Tribune – Gabriel Jean-Marie | L’agression dont le jeune Théo a été victime est révoltante. Ce passage à tabac par quatre policiers, ce viol avec une matraque, ces humiliations racistes sont insupportables.

Et l’injustice continue : un viol ayant entraîné une déchirure de 10 centimètres est jugé «non- intentionnel » par l’IGPN (l’inspection générale de la police nationale) ! Des jeunes accusés d’avoir jeté des pierres sont déjà condamnés par des tribunaux à de la prison ferme, tandis que les quatre policiers sont laissés en liberté. Au nom de la présomption d’innocence ? Mais de quelle présomption Théo a-t-il bénéficié ? Aux yeux de la police, les jeunes qui passent un moment en bas de leurs immeubles sont présumés coupables, voire des « bamboulas », comme l’a justifié un syndicaliste policier !

Fillon a expliqué que « la police, la gendarmerie, les forces de sécurité [...] n’ont rien à voir là- dedans » ! En prenant le parti des bourreaux contre leur victime, il est dans son rôle de défenseur de l’ordre social capitaliste. Et Le Pen aussi, qui a pris la défense des policiers, tandis qu’un responsable du FN traitait Théo de « racaille » !

Théo a survécu et peut témoigner. Mais qu’a subi un autre jeune noir Adama Traoré, mort le 19 juillet dernier dans la gendarmerie de Beaumont- sur-Oise ? La « bavure » d’Aulnay n’est pas un cas isolé. Chaque année, en France, des jeunes et des moins jeunes meurent à la suite de l’intervention de la police. Les interpellations qui tournent mal parce que certains policiers se comportent comme en territoire ennemi sont très fréquentes. C’est ce que dénonçaient samedi ceux qui ont manifesté à Bobigny, et qui ne se résument pas aux casseurs.

Il faut lutter contre les inégalités et contre ce chômage de masse qui gangrène la société et confisque toute perspective d’avenir aux jeunes des quartiers populaires aussi bien en France qu’en Martinique et en Guadeloupe.

Théo a 22 ans et est au chômage, comme tant de jeunes des classes populaires. À 22 ans, Charles,

le fils de François Fillon, étudiant en droit, avait un job d’étudiant: il était assistant de son père sénateur, et gagnait 4 846 euros par mois… pour un travail qui n’a laissé aucune trace. Tout comme sa sœur Marie, payée 3 806 euros mensuels ! Aujourd’hui, le fils Fillon est avocat d’affaires et peut gagner en une année ce que Théo ne gagnera pas en une vie.

La voici, notre société : le racisme, l’exclusion et la répression pour la jeunesse des classes populaires ; les passe-droits et les privilèges pour les fils à papa !

Cette injustice, entre la jeunesse brisée de Théo et celle, dorée, des enfants Fillon, n’est qu’un exemple criant de celle qui traverse toute la société, entre ceux qui tentent de vivre de leur travail, et ceux qui considèrent que tout leur est dû. Les grandes fortunes reçoivent chaque jour en dividendes ce qu’une famille ouvrière ne peut gagner en une année, voire en une vie. Liliane Bettencourt, une des grandes fortunes françaises, empoche chaque semaine plus d’un million d’euros de dividendes de L’Oréal et ne paie même pas l’impôt sur la fortune.

Les affaires Fillon et Théo sont des leçons de choses: les riches ont tous les droits et les pauvres n’ont que des devoirs. La police et la justice, l’appareil de l’État sont au service des premiers contre les seconds. Ce que vivent les jeunes des quartiers populaires, c’est un autre aspect de cet ordre social injuste.

Alors, les prochaines élections présidentielle et législatives, sont l’occasion pour les travailleurs, les jeunes, les retraités, d’exprimer leur colère contre l’ordre social de la bourgeoisie. Soyons nombreux à dire que nous ne voulons plus de ces inégalités, de l’exploitation, et du racisme qui va avec. Soyons nombreux à faire entendre le camp de ceux qui, quelle que soit leur nationalité, leur religion, la couleur de leur peau, combattent la domination des plus riches sur cette société et toutes les violences qu’elle charrie.

Mardi 14 Février, Gabriel Jean-Marie, Combat Ouvrier, soutien de Nathalie Arthaud, la candidate de LUTTE OUVRIÈRE à l’élection présidentielle