responsables et coupables) permettrait peut-être d’élargir et de renforcer ces mobilisations. Mais c’est au prix d’une plus grande implication des « simples citoyens », dans ces affaires qui nous concernent tous, que cette approche positive prendra davantage de poids.

 

 

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