Tribune - Jean-Philippe Branchi | « Les intersexualités sont tout à fait naturelles et participent d’un processus naturel de contrôle des naissances » | Le 17 mai est la journée internationale de lutte contre la Biphobie, l’Homophobie et la Transphobie…

Mais… Qu’est-ce que la Bi-Phobie… ? Qu’est-ce que l’Homo-Phobie… ? Qu’est-ce que la Trans-Phobie… ?

Le lien entre tous ces noèmes est le phonème « phobie ».

Une phobie est une peur ; une peur irrationnelle d’une chose, d’une situation, voire d’un ou d’une inconnu(e).

La Bi-phobie est donc tout simplement la peur irrationnelle de la Bisexualité ; c’est-à-dire la peur qu’un homme soit capable d’avoir des relations émotionnelles, sensuelles et/ou sexuelles avec une femme ou un homme… ou encore la peur qu’une femme soit capable d’avoir des relations émotionnelles, sensuelles et/ou sexuelles avec un homme ou une femme.

L’Homophobie est tout simplement la peur irrationnelle de l’Homosexualité ; c’est-à-dire la peur qu’un homme soit capable d’avoir des relations émotionnelles, sensuelles et/ou sexuelles avec un autre homme… ou encore la peur qu’une femme soit capable d’avoir des relations émotionnelles, sensuelles et/ou sexuelles avec une autre femme.

La Transphobie est tout simplement la peur irrationnelle de la Transexualité ; c’est-à-dire la peur qu’un homme soit capable de se travestir ou de transfigurer son corps pour avoir des relations émotionnelles, sensuelles ou sexuelles avec un homme… ou encore qu’une femme soit capable de travestir ou de transfigurer son corps pour avoir des relations émotionnelles, sensuelles et/ou sexuelles avec une femme.

Pourtant, la sexualité n’est pas une affaire publique..! La sexualité vécue ne s’expose pas sur les médias..! La sexualité est et reste une affaire d’intimité et de vie privée…! …une affaire de liberté personnelle…! …de libertés individuelles et/ou mutuelles..! …un moment d’intimité sensorielle… non..!?

Bref, la sexualité est une affaire qui ne concerne que les individus librement consentants du moment.

Il est donc tout à fait légitime de se demander quand, comment et pourquoi la sexualité -qui est une affaire d’intimité relationnelle- en a fini par devenir une extimité institutionnelle exocentrée, jugée, valorisée voire condamnée… en d’autres termes -comment et pourquoi la sexualité- en a fini par devenir une affaire publique voire, politique, un possible adamique propre à déchainer les passions, à cristalliser les haines et à éveiller des peurs pathologiques..?

Cependant, pour comprendre quand, comment et pourquoi la sexualité est devenue cette grande affaire d’extimité institutionnelle, il est essentiel de comprendre le processus qui a permis à l’homme de s’extraire de son état de Nature… c’est-à-dire le processus mental et comportemental qui s’est incrémenté puis engrené tout au long de son évolution d’animal, jusqu’au stade d’humain : la grégarisation… l’observation… la mentalisation… l’instrumentalisation… la mystification… la rationalisation… la catégorisation… la hiérarchisation… la valorisation… et la moralisation.. !

C’est donc en apprenant à déconstruire et à repenser son environnement… et surtout à l’ordonner, à le classer et à le contrôler… que l’Homme a pu s’extraire de sa condition d’animal pour enfin contenir les impacts chaotiques de cette même Nature sur sa propre existence et vie humaine… et c’est ainsi que progressivement, avec l’expansion de sa conscience, puis de la science, et de leurs inévitables processus d’organisation, de hiérarchisation voire, de projection, que  les sexes et les sexualités se sont vus soudainement mystifiés, rationnalisés, catégorisés, hiérarchisés, moralisés et enfin valorisés et/ou dévalorisés…

En effet, plus l’Homme comprenait l’ordre chaotique de son monde naturel… plus il a cherché à le dominer… à le contrôler… voire, à le transformer… Et ce, pour lui apposer sa propre structure logique ; structure logique qui lui semble miraculeuse… puisque, sans conteste, elle lui a permis de se libérer de son animalité pour conquérir son humanité…

C’est donc dans ce renversement de paradigmes, que les sexes et les sexualités ont été vus, perçus et regardés au crible de la grégarisation… de l’observation… de la mentalisation… de l’instrumentalisation… de la mystification… de la rationalisation… de la catégorisation… de la hiérarchisation… de la valorisation… et de la moralisation… et, ont fini par devenir des outils de normalisation, de standardisation, de formalisation et de domination… En d’autres termes des outils d’affirmation du pouvoir civique, mystique et biopolitique des sociétés humaines.

Car, dans la Nature, les gamètes végétaux se dissipent au gré des vents et des partenaires rencontrés… tout comme les comportements sexués des animaux varient pour s’adapter aux ruts des saisons… tantôt biologiques… tantôt érotiques… tantôt ludiques…

En d’autres termes, dans la Nature les sexualités végétales et animales sont polymorphes… mais ne sont ni pensées de manière duelle ni même vécues ou encore appréciées au crible de croyances idéelles…

Car, dans la Nature, toute rencontre sexuelle, qu’elle soit active ou passive, stérile ou féconde… Bref, toute dissipation massive de gamètes végétaux ou animaux, qu’elle soit autogène, androgène ou estrogène voire, mutagène est source de possibles évolutions… et est à considérer comme une chance de procréer ou comme un moyen de limiter l’expansion invasive d’une espèce au détriment d’une autre.

En conclusion, d’un point de vue purement bio-logique, les peurs que suscitent la Biphobie, l’Homophobie et la Transphobie, n’ont rien de naturel… et ne sont en réalité, que de simples conditionnements culturels ; eux-mêmes posés sur des croyances spirituelles manichéennes.

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