Communiqué du SNETTAA FO Martinique suite à l’agression d’un enseignant au collègue Julia Nicolas, et à l’intrusion de plusieurs jeunes au Lycée de Bellevue.

 

Suite aux actes de violence qui ont touchés la communauté scolaire du Lycée de Bellevue et celle du collège Julia Nicolas, le SNETAA FO et le  SNFOLC (Syndicat National Force Ouvrière des Lycées et Collèges) s’insurgent  contre ce type de comportement qui a tendance à se produire trop souvent dans les établissements scolaires.

Au niveau de l’intrusion et de l’agression des élèves par des individus extérieurs à l’établissement, il est clair qu’il y a encore des efforts à réaliser par nos responsables administratifs et politiques concernant la sécurité.

En ce qui concerne la diffusion de la vidéo, ce n’est pas un épiphénomène mais une tendance qui malheureusement s’amplifie et devient naturelle pour la nouvelle génération qui trouve normal la réalisation de vidéo et la diffusion sur les réseaux sociaux.

Plusieurs enseignants ont été victimes de cette situation  et  ont payé un lourd tribut, car atteints dans leur dignité et remis en cause au niveau de leur autorité.

Il faut une vraie réflexion sur la question avec les élèves, les parents, les enseignants et les responsables administratifs. Le règlement intérieur des établissements doit être adapté à l’évolution et à l’usage des moyens de communication.

Aujourd’hui il est trop facile de sortir son téléphone portable, de réaliser une vidéo et surtout de la transmettre sur les réseaux sociaux.

Nous sommes victimes du progrès qui est mal maitrisé par nos jeunes. Au-delà du conseil de discipline, il faut envisager une véritable réflexion et la réalisation d’une charte de bonne conduite rappelant et limitant l’utilisation du téléphone portable, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des établissements scolaires.

Il faut rappeler qu’au niveau de la réalisation de vidéo, des textes existent sur ce que l’on qualifie de « happy slapping ». Ils  doivent être rappelés et mis en application. Nos jeunes doivent être informés et conscients des risques qu’ils prennent en diffusant sur les réseaux sociaux des vidéos portant atteintes à l’intégrité d’autres personnes.

 

Le Happy slapping

Le Happy slapping désigne le fait de filmer l’agression physique d’un individu, le plus souvent par le biais d’un téléphone mobile, afin de diffuser l’agression sur différents réseaux : l’envoyer vers d’autres téléphones mobiles, la mettre en ligne sur Internet afin que tous les utilisateurs puissent la consulter.
L’article 44 de la loi ajoute un article 222-33-3 qui dispose que désormais sous forme de trois alinéas qu’« est constitutif d’un acte de complicité les atteintes volontaires à l’intégrité de la personne prévues par les articles 222-1 à 222-14-1 et 222-23 à 222-31 et est puni des peines prévues par ces articles le fait d’enregistrer sciemment, par quelque moyen que ce soit, sur tout support que ce soit, des images relatives à la commission de ces infractions. Le fait de diffuser l’enregistrement de telles images est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende. Le présent article n’est pas applicable lorsque l’enregistrement ou la diffusion résulte de l’exercice normal d’une profession ayant pour objet d’informer le public ou est réalisé afin de servir de preuve en justice ».

La protection du fonctionnaire peut être déclenchée par celui-ci auprès de sa hiérarchie.  

En gros, le raisonnement pourrait être celui-ci:  si des films réalisés à l’école sont diffusés à l’extérieur: s’il s’agit de films pris par un smartphone d’élève qui le diffuse ensuite sur le net, faire remonter les faits (avec preuves) auprès de l’instance disciplinaire de l’établissement (saisir au préalable le rectorat pour mieux cadrer la faute disciplinaire de l’élève); si les extraits ou leur utilisation revêt un caractère diffamatoire, demander la protection du fonctionnaire auprès de la hiérarchie au moyen de la protection fonctionnelle prévue par l’article 11 de la loi du  Loi 83-634 du 13 juillet 1983.

 

Jocelyn PRESENT

 

Secrétaire Académique du SNETAA FO Martinique